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Actualités Recensions

Le logiciel impérial russe

Éditeur : ‎L’artilleur
Date de publication : ‎7 février 2024
Langue : ‎Français
Nombre de pages : ‎256 pages
ISBN-10‏ : ‎2810011656
ISBN-13‏ : ‎978-2810011650
Poids de l’article‏ : ‎334 g
Dimensions‏ : ‎14 x 2.4 x 22 cm

Bien sûr, on peut considérer la guerre qu’a déclarée V. Poutine à l’Ukraine comme une prise de risque insensée, voire une folie. N’est-elle pas incroyable l’idée consistant à réactiver un conflit de haute intensité, événement malheureux dont on croyait l’Europe définitivement débarrassée après le second conflit mondial ? Sur les plateaux de télé, des généraux, les mêmes depuis quatre ans, nous expliquent que Poutine est un fou furieux, touché par une hubris qui n’est plus de saison. Tout en restant sur la réserve par rapport à la Russie, Jean-Robert Raviot rappelle que les choses ne sont pas si simples que cela : les Russes sont animés d’une logique qui n’est pas la nôtre, logique enracinée de longue date dans l’Empire des tsars. Il est certes loisible de condamner ce que le pouvoir russe appelle l’Opération militaire spéciale mais, avant de le faire, mieux vaut tâcher de comprendre ce qui anime les Russes et leurs dirigeants, mélange d’impérialisme et de souci de protéger au mieux leur patrie.

Jean-Robert Raviot, Le logiciel impérial russe, L’Artilleur, 2024, 255 pages, 22 €

L’extrait : « Plutôt que de devenir le chef de fil du Sud global, la Russie a vocation à devenir une puissance d’équilibre entre l’Occident et le monde non-occidental, c’est-à-dire à être ce qu’elle a toujours été depuis son entrée fracassante dans le « concert des nations » européennes au tournant des XVIII° et XIX° siècles. » (p. 234-235)

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Main basse sur l’Éducation nationale

Éditeur : ‎CERF
Date de publication : ‎21 août 2025
Langue : ‎Français
Nombre de pages‏ : ‎274 pages
ISBN-10 : ‎2204157759
ISBN-13 : ‎978-2204157759
Poids de l’article‏ : ‎320 g
Dimensions‏ : ‎13.6 x 1.9 x 21 cm

« Enquête sur un suicide assisté » dit le sous-titre. Chronique d’un naufrage annoncé et souhaité, pourrait-on ajouter. Comment se fait-il que notre système scolaire, que nombre de pays nous enviaient il y a quelques décennies, soit à ce point exsangue ? Des renoncements successifs, une veulerie généralisée et une longue suite d’expériences pédagogiques hors sol ont conduit à la situation que l’on connaît : l’École est devenue un champ de ruines. Après avoir dressé le constat de trois à quatre décennies d’irresponsabilité galopante, Joachim Le Floch-Imad trace des pistes pour un redressement éventuel. Tout n’est pas perdu, heureusement, mais chaque année qui passe alourdit un peu plus le passif. Les idéologues qui conduisent ce bateau ivre qu’est l’Éducation nationale auront-ils l’humilité nécessaire pour faire place au bon sens, rien n’est moins sûr ?

Joachim Le Floch-Imad, Main basse sur l’Éducation nationale, Cerf, 2025, 267 pages, 20.90 €

L’extrait : « Ces réflexions devraient nous enjoindre à dire non au tout numérique à l’école, en réhabilitant les manuels traditionnels, le papier et l’écriture manuscrite, mais aussi en redécouvrant les merveilles de notre littérature et en combattant la surexposition des mineurs  aux écrans. » (p. 232)

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Le Temps des Guépards : La guerre mondiale de la France

ASIN : ‎B09HHWCF2Z
Éditeur : ‎TALLANDIER
Date de publication : ‎13 janvier 2022
Langue : ‎Français
Nombre de pages : ‎368 pages
ISBN-13 : ‎979-1021038875
Poids de l’article ‏: ‎474 g

L’état de paix sur le territoire national ne saurait occulter le fait que, depuis 1961, la France a mené dix-neuf guerres à l’extérieur, essentiellement sur le continent africain. Ancien officier, Michel Goya relate la plupart d’entre elles, les guerres contre les islamistes, au Sahel et au Proche-Orient, étant les plus récentes. Figurent ici des guerres asymétriques conduites contre des combattants décidés et valeureux, dédaignant la mort, chose que nos démocraties aseptisées ne sont plus aptes à comprendre. Au fil des pages, l’auteur décrit un outil militaire certes performant, mais de plus en plus fragile, en particulier par la faute des pouvoirs successifs qui ont constamment rogné sur le budget des Armées (jusqu’à ce que la guerre entre la Russie et l’Ukraine fasse prendre conscience que l’Europe n’est pas à l’abri d’une conflagration générale).

Michel Goya, Le temps des guépards, Tallandier, 2022, 366 pages, 21.90 €

L’extrait : « Au total, depuis la fin de la guerre d’Algérie, la France a mené 32 opérations militaires importantes, c’est-à-dire ayant au moins impliqué 1 000 soldats français ou de moindre volume mais ayant engagé des combats et occasionné des pertes. » (p. 301)

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La fabrique du crétin – Vers l’apocalypse scolaire

Éditeur : ‎Archipoche
Date de publication ‏: ‎24 août 2023
Langue : ‎Français
Nombre de pages : ‎216 pages
ISBN-13 ‏: ‎979-1039203753

Vingt ans après la publication du livre déjà intitulé La fabrique du crétin, Jean-Paul Brighelli revient à la charge avec un ouvrage portant lui aussi sur ce qu’il nomme l’ « apocalypse scolaire ». Il va sans dire qu’au bout de quarante ans d’ « enseignement de l’ignorance » (Jean-Claude Michéa), on a le sentiment que rien ne va dans l’Education Nationale, malmenée par le wokisme et l’entrisme islamique, bafouée dans ses valeurs, pétrifiée par un pédagogisme qui a réussi à user ce qui reste de bonnes volontés au sein de l’institution. Qu’est-il encore possible de sauver dans ce système à la dérive ? Ce désastre a ses coupables, ces soi-disant élites politiques dont le but suprême était de faire des Français des gens décérébrés, mûrs pour la consommation et le divertissement. Sans une véritable révolution, seule capable de remettre les choses debout, l’auteur ne voit pas ce qui permettrait de changer le cours de cette déroute.

Jean-Paul Brighelli, La fabrique du crétin – Vers l’apocalypse scolaire, Archipoche, 2022, 212 pages, 7.95 €

L’extrait : « Les pédagogues sont, en très grande majorité, des gens qui ont échoué aux divers concours qui jalonnent la carrière, de l’entrée de l’ENS à l’agrégation : Philippe Mérieux ne s’en est jamais remis. Ils se sont rabattus sur des « recherches » parées d’une aura scientifique usurpée. » (p. 146)

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Engrenages : La guerre d’Ukraine et le basculement du monde

Éditeur : ‎Odile Jacob
Date de publication‏ : ‎9 octobre 2024
Langue ‏: ‎Français
Nombre de pages : ‎368 pages
ISBN-10 ‏: ‎2415010464
ISBN-13 ‏: ‎78-2415010461
Poids de l’article‏ : ‎478 g
Dimensions ‏: ‎14.4 x 2 x 22 cm

Dans ce livre aussi instructif que passionnant, l’auteur décrit un phénomène apparu avant la guerre en Ukraine, celle-ci ne faisant qu’accélérer le cours des choses. L’humanité se dirige tout droit vers un monde multipolaire dominé par quelques géants, dont plusieurs appartiennent au Sud global. Parce qu’elle n’est plus que l’ombre d’elle-même et qu’elle a à souffrir des choix calamiteux de ses dirigeants, l’Europe s’avère la grande perdante dans ce grand jeu. Elle a baissé la garde, préférant la consommation à l’industrie, ouvrant ainsi la voie à la dépendance et à l’abaissement. Le livre de Pierre Lellouche délivre quantité de réalités inquiétantes, par exemple que tel groupe de la grande distribution, en France, compte plus d’employés en son sein qu’il n’y a de policiers dans tout le pays. Un livre lucide… et inquiétant.

Pierre Lellouche, Engrenages, Odile Jacob, 2024, 365 pages, 23.90€

L’extrait : « N’y a-t-il pas, dans de telles conditions, quelque chose d’indécent, de la part de nos dirigeants, à disserter sur la guerre en Ukraine ou sur celle de Gaza, à promettre aux uns comme aux autres des milliards que l’on n’a pas […], cela quand nous sommes nous-mêmes incapables de régler nos propres problèmes intérieurs. » (p. 325)

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La défaite de l’Occident

Éditeur : ‎GALLIMARD
Date de publication‏ : ‎11 janvier 2024
Langue ‏: ‎Français
Nombre de pages de l’édition imprimée : ‎384 pages
ISBN-10‏ : ‎2073041132
ISBN-13 : ‎978-2073041135
Poids de l’article‏ : ‎372 g
Dimensions : ‎14 x 2.4 x 20.5 cm

La guerre est un formidable accélérateur de l’Histoire. La guerre en Ukraine confirme cette assertion : face à un Occident isolé et sous-armé se lèvent d’autres puissances – le Sud global, les Brics… – qui n’entendent pas jouer le jeu auquel les convient les Occidentaux. La prééminence de la démocratie parlementaire et le primat des droits de l’homme ne sont pas partagés par tout le monde. L’auteur explique qu’une grande partie des actuelles mutations géopolitiques dispose de parallèles évidents avec la place et l’évolution des structures familiales et religieuses. Si l’on n’est pas obligé de suivre les analyses de l’auteur – n’a-t-il pas par exemple tendance à trop vite enterrer la puissance des États-Unis ? -, on ne peut nier l’originalité d’une analyse qui, hélas, ne saurait avoir sa place au sein des médias dominants, lesquels parlent à peu près tous d’une même voix.

Emmanuel Todd, La défaite de l’Occident, Gallimard, 2024, 370 pages, 23 €

L’extrait : « La disparition de notre aptitude à concevoir la diversité du monde nous interdit une vision réaliste de la Russie » (p. 61)

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Le nouvel âge de la bêtise

ASIN‏ : B0C2C1TQK9
Éditeur : ‎L’OBSERVATOIRE (20 septembre 2023)
Langue‏ : Français
Broché‏ : ‎315 pages
ISBN-13‏ : ‎979-1032928646
Poids de l’article ‏:‎ 388 g
Dimensions‏ : ‎13.6 x 2.4 x 21.4 cm

Quel que soit le nom qu’on lui donne – sottise, stupidité, connerie…-, la bêtise continue à bien se porter. Le progrès, notamment via les réseaux sociaux, lui a donné un joli coup d’accélérateur. Dans cet essai enlevé, Pierre-André Taguieff la traque jusque dans ses ultimes recoins. Si, bien entendu, elle concerne tous les domaines, c’est dans le champ politique que l’auteur met toute son ardeur à la débusquer. La bêtise en matière politique, avec ce qu’elle suppose d’inculture, de mauvaise foi et d’aveuglement, constitue un sujet mouvant, aux contours pas toujours bien définis, mais en perpétuel mouvement. Selon son humeur, le lecteur pourra considérer comme navrant ou pittoresque le comportement de ces politiciens, écrivains ou philosophes que leur intelligence aiguisée n’empêche pas de sombrer dans la plus épaisse bêtise. Une lecture salutaire.

Pierre-André Taguieff, Le nouvel âge de la bêtise, L’Observatoire, 2023, 315 pages, 23 €

L’extrait : « Il est à la fois terriblement banal et toujours surprenant de voir des personnes intelligentes et de grande culture se montrer  aveugles devant des faits qui crèvent les yeux, se soumettre à des idées reçues et se conduire comme des imbéciles dans leurs actions politiques. » (p.293-294)

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Autodafés – L’art de détruire les livres

Éditeur‏ : ‎ Presses de la Cité (26 août 2021)
Langue‏ : ‎ Français
Broché : ‎ 176 pages
ISBN-10 : ‎ 2258197066
ISBN-13 : ‎ 978-2258197060
Poids de l’article‏ : ‎ 232 g
Dimensions : ‎ 12.2 x 1.9 x 21.1 cm

Il existe quantité d’autres moyens  que le feu grâce auxquels on peut enlever à un livre tout moyen d’existence : il suffit par exemple de ne lui donner aucune publicité, de faire comme s’il n’existait pas. On peut aussi calomnier l’auteur, réduire à rien son travail en disant qu’il n’est pas sérieux. Bref, rien n’est plus facile que d’empêcher un livre de vivre sa vie. Dans Autodafés, Michel Onfray recense six ouvrages récents qui ont eu la malchance de subir une censure alimentée par la mauvaise foi et la malhonnêteté. Le plus connu des six est peut-être L’archipel du Goulag, le livre-événement de Soljenitsyne publié en France en 1974. Il est triste de constater que lorsque des hommes courageux veulent crier au monde la vérité, il s’en trouve d’autres qui, eux, ne courent aucun risque, pour les discréditer. Pour Onfray, le coupable est un gauchisme culturel qui préfère le tribunal de l’Inquisition à la disputatio médiévale.

Michel Onfray, Autodafés, Les Presses de la Cité, 2021, 201 pages, 19 €

L’extrait : « Autodafés propose un exercice pratique : regarder comment des livres essentiels pour établir la vérité ont été torpillés afin d’éviter que leurs véritables messages ne soient délivrés. » (p. 26)

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Climat, la part d’incertitude

Éditeur ‏ : ‎ L’artilleur (2 novembre 2022)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 352 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2810011370
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810011377
Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
Dimensions ‏ : ‎ 14 x 2.5 x 22 cm

Conseiller scientifique de Barak Obama, Steven Koonin fait partie de la cohorte de ceux qui ne parviennent pas à se faire une opinion arrêtée sur la question du réchauffement. Soyons précis : S. Koonin croit au réchauffement, donnée scientifiquement observable depuis nombre d’années. Oui, le climat a tendance à changer, la terre à se réchauffer et l’homme y est probablement pour quelque chose. Reste qu’il est quasiment impossible de distinguer ce qui, dans la question du réchauffement, procède des activités humaines ou provient d’un cycle naturel. Devant tant d’incertitudes, il est bien difficile d’avoir une opinion arrêtée. Reste que, alors que les climatologues optent pour la prudence, politiques et médias n’ont de cesse de grossir les menaces que pourrait engendrer un fort réchauffement. Cela s’appelle gouverner par la peur.

Steven E. Koonin, Climat, la part d’incertitude, L’Artilleur, 348 pages, 22 €

L’extrait : « Il est clair que les médias, les hommes politiques et souvent les rapports d’évaluation eux-mêmes déforment sans vergogne ce que dit la science concernant le climat et les catastrophes. […] La répétition constante de ces mensonges sur le climat et de bien d’autres les transforment en « vérités » acceptées. » (p. 255)

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Un chemin de pensée

Les amis d’Alain de Benoist ont offert à ce dernier un ouvrage copieux, ensemble de « textes offerts à Alain de Benoist à l’occasion de son 80ème anniversaire ». Ce témoignage d’amitié est très beau mais, question, qui connaît Alain de Benoist, en dehors du cercle restreint de celles et ceux qui s’intéressent à l’histoire et au mouvement des idées ? Certains, incapable d’éviter la caricature, répondront : Alain de Benoist est le fondateur de la Nouvelle Droite. Sans plus se poser de questions, ils le rangeront à droite, très à droite même, ce qui n’est rien comprendre de la personnalité et de l’œuvre d’un intellectuel de très haut vol, auteur prolixe ayant derrière lui une centaine de livres, monument d’érudition, sorte de Pic de la Mirandole égaré dans une époque ignorante de la culture. La peste soit du monde médiatique, lequel s’obstine à faire silence sur un homme qui donne l’impression d’avoir tout lu sur quantité de sujets.

Collectif, Un chemin de pensée, édité par les Amis d’Alain de Benoist, 2023, 706 pages, 32 €