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Histoire Recensions

Histoire du Canada

Éditeur ‏ : ‎ Perrin (10 octobre 2019)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 450 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 226204872X
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262048723
Poids de l’article ‏ : ‎ 640 g
Dimensions ‏ : ‎ 15.5 x 3.3 x 24 cm

Tout commence au début des années 1500 lorsque des navigateurs français et espagnols abordent les rivages de ces terres inconnues au climat rude, immensités forestières vides d’habitants faisant dire à un explorateur ibérique que « par ici, il n’y a rien » (« acà nada »). L’histoire du Canada peut se lire de plusieurs façons. Nation jeune et privilégiée par la nature, héritière d’une histoire mouvementée, elle dispose d’énormes potentialités. On peut aussi dire que l’histoire du Canada, notamment en ses débuts, jusqu’au traité de Paris de 1763, est l’histoire d’un gâchis, la France du roi Louis XV n’ayant jamais cru en l’avenir de ces « quelques arpents de neige ». Alors que les Anglais voyaient grand et loin, les Français donnaient la priorité à la sédentarité, préférant leur clocher aux pays lointains. L’identité du Canada a mis du temps à se fixer, tiraillée qu’elle était entre deux cultures. Pays jeune et moderne, le Canada risque de peser de plus en plus dans la géopolitique mondiale, avec son sous-sol riche, l’immensité du territoire et sa position stratégique enviée. Au terme de cette très réussie « biographie d’une nation », le Canada s’impose comme un pays d’avenir.

Daniel de Monplaisir, Histoire du Canada, Perrin, 2019, 491 pages, 25€

Extrait : « Le Canada reste néanmoins un pays jeune, à la fois embarrassé d’une histoire complexe et cependant ouvert, plus que d’autres, au ‘champ des possibles’. » (p. 453)

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Le dernier carré

Éditeur ‏ : ‎ Perrin (7 octobre 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 416 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262096600
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262096601
Poids de l’article ‏ : ‎ 500 g
Dimensions ‏ : ‎ 15 x 3 x 21 cm

Le dernier carré est formé par les « combattants de l’honneur et les soldats perdus », ceux qui, à l’instar du roi François Ier au soir de sa défaite à Pavie, clament haut et fort que tout est perdu, fors l’honneur. L’homme de ce siècle, généralement démuni d’un arrière-fond religieux, considère qu’il n’y a rien de plus important que la vie. Ca n’a pas toujours été le cas. Il faut voir, par exemple, l’importance de l’honneur chez les soldats de Napoléon. Perdre sa vie était peu de chose, mais perdre son honneur… De l’Antiquité à nos jours, Jean-Christophe Buisson, Jean Sévillia et une vingtaine de collaborateurs décrivent ce souci de l’honneur, à travers des épisodes allant des Thermopyles (480 avant J.-C.) à l’acharnement des combattants kurdes à défendre la ville de Kobané en 2015. Sous de multiples cieux, il s’est toujours trouvé des hommes pour considérer qu’il valait la peine de donner sa vie pour une cause qui les dépassait. On trouvera chez tous ces combattants de l’honneur la grandeur d’âme exhalée par le grand souffle de l’Histoire.

Jean-Christophe Buisson & Jean Sévillia (sous la direction de), Le dernier carré, Perrin, 2021, 383 pages, 21 €

L’extrait : « … si les Anglais ont pratiqué une politique de refoulement global des Amérindiens,  en les condamnant toujours à l’exil, et en les traitant comme des peuples résiduels et vaincus, il n’en a pas été de même avec les Français, qui établirent avec eux de tout autres rapports. » (p. 104)

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Les maréchaux de Staline

Éditeur : Perrin; Illustrated édition (21 janvier 2021)
Langue : Français
Broché : 600 pages
ISBN-10 : 2262085382
ISBN-13 : 978-2262085384
Poids de l’article : 760 g
Dimensions : 16.5 x 3.7 x 24 cm

Sur les 38 maréchaux que Staline a nommés, 15 sont présentés, figures très diverses allant des plus connus, comme Joukov et Koniev, aux plus obscurs comme Koulik ou Egorov. Quelles conclusions peut-on tirer de cette lecture passionnante ? Que la plupart de ces militaires ont connu la guerre civile, généralement combattant dans les rangs des armées rouges. Certains – Joukov et Chapochnikov – étaient des soldats du tsar. A la tête de leurs troupes, la plupart avaient peu de considération sur le bien-être et la vie du simple troupier. Il y avait les colériques, les irascibles qui, comme Joukov, n’hésitaient pas à frapper leurs subordonnés. Plus rares étaient ceux, comme Govorov, qui avaient le souci de la vie du soldat ou qui, comme Chapochnikov, possédaient les manières anachroniques propres à l’ancien monde. La venue du communisme a imposé une brutalisation qui a englobé l’ensemble de la société et l’Armée rouge n’y a pas échappé. Il n’était pas étonnant, dans ces conditions, de voir des maréchaux qui, tout en ayant le droit de vie et de mort sur des centaines de milliers d’hommes, trembler devant le maître du Kremlin, détenteur d’un pouvoir rarement vu dans l’histoire.

Jean Lopez & Lasha Otkhmezuri, Les maréchaux de Staline, Perrin, 2021, 534 pages, 25 €

L’extrait : « En infligeant des défaites à Vorochilov, Boudienny et Timochenko, les Allemands ont déblayé la route  pour Rokossovski, Koniev, Bagramian et Tcherniakhovski. » (p. 19)

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Napoléon et de Gaulle

Éditeur : Tempus Perrin (17 septembre 2020)
Langue : Français
Poche : 480 pages
ISBN-10 : 226208792X
ISBN-13 : 978-2262087920
Poids de l’article : 280 g
Dimensions : 10.8 x 2.4 x 17.8 cm

Ne tournons pas autour du pot : ce Napoléon et de Gaulle, signé par ce spécialiste de la Révolution et de l’Empire qu’est Patrice Gueniffey, est un très grand livre d’histoire. Style impeccable, maîtrise totale du sujet, vues en surplomb des personnages et des périodes considérées, Napoléon et de Gaulle est un livre à lire et à relire. Au-delà de la simple comparaison biographique de deux militaires faits pour la politique et la marche des grandes affaires, Patrice Gueniffey dresse un portrait sans concession de l’état du pays. Fini les guerres et les conflits, terminé le temps de jouer à une grande puissance qui n’en a plus les moyens, achevé les grandes ambitions… Reste la médiocrité du quotidien, une classe politique impuissante qui a délégué le pouvoir régalien à des organismes supranationaux. Parmi les autres qualités que l’on peut accorder à ce remarquable ouvrage, retenons les considérations sur l’enseignement de l’histoire et le piètre état de la culture général, les valses hésitations d’un pays qui a troqué la grandeur – laquelle, selon de Gaulle, ne se marchandait pas – aux bêtes joies de la consommation et du divertissement.

Patrice Gueniffey, Napoléon et de Gaulle, Tempus, 2020, 492 pages, 10€

L’extrait : « Pour de Gaulle, l’art du commandement est l’art de cultiver la distance, pour Napoléon l’art de l’effacer. » (p. 247)

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Charles le Téméraire

Éditeur : Perrin (5 février 2015)
Langue : Français
Broché : 480 pages
ISBN-10 : 2262043027
ISBN-13 : 978-2262043025
Poids de l’article : 660 g
Dimensions : 15.6 x 3.7 x 24.1 cm

Qui, dans les jeunes générations, connaît encore la vie du flamboyant duc de Bourgogne, le « grand-duc d’Occident », Charles le Téméraires (1433-1478) ? Les plus âgés, se remémorant des souvenirs d’école, ont peut-être gardé à l’esprit ces images où se faisaient face à face le flamboyant Charles et le tortueux Louis XI. D’un côté le matamore à l’imagination débordante, attifé comme un satrape oriental ; de l’autre, un roi perfide, ennemi du luxe et de forfanterie, tissant sa toile pour mieux étouffer son ennemi. On sait comment s’acheva cette inexpiable lutte : par la mort du duc au siège de Nancy, son ultime défaite, celle qui devait précipiter l’écroulement définitif de cette construction hétérogène et mal agencée qu’étaient les Etats bourguignons, l’ancienne Lotharingie, couvrant l’espace situé entre le Rhin et la Meuse, limité au sud par le duché de Bourgogne et le comté de Bourgogne. Avec le souci pédagogique qui est le sien, la sûreté de ses sources et l’intelligence du propos, Georges Minois a réussi là une biographie de bout en bout impeccable. Sous sa plume, ce qui paraît obscur s’éclaircit, le complexe devient plus simple.

Georges Minois, Charles le Téméraire, Perrin, 2015, 543 pages, 25€

L’extrait : « En dix ans, il (Charles le Téméraire) a réussi à anéantir un siècle de patients efforts de trois générations de ducs de Bourgogne. » (p. 507)

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Les élites françaises

Éditeur : Passés Composés (14 octobre 2020)
Langue : Français
Broché : 461 pages
ISBN-10 : 237933532X
ISBN-13 : 978-2379335327
Poids de l’article : 540 g
Dimensions : 14.5 x 3.5 x 22.1 cm

Rarement les élites n’ont été autant critiquées qu’elles le sont aujourd’hui. Avant-hier, les bonnets rouges ; hier les gilets jaunes ; aujourd’hui, leur mise en cause un peu partout…  « Le peuple, écrit Eric Anceau, a plus que jamais le sentiment que les élites constituent un entre-soi où tout est permis et où droite et gauche de gouvernement sont de connivence, qu’elles sont déconnectées de la réalité, qu’elles ne pensent qu’à leur intérêt propre […] » (p. 337) En retraçant avec maestria l’histoire politique de notre pays de la Révolution de 1789 jusqu’à la façon dont l’actuel pouvoir gère la crise du coronavirus, l’auteur s’est efforcé d’extraire les lignes de faîte d’une histoire la plupart du temps conflictuelle. Les gens n’admettent plus  qu’en contrepartie de leurs privilèges les classes supérieures s’octroient autant de passe-droits  et soient si peu soucieuses d’assurer leurs devoirs. Ces élites françaises dressent une analyse au cordeau de la société française contemporaine.

Eric Anceau, Les élites françaises, Passés Composés, 2020, 462 pages, 24€

L’extrait : « Les deux premières décennies du XXI° siècle sont marquées par une tension croissante entre les élites et le peuple à mesure que celles-ci montrent leur impuissance à résoudre les problèmes et dévoilent des comportements jugés inappropriés. » (p. 319)

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Charles Martel

Éditeur : Perrin (12 novembre 2020)
Langue : Français
Broché : 400 pages
ISBN-10 : 2262080658
ISBN-13 : 978-2262080655
Poids de l’article : 600 g
Dimensions : 15.5 x 3.1 x 24.1 cm

Il faut s’appeler Georges Minois pour oser s’atteler à la biographie d’un personnage à propos duquel on ne sait à peu près rien. Les temps obscurs dans lesquels a vécu Charles Martel sont avares de documents ; « Le siècle 650 – 750 est un désert culturel, un creux dans le chemin de la civilisation occidentale… », précise l’auteur (p. 118). En conséquence, il fallait tenter une autre approche, une autre démarche : « cerner le personnage en question à partir de son environnement » (p. 13). L’auteur dégage l’esprit de cette terrible époque, ses élites rapaces, un certain recul civilisationnel, un christianisme mal assis, un clergé médiocre, etc. Par son charisme, sa personnalité, ses capacités militaires, Charles Martel s’impose comme l’homme fort de l’Occident. Guerrier redouté, il unifie le monde franc, s’appuyant sur la papauté et les missionnaires pour propager à coups d’épée la civilisation et le christianisme. L’auteur démontre qu’en vainquant les Arabes à Poitiers C. Martel n’avait pas en tête l’idée de la guerre sainte, laquelle est venue bien après. Ce Charles Martel est un grand livre d’histoire.

Georges Minois, Charles Martel, Perrin, 2020, 374 pages, 23€

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1914, la France responsable ?

Éditeur : L’artilleur (19 avril 2017)
Langue : : Français
Broché : 368 pages
ISBN-10 : 2810007594
ISBN-13 : 978-2810007592
Poids de l’article : 400 g
Dimensions : 14 x 3.4 x 22 cm

Pour Bertrand Blandin, la France, à force de mener un jeu trouble, est une responsable majeure de la guerre civile européenne de 1914-1918. La France de 1914 est une nation revancharde, trop faible toute seule pour faire jeu égal avec l’Allemagne mais forte du soutien de ses alliés. Pour contraindre l’Allemagne à la guerre sur deux fronts, le personnel au pouvoir à Paris, et d’abord le Président Poincaré, va jouer avec le feu. Résultat : ce qui, après l’attentat de Sarajevo, aurait pu demeurer un accident isolé, limité aux Balkans, va de proche en proche gagner l’ensemble des grandes puissances. A la fin d’un raisonnement solidement étayé, la conclusion de Bertrand Blandin apparaît, sans appel : « Le 30 juillet 1914, la Russie et la France ont entraîné le monde dans une catastrophe sans précédent, alors que les intérêts vitaux des deux pays n’étaient nullement menacés. » (p. 277) Encore plus troublant, l’escamotage de documents, le retard mis par l’ambassadeur de France à Moscou à donner des informations et le trucage de dépêches cruciales (p. 306) n’ont qu’un but : « effacer des livres d’histoire la responsabilité de la France et de son allié la Russie. »

Bertrand Blandin, 1914, la France responsable ?, L’Artilleur, 2016, 359 pages, 22€

L’etxrait : « L’escamotage des télégrammes serbes, le trucage des dépêches de Jules Cambon, le mystérieux retard du télégramme de Paléologue annonçant la mobilisation générale russe, sa réécriture sous forme d’un communiqué d’une dizaine de lignes, toutes ces manœuvres n’ont qu’un seul but : effacer des livres d’histoire la responsabilité de la France et de son alliée la Russie. » (p. 306)

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Crois ou meurs !

ISBN-13 : 979-1021025721
Broché : 507 pages
Éditeur : Coédition Tallandier (28 mars 2019)
Langue : Français
ASIN : B07LD23D92
Dimensions : 14.5 x 3 x 21.5 cm

L’auteur s’est attelé à écrire une histoire très décapante, une sorte d’antidote à l’histoire de la Révolution écrite par Michelet et les historiens marxistes, une vision très différente de ce qui est enseigné à l’Ecole : le peuple se levant comme un seul homme contre l’oppression, levant l’étendard des droits de l’homme et ainsi de suite. Depuis quelques décennies, toute une historiographie s’est mise à contester cette fable. Claude Quétel donne en quelque sorte le coup de pied de l’âne en dessillant les yeux de ceux qui se refusaient à voir la réalité. Pour C. Quétel, 1789 est une mauvaise révolution, une révolution qui dérape dès le départ. Quant au peuple, il n’existe pas ! Comme ce sera le cas en Russie en 1917, ce que l’on appelle le peuple, ce sont quelques milliers d’excités parisiens. Cela dit, Crois ou meurs ! compose un récit chronologique très classique et s’achève sur une passionnant essai d’historiographie critique, montrant comment les historiens ont évolué sur la question, passant d’une folle passion au plus grand scepticisme. Décapant !

Claude Quétel, Crois ou meurs !, Tallandier/Perrin, 2019, 511 pages, 21.90 €

L’extrait : « La gauche de cette nouvelle Assemblée est athée […] Aux Jacobins, ils avancent cette idée, matricielle des totalitarismes du XX° siècle, que l’homme nouveau engendré par la Révolution se doit de rompre avec la tradition et son fer de lance, la religion. » (p. 214)

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Le bonheur était pour demain

Poids de l’article : 400 g
Broché : 384 pages
ISBN-13 : 978-2021388619
Éditeur : Le Seuil (18 avril 2019)
Langue : Français
Dimensions : 14.2 x 2.2 x 19.1 cm

Pourquoi le toujours plus, cette fuite en avant dans le matérialisme et le consumérisme alors que nous peinons à nous satisfaire des joies les plus simples ? A la manière de J.-J. Rousseau, P. Bihouix propose dix promenades, ce qu’il appelle « les rêveries d’un ingénieur solitaire ». La pointe du propos vise avant tout à mettre en perspective les paradoxes nés de la volonté de l’homme d’asservir la terre à ses projets prométhéens. Nous souhaitons le bonheur, ici et maintenant, mais un bonheur passant essentiellement par les objets et la consommation. Le bonheur est possible, semble dire l’auteur, mais jamais il ne ressemblera à ce que l’on voudrait qu’il soit. Il ne sera pas dans le déferlement des objets connectés, dans l’homme augmenté et l’accélération permanente ; il faudra le chercher dans « la lenteur, la douceur, le silence, la grâce de l’ennui parfois, si nécessaire aux enfants pour se construire, des moments simples, toutes choses disparues ou presque, dans un environnement toujours plus artificialisé, climatisé, motorisé et numérisé. » (p. 355)  Dans le cadre d’un monde fini, le temps est venu de réfléchir à une nouvelle utopie, à condition toutefois que nos efforts d’innovation servent à autre chose qu’au profit immédiat.

Philippe Bihouix, Le bonheur était pour demain, Seuil, 2019, 371 pages, 19€

L’extrait : « Il est à craindre que plus l’environnement se dégradera, plus les tensions sociales s’exacerberont et plus les annonces d’un monde meilleur se succéderont… » (p. 143)