Dans l’équipe de Staline

Poche : 370 pages
Editeur : Perrin (15 février 2018)
Collection : Domaine étranger
Langue : Français
ISBN-10 : 2262068380
ISBN-13 : 978-2262068387
Dimensions : 16,7 x 3,8 x 24,1 cm

 Dans l’équipe de Staline

De la succession de Lénine jusqu’à sa mort en 1953, Staline aimait s’entourer de ceux qui, pour la plupart, avaient été des camarades de combat. Ce sont leurs relations que dépeint Sheila Fitzpatrick tout au long d’un livre passionnant et fascinant. En effet, les relations entretenues entre Staline et l’équipe (Molotov, Beria, Kaganovitch, etc.) se signalaient par leur ambiguïté. Aux périodes de franche camaraderie pouvaient succéder des temps de tension durant lequel le Patron (Staline) surveillait les uns et les autres et n’hésitait pas à jouer de leurs rivalités. Sheila Fitzpatrick montre bien que les camarades de Staline, en général tous ministres et membre du Politburo, n’étaient pas que de simples faire-valoir. La plupart travaillaient jusqu’à l’épuisement dans leur domaine respectif et Staline savait reconnaître leurs compétences. On a pu dire que l’équipe ressemblait à une bande de brigands associé au maître du crime. Ce n’est pas faux. Il n’en reste pas moins que les concours offerts par ce groupe d’hommes n’était pas un luxe. Même un dictateur omnipotent comme Staline ne pouvait gouverner seul un pays aussi grand. Si la plupart étaient des humainement médiocres, voire pire, il faut reconnaître qu’ils surent faire preuve d’efficacité.

Sheila Fitzpatrick, Dans l’équipe de Staline, Perrin, 2018, 446 pages, 26 €

L’extrait : « Staline pouvait se montrer brutal avec son équipe, ou se comporter vis-à-vis d’elle en camarade. Il pouvait exclure des joueurs de son équipe, il pouvait même les tuer. Mais il ne se passa jamais de l’équipe, quelles qu’aient pu être, lors de ses dernières années, ses intentions (non abouties) vis-à-vis de certains de ses membres clés. » (p. 357)

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Le diable sur la montagne

Broché : 400 pages
Editeur : Perrin (28 septembre 2017)
Langue : Français
ISBN-10 : 2262070431
ISBN-13 : 978-2262070434
Dimensions : 14,1 x 2,7 x 21,1 cm

 Le diable sur la montagne

Eminent spécialiste du Consulat et de l’Empire, Thierry Lentz a souhaité se pencher sur un sujet plus contemporain. Le diable sur la montagne n’est autre qu’Adolphe Hitler, attiré dès la fin des années 1920 par ce lieu paisible de haute altitude qu’est le plateau de l’Obersalzberg, à quelques encablures de la frontière avec l’Autriche. L’auteur parvient à recréer l’ambiance dans laquelle vivait le maître du III° Reich, une atmosphère généralement surréaliste : On sirotait tranquillement le thé en prenant des bains de soleil alors que le continent était plongé dans l’horreur. Thierry Lentz donne beaucoup d’anecdotes sur la vie des hiérarques nazis, un monde généralement grossier et inculte, empli de jalousie et de mesquinerie, dans lequel était engagée chaque matin la course pour être bien considéré par le maître des lieux. Si le récit est passionnant, on pourra toutefois regretter ses nombreuses concessions au politiquement correct. Il doit être possible d’écrire de l’histoire de façon plus neutre sans pour autant, faut-il le préciser, donner quitus à un régime aussi abject que le nazisme.

L’extrait : « Il (Hitler) inspectait en connaisseur, discutait tout et, parfois, demandait des modifications qui compliquaient l’avancement du chantier. Quand on sait à quel point  il s’occupa souvent superficiellement des affaires de l’Etat, on est surpris de le voir consentir dans ces circonstances une authentique application. » (p. 75-76)

 

Thierry Lentz, Le diable sur la montagne, Perrin, 2017, 316 pages, 23 €

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Les derniers feux de la monarchie

Broché : 600 pages
Editeur : Perrin (18 février 2016)
Langue : Français
ISBN-10 : 2262047588
ISBN-13 : 978-2262047580
Dimensions : 15,5 x 4,3 x 24,1 cm

 Les derniers feux de la monarchie

Sous-titré « La cour au siècle des révolutions ; 1789-1870 », le beau livre de Charles-Eloi Vial ne se résume pas à la vie et au sort des cours royales durant la période. En ce sens, le mot « monarchie » employé dans le titre paraît quelque peu équivoque, sauf à considérer que le Premier et le Second Empire étaient eux aussi des monarchies, des monarchies d’un style particulier, ayant troqué un roi contre un empereur. C’est finalement à une histoire de France que se livre Charles-Eloi Vial, une France qui se résumerait à une histoire de titres de noblesse. Il faut croire que, à ce propos, toute républicaine qu’elle soit la France dispose de quelque appétence pour la monarchie et ses fastes. A lire Charles-Eloi Vial, cet apparent paradoxe n’est pas si étonnant que cela dans la mesure où la cour, avec ce qu’elle comporte de rites et de manières, reflète assez bien l’état d’un pays. A moins que, par indisposition passagère, elle en soit l’exact opposé. La cour napoléonienne, flopée de parvenus et de militaires, répond à la première précision. Quant à la seconde, on en trouve les prodromes, de façon presque caricaturale, dans la cour du roi Louis XVI. Si certains nobles comprennent que les nuées qui s’accumulent risquent d’emporter tout ce joli monde, les plus influents agissent comme si rien de devait changer. On sait ce qu’il en est advenu. La guerre contre la Prusse en 1870, puis l’arrivée définitive de la république cinq ans plus tard ont signé l’acte de décès de la cour qui, depuis des siècles, gravitait autour du souverain. On dit que la cour est propre aux monarchies, qu’elle n’existe pas en république et ainsi de suite. En sommes-nous si sûrs ? Quoiqu’il en soit, le livre de Charles-Eloi Vial, écrit d’une plume agréable, se lit de bout en bout avec un plaisir qui ne diminue jamais.

 

Charles-Eloi Vial, Les derniers feux de la monarchie, Perrin, 2016, 579 pages, 27€

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Histoire de l’Armée française, 1914-1918

Broché : 519 pages
Editeur : Editions Tallandier (9 mars 2017)
Langue : Français
ISBN-13 : 979-1021023963
ASIN : B01MYZLCLE
Dimensions : 21,5 x 3,6 x 14,5 cm

 Histoire de l’Armée française, 1914-1918

Lorsque sonne le clairon annonciateur de l’armistice, le 11 novembre 1918, l’Armée française est sans conteste la première du monde. Par la qualité de ses chefs, l’abondance de son matériel, son expérience stratégique et tactique, elle dépasse les autres armées alliées. La synthèse de François Cochet et Rémy Porte concerne l’ensemble des ressources mises en œuvre par l’Armée à la fin du conflit : combat, production d’armes, camouflage, logistique, commandement et ainsi de suite. Le tableau donne une fine appréciation du poids que représente l’outil militaire en cette cinquième année de guerre. Sans oublier le fait que, pour impressionnant qu’il paraisse, cet instrument commence à accumuler les handicaps qui vont directement mener à la raclée du mois de mai 1940. De plus en plus lourde et de moins en moins innovante, l’Armée française sera incapable d’enrayer un déclin qui était en germe dès la Première Guerre. De ce point de vue, on aurait aimé que la comparaison soit établie avec les principales armées du moment, amies ou ennemies. Honnête, bien documentée, écrite de façon très claire par deux spécialistes reconnus, cette Histoire… , qui retrace les « évolutions et adaptations des hommes, des matériels et des doctrines », pose un jalon dans l’historiographie propre à la période. Dernière chose à souligner, les auteurs ont raison, nous semble-t-il, de réhabiliter le corps des officiers supérieurs. Si beaucoup furent médiocres et dépassés par les événements, encore plus étaient-ils à prendre soin des hommes placés sous leur commandement. Les auteurs tordent le cou à la légende d’officiers calfeutrés dans leur bureau, loin du front, à l’abri du danger. Ils ont été nombreux, parmi les généraux et les colonels, à tomber sous les coups de l’ennemi. S’il y eut de gravissimes fautes, cette guerre n’a jamais été une guerre de classes.

 

François Cochet & Rémy Porte, Histoire de l’Armée française, 1914-1918, Tallandier, 2017, 520 pages, 25.90€

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Byzance la secrète

Broché : 250 pages
Editeur : Perrin (11 mai 2017)
Langue : Français
ISBN-10 : 2262047812
ISBN-13 : 978-2262047818
Dimensions : 14 x 2,6 x 21 cm

 Byzance la secrète

Pour beaucoup, Byzance n’est plus qu’un nom, certes fleurant un certain exotisme oriental, mais guère plus. Byzance, Constantinople puis, en 1930, Istanbul… Autant dire qu’aussi bien dans les mémoires que les livres d’histoire il ne reste plus grand-chose d’une civilisation qui s’étale sur plus d’un millénaire, ce qui n’est pas rien. Pascal Dayez-Burgeon, qu’on attendait plus sur les deux Corées dont il est un spécialiste reconnu, signe ici un livre remarquable, s’adressant aussi bien aux néophytes qu’à des lecteurs exigeants. Plutôt que de s’embarquer dans une vaste somme relatant, règne après règne, les fastes et l’agonie de cet Empire d’Orient fondé par l’empereur Constantin, il a préféré procéder par des petites touches susceptibles d’aiguiser l’appétit du lecteur. Un chapitre est consacré à la ville de Constantinople (Constantinople est la ville-phare de l’empire byzantin), tel chapitre au redoutable feu grégeois, tel autre à la guerre des images ou à l’importance des femmes dans la succession impériale, singularité assez invraisemblable dans un univers oriental exclusivement dominé par la gent masculine. Pascal Dayez-Burgeon réhabilite la civilisation byzantine oubliée, pont d’importance durant des siècles entre un Occident à la recherche de son identité et un Orient déjà riche d’histoire. On oublie combien la civilisation byzantine, séduisante et complexe, fascinait nos ancêtres. Byzance la secrète démontre à l’envi la vocation universelle de l’univers de Byzance, un monde qui, aussi curieusement que cela paraisse, s’est trouvé confronté à des questions qui se posent aujourd’hui avec acuité : « despotisme ou bien public, fanatisme ou tolérance, laïcité ou religion d’Etat, croissance ou stabilité, ouverture d’esprit ou choc des civilisations, Orient ou Occident, guerre ou paix ? » Bref, un livre nécessaire.

 

Pascal Dayez-Burgeon, Byzance la secrète, Perrin, 2017, 318 pages, 21€

 

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La malédiction de Svetlana

Broché : 554 pages
Editeur : Albin Michel
Collection : LITT.GENERALE
Langue : Français
ISBN-10 : 2226328602
ISBN-13 : 978-2226328601
Dimensions : 22 x 3 x 15 cm

 La malédiction de Svetlana

Innombrables et souvent de qualité sont les biographies de Staline. Tous les pans de sa vie ont été maintes fois passés en revue. On en sait moins, en revanche, à propos de sa famille, de ses enfants surtout. La copieuse biographie que Beata de Robien a consacrée à la fille de Staline, Svetlana, vient combler un vide. En des chapitres courts, aidée d’un style nerveux, Beata de Robien fait entrer le lecteur dans l’intimité de la vie familiale du plus grand tyran du XX° siècle. Chose assez curieuse, les premières années montrent en Staline un père attentionné, capable de se montrer tendre à l’égard de sa dernière-née, sentiment qu’il n’a pas montré avec ses fils Iakov et Vassili. Un attachement réciproque tisse des liens d’affection entre le maître du Kremlin et sa fille chérie. Mais la paranoïa qui saisit le dictateur à la fin des années 1930 sonne le glas de cette  liaison. Les tensions qui saisissent l’Urss ont à la longue un effet délétère sur une Svetlana qui, dans sa vie privée, connaît échecs et désillusions. Au milieu de ses aventures galantes, après plusieurs mariages qui sont autant d’échecs, elle réalise qui est vraiment son père et ce à quoi ressemble l’Urss : une vaste prison à ciel ouvert dans laquelle la vie d’un homme ne vaut pas un kopeck. Profitant d’un séjour en Inde, en 1964, elle décide de rompre définitivement avec sa patrie pour demander l’asile politique aux Etats-Unis. Son histoire américaine ressemble à la vie qu’elle menait jadis en Union soviétique. A la fois instable, colérique et généreuse, elle s’enferre dans une vie quotidienne d’une absolue médiocrité. Quatre mariages ratés et trente-sept déménagements montrent à quel point le bonheur n’était pas fait pour Svetlana.

Le récit très documenté de Beata de Robien montre à quel point une malédiction s’est attachée à tous ceux qui fréquentaient de près Staline. Le bonheur les fuyait constamment.

 

Beata de Robin, La malédiction de Svetlana, Albin Michel, 2016, 553 pages, 24 €

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