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Histoire Recensions

Les maréchaux de Staline

Éditeur : Perrin; Illustrated édition (21 janvier 2021)
Langue : Français
Broché : 600 pages
ISBN-10 : 2262085382
ISBN-13 : 978-2262085384
Poids de l’article : 760 g
Dimensions : 16.5 x 3.7 x 24 cm

Sur les 38 maréchaux que Staline a nommés, 15 sont présentés, figures très diverses allant des plus connus, comme Joukov et Koniev, aux plus obscurs comme Koulik ou Egorov. Quelles conclusions peut-on tirer de cette lecture passionnante ? Que la plupart de ces militaires ont connu la guerre civile, généralement combattant dans les rangs des armées rouges. Certains – Joukov et Chapochnikov – étaient des soldats du tsar. A la tête de leurs troupes, la plupart avaient peu de considération sur le bien-être et la vie du simple troupier. Il y avait les colériques, les irascibles qui, comme Joukov, n’hésitaient pas à frapper leurs subordonnés. Plus rares étaient ceux, comme Govorov, qui avaient le souci de la vie du soldat ou qui, comme Chapochnikov, possédaient les manières anachroniques propres à l’ancien monde. La venue du communisme a imposé une brutalisation qui a englobé l’ensemble de la société et l’Armée rouge n’y a pas échappé. Il n’était pas étonnant, dans ces conditions, de voir des maréchaux qui, tout en ayant le droit de vie et de mort sur des centaines de milliers d’hommes, trembler devant le maître du Kremlin, détenteur d’un pouvoir rarement vu dans l’histoire.

Jean Lopez & Lasha Otkhmezuri, Les maréchaux de Staline, Perrin, 2021, 534 pages, 25 €

L’extrait : « En infligeant des défaites à Vorochilov, Boudienny et Timochenko, les Allemands ont déblayé la route  pour Rokossovski, Koniev, Bagramian et Tcherniakhovski. » (p. 19)

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Napoléon et de Gaulle

Éditeur : Tempus Perrin (17 septembre 2020)
Langue : Français
Poche : 480 pages
ISBN-10 : 226208792X
ISBN-13 : 978-2262087920
Poids de l’article : 280 g
Dimensions : 10.8 x 2.4 x 17.8 cm

Ne tournons pas autour du pot : ce Napoléon et de Gaulle, signé par ce spécialiste de la Révolution et de l’Empire qu’est Patrice Gueniffey, est un très grand livre d’histoire. Style impeccable, maîtrise totale du sujet, vues en surplomb des personnages et des périodes considérées, Napoléon et de Gaulle est un livre à lire et à relire. Au-delà de la simple comparaison biographique de deux militaires faits pour la politique et la marche des grandes affaires, Patrice Gueniffey dresse un portrait sans concession de l’état du pays. Fini les guerres et les conflits, terminé le temps de jouer à une grande puissance qui n’en a plus les moyens, achevé les grandes ambitions… Reste la médiocrité du quotidien, une classe politique impuissante qui a délégué le pouvoir régalien à des organismes supranationaux. Parmi les autres qualités que l’on peut accorder à ce remarquable ouvrage, retenons les considérations sur l’enseignement de l’histoire et le piètre état de la culture général, les valses hésitations d’un pays qui a troqué la grandeur – laquelle, selon de Gaulle, ne se marchandait pas – aux bêtes joies de la consommation et du divertissement.

Patrice Gueniffey, Napoléon et de Gaulle, Tempus, 2020, 492 pages, 10€

L’extrait : « Pour de Gaulle, l’art du commandement est l’art de cultiver la distance, pour Napoléon l’art de l’effacer. » (p. 247)

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Charles le Téméraire

Éditeur : Perrin (5 février 2015)
Langue : Français
Broché : 480 pages
ISBN-10 : 2262043027
ISBN-13 : 978-2262043025
Poids de l’article : 660 g
Dimensions : 15.6 x 3.7 x 24.1 cm

Qui, dans les jeunes générations, connaît encore la vie du flamboyant duc de Bourgogne, le « grand-duc d’Occident », Charles le Téméraires (1433-1478) ? Les plus âgés, se remémorant des souvenirs d’école, ont peut-être gardé à l’esprit ces images où se faisaient face à face le flamboyant Charles et le tortueux Louis XI. D’un côté le matamore à l’imagination débordante, attifé comme un satrape oriental ; de l’autre, un roi perfide, ennemi du luxe et de forfanterie, tissant sa toile pour mieux étouffer son ennemi. On sait comment s’acheva cette inexpiable lutte : par la mort du duc au siège de Nancy, son ultime défaite, celle qui devait précipiter l’écroulement définitif de cette construction hétérogène et mal agencée qu’étaient les Etats bourguignons, l’ancienne Lotharingie, couvrant l’espace situé entre le Rhin et la Meuse, limité au sud par le duché de Bourgogne et le comté de Bourgogne. Avec le souci pédagogique qui est le sien, la sûreté de ses sources et l’intelligence du propos, Georges Minois a réussi là une biographie de bout en bout impeccable. Sous sa plume, ce qui paraît obscur s’éclaircit, le complexe devient plus simple.

Georges Minois, Charles le Téméraire, Perrin, 2015, 543 pages, 25€

L’extrait : « En dix ans, il (Charles le Téméraire) a réussi à anéantir un siècle de patients efforts de trois générations de ducs de Bourgogne. » (p. 507)

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Les élites françaises

Éditeur : Passés Composés (14 octobre 2020)
Langue : Français
Broché : 461 pages
ISBN-10 : 237933532X
ISBN-13 : 978-2379335327
Poids de l’article : 540 g
Dimensions : 14.5 x 3.5 x 22.1 cm

Rarement les élites n’ont été autant critiquées qu’elles le sont aujourd’hui. Avant-hier, les bonnets rouges ; hier les gilets jaunes ; aujourd’hui, leur mise en cause un peu partout…  « Le peuple, écrit Eric Anceau, a plus que jamais le sentiment que les élites constituent un entre-soi où tout est permis et où droite et gauche de gouvernement sont de connivence, qu’elles sont déconnectées de la réalité, qu’elles ne pensent qu’à leur intérêt propre […] » (p. 337) En retraçant avec maestria l’histoire politique de notre pays de la Révolution de 1789 jusqu’à la façon dont l’actuel pouvoir gère la crise du coronavirus, l’auteur s’est efforcé d’extraire les lignes de faîte d’une histoire la plupart du temps conflictuelle. Les gens n’admettent plus  qu’en contrepartie de leurs privilèges les classes supérieures s’octroient autant de passe-droits  et soient si peu soucieuses d’assurer leurs devoirs. Ces élites françaises dressent une analyse au cordeau de la société française contemporaine.

Eric Anceau, Les élites françaises, Passés Composés, 2020, 462 pages, 24€

L’extrait : « Les deux premières décennies du XXI° siècle sont marquées par une tension croissante entre les élites et le peuple à mesure que celles-ci montrent leur impuissance à résoudre les problèmes et dévoilent des comportements jugés inappropriés. » (p. 319)

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Charles Martel

Éditeur : Perrin (12 novembre 2020)
Langue : Français
Broché : 400 pages
ISBN-10 : 2262080658
ISBN-13 : 978-2262080655
Poids de l’article : 600 g
Dimensions : 15.5 x 3.1 x 24.1 cm

Il faut s’appeler Georges Minois pour oser s’atteler à la biographie d’un personnage à propos duquel on ne sait à peu près rien. Les temps obscurs dans lesquels a vécu Charles Martel sont avares de documents ; « Le siècle 650 – 750 est un désert culturel, un creux dans le chemin de la civilisation occidentale… », précise l’auteur (p. 118). En conséquence, il fallait tenter une autre approche, une autre démarche : « cerner le personnage en question à partir de son environnement » (p. 13). L’auteur dégage l’esprit de cette terrible époque, ses élites rapaces, un certain recul civilisationnel, un christianisme mal assis, un clergé médiocre, etc. Par son charisme, sa personnalité, ses capacités militaires, Charles Martel s’impose comme l’homme fort de l’Occident. Guerrier redouté, il unifie le monde franc, s’appuyant sur la papauté et les missionnaires pour propager à coups d’épée la civilisation et le christianisme. L’auteur démontre qu’en vainquant les Arabes à Poitiers C. Martel n’avait pas en tête l’idée de la guerre sainte, laquelle est venue bien après. Ce Charles Martel est un grand livre d’histoire.

Georges Minois, Charles Martel, Perrin, 2020, 374 pages, 23€

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1914, la France responsable ?

Éditeur : L’artilleur (19 avril 2017)
Langue : : Français
Broché : 368 pages
ISBN-10 : 2810007594
ISBN-13 : 978-2810007592
Poids de l’article : 400 g
Dimensions : 14 x 3.4 x 22 cm

Pour Bertrand Blandin, la France, à force de mener un jeu trouble, est une responsable majeure de la guerre civile européenne de 1914-1918. La France de 1914 est une nation revancharde, trop faible toute seule pour faire jeu égal avec l’Allemagne mais forte du soutien de ses alliés. Pour contraindre l’Allemagne à la guerre sur deux fronts, le personnel au pouvoir à Paris, et d’abord le Président Poincaré, va jouer avec le feu. Résultat : ce qui, après l’attentat de Sarajevo, aurait pu demeurer un accident isolé, limité aux Balkans, va de proche en proche gagner l’ensemble des grandes puissances. A la fin d’un raisonnement solidement étayé, la conclusion de Bertrand Blandin apparaît, sans appel : « Le 30 juillet 1914, la Russie et la France ont entraîné le monde dans une catastrophe sans précédent, alors que les intérêts vitaux des deux pays n’étaient nullement menacés. » (p. 277) Encore plus troublant, l’escamotage de documents, le retard mis par l’ambassadeur de France à Moscou à donner des informations et le trucage de dépêches cruciales (p. 306) n’ont qu’un but : « effacer des livres d’histoire la responsabilité de la France et de son allié la Russie. »

Bertrand Blandin, 1914, la France responsable ?, L’Artilleur, 2016, 359 pages, 22€

L’etxrait : « L’escamotage des télégrammes serbes, le trucage des dépêches de Jules Cambon, le mystérieux retard du télégramme de Paléologue annonçant la mobilisation générale russe, sa réécriture sous forme d’un communiqué d’une dizaine de lignes, toutes ces manœuvres n’ont qu’un seul but : effacer des livres d’histoire la responsabilité de la France et de son alliée la Russie. » (p. 306)

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Crois ou meurs !

ISBN-13 : 979-1021025721
Broché : 507 pages
Éditeur : Coédition Tallandier (28 mars 2019)
Langue : Français
ASIN : B07LD23D92
Dimensions : 14.5 x 3 x 21.5 cm

L’auteur s’est attelé à écrire une histoire très décapante, une sorte d’antidote à l’histoire de la Révolution écrite par Michelet et les historiens marxistes, une vision très différente de ce qui est enseigné à l’Ecole : le peuple se levant comme un seul homme contre l’oppression, levant l’étendard des droits de l’homme et ainsi de suite. Depuis quelques décennies, toute une historiographie s’est mise à contester cette fable. Claude Quétel donne en quelque sorte le coup de pied de l’âne en dessillant les yeux de ceux qui se refusaient à voir la réalité. Pour C. Quétel, 1789 est une mauvaise révolution, une révolution qui dérape dès le départ. Quant au peuple, il n’existe pas ! Comme ce sera le cas en Russie en 1917, ce que l’on appelle le peuple, ce sont quelques milliers d’excités parisiens. Cela dit, Crois ou meurs ! compose un récit chronologique très classique et s’achève sur une passionnant essai d’historiographie critique, montrant comment les historiens ont évolué sur la question, passant d’une folle passion au plus grand scepticisme. Décapant !

Claude Quétel, Crois ou meurs !, Tallandier/Perrin, 2019, 511 pages, 21.90 €

L’extrait : « La gauche de cette nouvelle Assemblée est athée […] Aux Jacobins, ils avancent cette idée, matricielle des totalitarismes du XX° siècle, que l’homme nouveau engendré par la Révolution se doit de rompre avec la tradition et son fer de lance, la religion. » (p. 214)

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Le bonheur était pour demain

Poids de l’article : 400 g
Broché : 384 pages
ISBN-13 : 978-2021388619
Éditeur : Le Seuil (18 avril 2019)
Langue : Français
Dimensions : 14.2 x 2.2 x 19.1 cm

Pourquoi le toujours plus, cette fuite en avant dans le matérialisme et le consumérisme alors que nous peinons à nous satisfaire des joies les plus simples ? A la manière de J.-J. Rousseau, P. Bihouix propose dix promenades, ce qu’il appelle « les rêveries d’un ingénieur solitaire ». La pointe du propos vise avant tout à mettre en perspective les paradoxes nés de la volonté de l’homme d’asservir la terre à ses projets prométhéens. Nous souhaitons le bonheur, ici et maintenant, mais un bonheur passant essentiellement par les objets et la consommation. Le bonheur est possible, semble dire l’auteur, mais jamais il ne ressemblera à ce que l’on voudrait qu’il soit. Il ne sera pas dans le déferlement des objets connectés, dans l’homme augmenté et l’accélération permanente ; il faudra le chercher dans « la lenteur, la douceur, le silence, la grâce de l’ennui parfois, si nécessaire aux enfants pour se construire, des moments simples, toutes choses disparues ou presque, dans un environnement toujours plus artificialisé, climatisé, motorisé et numérisé. » (p. 355)  Dans le cadre d’un monde fini, le temps est venu de réfléchir à une nouvelle utopie, à condition toutefois que nos efforts d’innovation servent à autre chose qu’au profit immédiat.

Philippe Bihouix, Le bonheur était pour demain, Seuil, 2019, 371 pages, 19€

L’extrait : « Il est à craindre que plus l’environnement se dégradera, plus les tensions sociales s’exacerberont et plus les annonces d’un monde meilleur se succéderont… » (p. 143)

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1940 Vérités et légendes

1940 Verités et légendes
Poids de l’article : 300 g
Broché : 288 pages
ISBN-13 : 978-2262065584
Éditeur : Perrin (11 juin 2020)
Langue : Français
Dimensions : 12 x 2.4 x 19.1 cm

L’habitude de la collection « Vérités & Légendes » est de répondre en quelques pages à des questions très précises. Ici, en l’occurrence et par exemple : Le commandement français était-il à la hauteur ? Fallait-il déclarer Paris ville ouverte ? La Ligne Maginot était-elle une bonne idée ? L’auteur pointe avec finesse et pertinence des éléments dont on a longtemps ignoré la prévalence. Si la France a bien des alliés en 1940, pour l’essentiel elle est seule à porter le poids de la bataille, alignant une centaine de divisions quand la Grande-Bretagne, démilitarisé à l’excès depuis 1918, n’en fournit qu’une dizaine. Une autre question demeure pendante : qu’en a-t-il été du soldat français ? Céline avait-il tort ou raison lorsqu’à propos des événements qui vont de la déclaration de guerre de septembre 1939 à l’attaque allemande du 10 mai 1940 il écrivait : « Neuf mois de belotte, six semaines de course à pied » ? Rémy Porte n’hésite pas à évoquer « la ténacité et le courage des soldats français de 1940. » (p. 148). Mais le plus évident n’est-il pas que 1940 doit se comprendre d’abord comme une défaite intellectuelle ?

Rémy Porte, 1940. Vérités et légendes, Perrin, 2020, 286 pages, 13 €

L’extrait : « Comme de manière presque systématique au début d’un conflit, le danger est d’attribuer à l’ennemi ses propres modes de pensée, ses méthodes de réflexion, ses choix doctrinaux. » (p. 160)

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De Gaulle et les Grands

Broché : 432 pages
Editeur : Perrin (5 mars 2020)
Langue : Français
ISBN-10 : 226208002X
ISBN-13 : 978-2262080020
Dimensions : 14,2 x 3,1 x 21,1 cm

Cet ouvrage, qui raconte les relations entretenues entre 1940 et 1970 par le général de Gaulle avec les Grands de ce monde, de Churchill à Mao, est tout bonnement passionnant. Les liens tissés entre de Gaulle et les hommes d’Etat de l’époque ont connu des fortunes diverses. Ces rapports ont été commandés par une idée dont le Général ne s’est jamais départi. Dominaient de façon impérieuse chez le fondateur de la V° République la conviction qu’une politique digne de ce nom devait être subordonnée à la grandeur et à la dignité de la nation. Ce qui inspirait cette conduite devait beaucoup à la connaissance très pointue chez de Gaulle de l’histoire de notre pays. L’autre vérité, c’était que si idéologies et les régimes passaient, les peuples, eux, conservaient leur identité propre, leur génie, des capacités susceptibles de transcender le présent pour s’inscrire dans la longue durée. De là l’idée du rapprochement avec l’Allemagne ou l’évidence que derrière le communisme, forcément transitoire, il y avait d’abord et surtout la Russie, son peuple, son histoire, sa culture.

Eric Branca, De Gaulle et les Grands, Perrin, 2020, 425 pages, 23€

 

L’extrait : « Mieux vaut, à ses yeux, perdre la partie et la vie en se battant jusqu’au bout […] que survivre sans gloire quand l’essentiel est en cause. » (p. 27)