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Biographies Recensions

Pierre le Grand

Éditeur : Perrin (5 mars 2020)
Langue : Français
Broché : 500 pages
ISBN-10 : 2262048142
ISBN-13 : 978-2262048143
Poids de l’article : 560 g
Dimensions : 15.5 x 3.8 x 24.1 cm

La biographie que vient d’écrire Thierry Sarmant au sujet du grand tsar (1682-1725) donne à voir l’exemple type de l’autocrate réformant son pays au forceps. Arrivé au pouvoir, Pierre trouve une Russie arriérée, figée dans ses traditions. Voyageur curieux, il découvre, effaré, les différences qui existent entre un Occident à la pointe de la modernité et une Russie aux structures largement médiévales. C’est cet écart qu’il n’aura de cesse de combler, par la force, quitte à être impopulaire en bouleversant des traditions séculaires. C’est à un rythme effréné que Pierre multiplie les changements, suscitant de multiples oppositions dans la noblesse et le peuple, critiques que l’autocrate fait taire par la force si la persuasion ne suffit pas. Thierry Sarmant donne à voir une personnalité plus complexe que ne le laisse supposer le physique du tsar : un géant (2 mètres !) pour l’époque. L’œuvre réformatrice du tsar est si gigantesque que l’auteur le place du côté de grands réformateurs, par exemple l’empereur Meiji au Japon et  Mustapha Kemal en Turquie. Une solide biographie.

Thierry Sarmant, Pierre le Grand, Perrin, 2020, 557 pages, 26€

L’extrait : « C’est bien par ses réformes intérieures plutôt que par ses campagnes ou ses conquêtes que Pierre tient une place exceptionnelle dans l’histoire. » (p. 426)

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Biographies Recensions

Jeanne d’Arc

Éditeur : Perrin (10 septembre 2020)
Langue : Français
Broché : 432 pages
ISBN-10 : 226206394X
ISBN-13 : 978-2262063948
Poids de l’article : 680 g
Dimensions : 15.5 x 3.5 x 24.1 cm

Comme disait Péguy, la République, c’est notre royaume de France. Il voulait dire : soyons fiers de l’héritage légué par nos anciens et nos héros, peu importe le régime. Parmi ces derniers, la Pucelle d’Orléans occupe une place de choix. Dès le premier chapitre de ce Jeanne d’Arc, chapitre relatant la délivrance d’Orléans, le lecteur ne peut être manqué d’être frappé par le charisme de cette toute jeune inconnue. Elle est là, au milieu de soldats, souvent frustres, des chefs de guerre qui en ont vu de toutes les couleurs. Elle en impose par sa conduite et sa piété. Par son charisme, elle impose le respect à des soudards plus habitués à trousser les jeunes filles qu’à leur obéir. Autre trait frappant chez Jeanne : son intelligence et sa finesse, étonnante de la part d’une personne illettrée. L’auteure donne peut-être la clé de la personnalité de Jeanne en la décrivant ainsi : «Jeanne, à sa manière, est une femme libre. Libre et vertueuse. Pieuse sans être dévote, simple sans être naïve, sensible et sportive, aimant la prière et les combats, c’est sans doute cet assemblage des contraires qui la rend à la fois si proche et si singulière. » (p. 95)

Valérie Toureille, Jeanne d’Arc, Perrin, 2020, 425 pages, 24€

 

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Histoire Recensions

Charles Martel

Éditeur : Perrin (12 novembre 2020)
Langue : Français
Broché : 400 pages
ISBN-10 : 2262080658
ISBN-13 : 978-2262080655
Poids de l’article : 600 g
Dimensions : 15.5 x 3.1 x 24.1 cm

Il faut s’appeler Georges Minois pour oser s’atteler à la biographie d’un personnage à propos duquel on ne sait à peu près rien. Les temps obscurs dans lesquels a vécu Charles Martel sont avares de documents ; « Le siècle 650 – 750 est un désert culturel, un creux dans le chemin de la civilisation occidentale… », précise l’auteur (p. 118). En conséquence, il fallait tenter une autre approche, une autre démarche : « cerner le personnage en question à partir de son environnement » (p. 13). L’auteur dégage l’esprit de cette terrible époque, ses élites rapaces, un certain recul civilisationnel, un christianisme mal assis, un clergé médiocre, etc. Par son charisme, sa personnalité, ses capacités militaires, Charles Martel s’impose comme l’homme fort de l’Occident. Guerrier redouté, il unifie le monde franc, s’appuyant sur la papauté et les missionnaires pour propager à coups d’épée la civilisation et le christianisme. L’auteur démontre qu’en vainquant les Arabes à Poitiers C. Martel n’avait pas en tête l’idée de la guerre sainte, laquelle est venue bien après. Ce Charles Martel est un grand livre d’histoire.

Georges Minois, Charles Martel, Perrin, 2020, 374 pages, 23€

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Portraits Recensions

La chute de Nixon

Éditeur : Perrin (8 octobre 2020)
Langue : Français
Broché : 352 pages
ISBN-10 : 2262080690
ISBN-13 : 978-2262080693
Poids de l’article : 420 g
Dimensions : 14.2 x 2.9 x 21.1 cm

Richard Nixon ayant été le seul président des Etats-Unis à avoir démissionné, le livre que Georges Ayache a écrit à propos de sa chute se laisse accueillir avec intérêt. L’auteur ne consacre qu’un seul chapitre à l’affaire du Watergate, l’essentiel du livre évoquant la carrière politique de celui qui a été sénateur et vice-président d’Eisenhower de 1952 à 1960. Tirant les fils de l’écheveau du Watergate – mise sur écoute du parti démocrate -, l’auteur ne nie pas l’implication de Nixon dans cette sombre affaire. Mais, poursuit G. Ayache, ce qu’a commis Nixon dans cette affaire aurait-il eu une répercussion aussi fâcheuse si elle avait été le fait d’un président démocrate ? C’est dans ce deux poids deux mesures qu’il faut voir l’essentiel du livre. Au fond, ce qui était reproché à Nixon, c’était de ne pas appartenir à l’élite bourgeoise des côtes Est et Ouest, de mettre un frein à l’entre soi qui faisait que politiciens et journalistes frayaient dans le même marigot. Le président Kennedy a triché bien autant que Nixon mais  lui était un homme bien né, détenteur d’un carnet d’adresses rempli et bel homme.

Georges Ayache, La chute de Nixon, Perrin, 2020, 345 pages, 22.50€

L’extrait : « Nixon, en définitive, fut-il davantage détesté pour ce qu’il était que pour ce qu’il avait réellement fait ? » (p. 19)

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Actualités Recensions

Hitler. Les année obscures. Mémoires

Éditeur : Perrin (19 avril 2018)
Langue : : Français
Broché : 450 pages
ISBN-10 : 2262069441
ISBN-13 : 978-2262069445
Poids de l’article : 620 g
Dimensions : 15.5 x 3.3 x 24 cm

Membre du premier cercle du dirigeant nazi, Ernst Hanfstaengl a vécu les principaux épisodes qui menèrent les nazis au pouvoir. S’il a  existé des nazis modérés, Hanfstaengl est de ceux-ci. Il voit avec effroi Hitler devenir sans cesse plus insensible et sanguinaire, s’entourant de types peu recommandables. Dès le début des années 1930 il voit la catastrophe arriver, avec des nazis prêts à s’enflammer et à bouter le feu à l’Europe entière. Dès lors il joue le tout pour le tout, tentant d’apaiser la fureur d’Hitler (« J’étais convaincu qu’Hitler était promis à une destinée exceptionnelle […] Mon erreur fut de croire qu’il pouvait s’amender » p. 160), ce qui n’eut pas l’heur de plaire à ce dernier, lequel tenta de le faire disparaître. Non seulement ce récit passionnant nous fait revivre les heures sombres des débuts du régime nazi, mais, du fait de sa proximité avec A. Hitler, Hanfstaengl était bien placé pour percevoir la personnalité diabolique de ce dernier. En refermant le livre, on se demande ce que l’homme fin et intelligent qu’il était faisait au milieu de cette clique de gangsters.

Ernst Hanfstaengl, Hitler, les années obscures, Perrin, 2018, 381 pages, 21€

L’extrait : « Ayant assisté à l’effondrement de l’Allemagne, je rêvais de la voir revenir aux valeurs confortables et traditionnelles de mes jeunes années […] Sous tout un fatras verbeux d’exagérations, c’était là – du moins je le croyais – le but que se fixait Hitler. » (p. 209)

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Biographies Recensions

Augusto Pinochet

Éditeur : Perrin (23 janvier 2020)
Langue : Français
Broché : 384 pages
ISBN-10 : 2262070156
ISBN-13 : 978-2262070151
Poids de l’article : 500 g
Dimensions : 14.2 x 3.2 x 21.1 cm

Avec une rigueur et une honnêteté qui l’honorent, Michel Faure raconte la vie ordinaire d’un type ordinaire, un militaire besogneux mais suffisamment madré pour accéder à la tête de l’armée chilienne. Ce que l’on sait moins, c’est que Pinochet n’est pas à l’origine du coup d’Etat qui a conduit à l’assassinat d’Allende et à sa prise du pouvoir ; il n’a fait que prendre le train en route. Comme le définit l’auteur, le « pinochétisme » est un mélange de dictature (2 328 disparus, 38 254 personnes détenues arbitrairement et à peu près 200 000 poussées à l’exil) et de libéralisme économique. Curieusement, Pinochet ne faisait pas de l’autoritarisme un absolu, il disait croire en la démocratie, mais une démocratie selon son désir, détestant le pluralisme et donnant libre cours aux joies du marché. Derrière l’image du parfait mari, chef d’une famille modèle on n’a pas tardé à découvrir un prévaricateur opportuniste et corrompu. L’indéniable réussite économique des années Pinochet ne suffit pas, selon M. Faure, à grandir un personnage d’une grande médiocrité.

Michel Faure, Augusto Pinochet, Perrin, 2020, 380 pages, 24€

L’extrait : « Le « pinochétisme », si une telle chose existe, s’avère donc la laborieuse synthèse d’une pratique dictatoriale et d’une ambition démocratique, c’est-à-dire l’horreur et les bons sentiments » (p. 275)

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Portraits Recensions

Isabelle de France

Broché : 380 pages
ISBN-10 : 2262077223
ISBN-13 : 978-2262077228
Éditeur : Perrin (20 août 2020)
Langue : Français
Dimensions : 14.1 x 3.5 x 21 cm

Alors que la France et l’Angleterre ont été durant des siècles d’irréconciliables ennemies, on peine à considérer combien, en plein Moyen Age, ces deux nations avaient des liens étroits. A la Cour d’Angleterre, les nobles parlaient français et nombreux étaient ceux qui avaient un pied sur le sol des deux pays. Dans le jeu des alliances matrimoniales, essentiel pour toutes les cours d’Europe, le mariage d’Isabelle, fille de Philippe le Bel, avec le roi Edouard II donne un éclairage particulier aux rapports entre ces deux nations ennemies. Dans cette passionnante biographie, Sophie Brouquet raconte l’histoire d’une jeune femme intelligente, débordante d’ambition, essayant de tirer son épingle du jeu face à un mari incapable d’exercer son autorité. En toile de fond les rapports souvent compliqués et empreints de méfiance entre les cours de France et d’Angleterre ainsi que la traditionnelle limitation (depuis la Grande Charte de 1215) du pouvoir royal par les barons anglais. Une biographie aussi éclairante que captivante.

Sophie Brouquet, Isabelle de France, Perrin, 2020, 426 pages, 23 €

L’extrait : « … cette reine médiévale, ni louve ni putain, est une femme de son temps, une Capétienne exceptionnelle par son intelligence supérieure, sa volonté de fer, mais aussi par son pragmatisme lui permettant de survivre dans un monde de violence et de déchirements politiques. » (p. 358)

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Portraits Recensions

Les grandes figures de la droite

Broché : 416 pages
ISBN-10 : 2262088101
ISBN-13 : 978-2262088101
Éditeur : Perrin (3 septembre 2020)
Langue : Français
Dimensions : 15.5 x 3.5 x 24 cm

Une vingtaine de contributeurs, réunis par Jean-Christophe Buisson et Guillaume Tabard, racontent les grandes figures de la droite, de 1789 à nos jours, de Rivarol à Nicolas Sarkozy. Les portraits sont enlevés, insistant sur l’originalité de ces différents parcours. Les articles de fin de volume semblent plus parlants ; il ne faut pas s’en étonner car il s’agit de personnages contemporains, évidemment plus familiers que Chateaubriand ou Tocqueville. Etrangement, certains parcours disent beaucoup de ce qui différencie droite et gauche. Les gens de gauche sont tout fiers de se de dire de gauche et jamais il n’aurait idée de mettre leur drapeau dans la poche. Au contraire, appartenir à la droite semble toujours un peu honteux ; « Je suis à droite mais, chut ! Il ne faut pas le dire. » Pour tout dire, on peut sous cet angle s’interroger sur la présence dans le livre de certains politiques qui, bien qu’appartenant théoriquement à la droite, ont appliqué une politique davantage centriste, quand elle n’était pas carrément de gauche.

Jean-Christophe Buisson & Guillaume Tabard (sous la dir. de), Les grandes figures de la droite, Perrin, 2020, 408 pages, 22 €

L’extrait : « Entre de Gaulle et Giscard, il y a toute l’étendue qui sépare la France telle qu’elle se rêve et la France telle qu’elle est. » (p. 358)

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Histoire Recensions

Crois ou meurs !

ISBN-13 : 979-1021025721
Broché : 507 pages
Éditeur : Coédition Tallandier (28 mars 2019)
Langue : Français
ASIN : B07LD23D92
Dimensions : 14.5 x 3 x 21.5 cm

L’auteur s’est attelé à écrire une histoire très décapante, une sorte d’antidote à l’histoire de la Révolution écrite par Michelet et les historiens marxistes, une vision très différente de ce qui est enseigné à l’Ecole : le peuple se levant comme un seul homme contre l’oppression, levant l’étendard des droits de l’homme et ainsi de suite. Depuis quelques décennies, toute une historiographie s’est mise à contester cette fable. Claude Quétel donne en quelque sorte le coup de pied de l’âne en dessillant les yeux de ceux qui se refusaient à voir la réalité. Pour C. Quétel, 1789 est une mauvaise révolution, une révolution qui dérape dès le départ. Quant au peuple, il n’existe pas ! Comme ce sera le cas en Russie en 1917, ce que l’on appelle le peuple, ce sont quelques milliers d’excités parisiens. Cela dit, Crois ou meurs ! compose un récit chronologique très classique et s’achève sur une passionnant essai d’historiographie critique, montrant comment les historiens ont évolué sur la question, passant d’une folle passion au plus grand scepticisme. Décapant !

Claude Quétel, Crois ou meurs !, Tallandier/Perrin, 2019, 511 pages, 21.90 €

L’extrait : « La gauche de cette nouvelle Assemblée est athée […] Aux Jacobins, ils avancent cette idée, matricielle des totalitarismes du XX° siècle, que l’homme nouveau engendré par la Révolution se doit de rompre avec la tradition et son fer de lance, la religion. » (p. 214)

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Histoire Recensions

1940 Vérités et légendes

1940 Verités et légendes
Poids de l’article : 300 g
Broché : 288 pages
ISBN-13 : 978-2262065584
Éditeur : Perrin (11 juin 2020)
Langue : Français
Dimensions : 12 x 2.4 x 19.1 cm

L’habitude de la collection « Vérités & Légendes » est de répondre en quelques pages à des questions très précises. Ici, en l’occurrence et par exemple : Le commandement français était-il à la hauteur ? Fallait-il déclarer Paris ville ouverte ? La Ligne Maginot était-elle une bonne idée ? L’auteur pointe avec finesse et pertinence des éléments dont on a longtemps ignoré la prévalence. Si la France a bien des alliés en 1940, pour l’essentiel elle est seule à porter le poids de la bataille, alignant une centaine de divisions quand la Grande-Bretagne, démilitarisé à l’excès depuis 1918, n’en fournit qu’une dizaine. Une autre question demeure pendante : qu’en a-t-il été du soldat français ? Céline avait-il tort ou raison lorsqu’à propos des événements qui vont de la déclaration de guerre de septembre 1939 à l’attaque allemande du 10 mai 1940 il écrivait : « Neuf mois de belotte, six semaines de course à pied » ? Rémy Porte n’hésite pas à évoquer « la ténacité et le courage des soldats français de 1940. » (p. 148). Mais le plus évident n’est-il pas que 1940 doit se comprendre d’abord comme une défaite intellectuelle ?

Rémy Porte, 1940. Vérités et légendes, Perrin, 2020, 286 pages, 13 €

L’extrait : « Comme de manière presque systématique au début d’un conflit, le danger est d’attribuer à l’ennemi ses propres modes de pensée, ses méthodes de réflexion, ses choix doctrinaux. » (p. 160)