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Actualités Recensions Religion

La fin d’un monde

Éditeur ‏ : ‎ Albin Michel (5 mai 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 528 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2226435204
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2226435200
Poids de l’article ‏ : ‎ 720 g
Dimensions ‏ : ‎ 15.5 x 3.7 x 24 cm

Avec La fin d’un monde, Patrick Buisson livre une œuvre d’une densité rare, éclairé par un style de grande qualité. Dans une première partie, l’auteur dit son désarroi devant la disparition de la civilisation paroissiale et rurale qui était celle de la France jusqu’aux décennies 1970-1980. Dans la deuxième partie, P. Buisson raconte ce qu’il appelle le krach de la foi ; le catholicisme était appelé à devenir une religion minoritaire. Enfin, l’auteur revient sur la fin traditionnelle du père, un rôle qui a tendance à s’évanouir, par exemple avec la PMA. Les chapitres consacrés à l’évolution de l’Eglise catholique, au cours des années 1960-1975, sont l’occasion d’une ample réflexion sur les suites du concile Vatican II et sa réception parmi les simples fidèles. Sans mettre en cause les grands textes conciliaires, l’auteur estime que, mal reçu, le concile Vatican II a désemparé nombre de fidèles. Appliqué dare-dare par une nouvelle génération de prêtres désireuse de débarrasser la foi de la gangue de conformisme qui affadissait le sel de l’Evangile, Vatican II a dérouté les gens en leur donnant le sentiment que bien des acquis se trouvaient relativisés. Bien que trop unilatérale, discutable, la thèse mérite d’être débattue. Cet ouvrage est remarquable de culture et d’intelligence.

Patrick Buisson, La fin d’un monde, Albin Michel, 2021, 523 pages, 22.90€

L’extrait : « Vieux d’environ cent mille ans, l’homo religiosus est entré en phase terminale. La croyance en un au-delà de la mort s’estompe en parfait synchronie avec le désir de transmettre la vie qui, lui aussi, est en chute libre. » (p. 13)

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Actualités Recensions

Carnets inédits (1987-2020)

Éditeur ‏ : ‎ Bouquins (11 mars 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 1152 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2221250230
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221250235
Poids de l’article ‏ : ‎ 610 g
Dimensions ‏ : ‎ 13.3 x 2.9 x 19.9 cm

Au terme de ce millier de pages de notes, Jacques Julliard se raconte et raconte le monde tel qu’il l’a vu évoluer durant ces trente dernières années. Souvenirs, impressions et opinions s’égrènent, accompagnant la vie d’un observateur qui a eu la chance de fréquenter nombre de décideurs et de beaux esprits. J. Julliard raconte son travail de collaboration au sein de magazines, ses rencontres avec des présidents de la République, y compris avec ceux qui ne sont pas de son bord politique, ses lectures, ses entretiens, etc. Ce qui domine indiscutablement chez cet esprit un peu touche-à-tout : la politique, la littérature, le journalisme… et la religion, l’auteur ne cachant pas qu’il demeure profondément catholique, radicalement attaché à la figure du Christ, posture très rare dans le milieu du journalisme. Le progressiste qu’il est dresse un constat similaire à celui dressé par des auteurs conservateurs : faillite de l’Ecole, évanouissement de l’autorité, inculture généralisée, mise en avant d’une société de spectacle hédoniste, faisant de la consommation et du tourisme ses pierres d’angle… Bref, ces Carnets sont le constat lucide que quelque chose ne tourne plus rond dans ce pays.

Jacques Julliard, Carnets inédits (1987-2020), Bouquins, 2021, 1 110 pages, 32€

L’extrait : « Dans mon enfance, à la campagne, on était vieux bien plus précocement qu’aujourd’hui (…). Au moins on ne se débarrassait pas des vieux ; on ne les cachait pas. (…) Outre les menus services qu’ils rendaient, ils avaient une fonction essentielle : la transmission. » (p. 1 041)

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Histoire Recensions

Histoire du Canada

Éditeur ‏ : ‎ Perrin (10 octobre 2019)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 450 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 226204872X
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262048723
Poids de l’article ‏ : ‎ 640 g
Dimensions ‏ : ‎ 15.5 x 3.3 x 24 cm

Tout commence au début des années 1500 lorsque des navigateurs français et espagnols abordent les rivages de ces terres inconnues au climat rude, immensités forestières vides d’habitants faisant dire à un explorateur ibérique que « par ici, il n’y a rien » (« acà nada »). L’histoire du Canada peut se lire de plusieurs façons. Nation jeune et privilégiée par la nature, héritière d’une histoire mouvementée, elle dispose d’énormes potentialités. On peut aussi dire que l’histoire du Canada, notamment en ses débuts, jusqu’au traité de Paris de 1763, est l’histoire d’un gâchis, la France du roi Louis XV n’ayant jamais cru en l’avenir de ces « quelques arpents de neige ». Alors que les Anglais voyaient grand et loin, les Français donnaient la priorité à la sédentarité, préférant leur clocher aux pays lointains. L’identité du Canada a mis du temps à se fixer, tiraillée qu’elle était entre deux cultures. Pays jeune et moderne, le Canada risque de peser de plus en plus dans la géopolitique mondiale, avec son sous-sol riche, l’immensité du territoire et sa position stratégique enviée. Au terme de cette très réussie « biographie d’une nation », le Canada s’impose comme un pays d’avenir.

Daniel de Monplaisir, Histoire du Canada, Perrin, 2019, 491 pages, 25€

Extrait : « Le Canada reste néanmoins un pays jeune, à la fois embarrassé d’une histoire complexe et cependant ouvert, plus que d’autres, au ‘champ des possibles’. » (p. 453)

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Portraits Recensions

Les rois maudits d’Angleterre

Éditeur ‏ : ‎ Perrin (5 juin 2014)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 437 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262038961
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262038960
Poids de l’article ‏ : ‎ 540 g
Dimensions ‏ : ‎ 14.1 x 3 x 21.4 cm

Loin des paillettes et des histoires de cœur qui signent l’actuelle existence de la famille royale depuis quelques décennies, le livre d’Alain Bournazel vient rappeler que la monarchie britannique a mis du temps à se solidifier. L’expression « Les rois maudits » qualifie ainsi les rois qui, depuis Guillaume le Conquérant (fin XI° siècle) jusqu’à Charles II (fin XVII°), se sont succédé sur le trône d’Angleterre. Au terme d’une éblouissante synthèse, Alain Bournazel retrace l’histoire mouvementée des monarques anglais dont la plupart, du plus médiocre au plus remarquable, eurent des règnes pour le moins chaotiques. Nombreux furent-ils à périr de mort violente. A travers cette succession de règnes, manqués ou réussis, se profile les deux grandes questions qui, des siècles durant, ont obnubilé les monarques et agité les souverains anglais : la possession de la couronne anglaise dans le royaume de France et son indépendance par rapport à un Parlement soucieux de contrôler l’action du monarque. Que voilà un remarquable livre d’histoire.

Alain Bournazel, Les rois maudits d’Angleterre, Perrin, 2014, 436 pages, 23.90€

L’extrait : « Avec la dynastie de Hanovre qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours, disparaît cette longue malédiction tenace qui avait accablé le royaume depuis l’invasion normande avec son lot de violences, d’usurpations, de guerres internes. » (p. 418)

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Histoire Recensions

Le dernier carré

Éditeur ‏ : ‎ Perrin (7 octobre 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 416 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262096600
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262096601
Poids de l’article ‏ : ‎ 500 g
Dimensions ‏ : ‎ 15 x 3 x 21 cm

Le dernier carré est formé par les « combattants de l’honneur et les soldats perdus », ceux qui, à l’instar du roi François Ier au soir de sa défaite à Pavie, clament haut et fort que tout est perdu, fors l’honneur. L’homme de ce siècle, généralement démuni d’un arrière-fond religieux, considère qu’il n’y a rien de plus important que la vie. Ca n’a pas toujours été le cas. Il faut voir, par exemple, l’importance de l’honneur chez les soldats de Napoléon. Perdre sa vie était peu de chose, mais perdre son honneur… De l’Antiquité à nos jours, Jean-Christophe Buisson, Jean Sévillia et une vingtaine de collaborateurs décrivent ce souci de l’honneur, à travers des épisodes allant des Thermopyles (480 avant J.-C.) à l’acharnement des combattants kurdes à défendre la ville de Kobané en 2015. Sous de multiples cieux, il s’est toujours trouvé des hommes pour considérer qu’il valait la peine de donner sa vie pour une cause qui les dépassait. On trouvera chez tous ces combattants de l’honneur la grandeur d’âme exhalée par le grand souffle de l’Histoire.

Jean-Christophe Buisson & Jean Sévillia (sous la direction de), Le dernier carré, Perrin, 2021, 383 pages, 21 €

L’extrait : « … si les Anglais ont pratiqué une politique de refoulement global des Amérindiens,  en les condamnant toujours à l’exil, et en les traitant comme des peuples résiduels et vaincus, il n’en a pas été de même avec les Français, qui établirent avec eux de tout autres rapports. » (p. 104)

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Biographies Recensions

Philippe II

Éditeur ‏ : ‎ Perrin
Illustrated édition (8 avril 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 480 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 226207285X
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262072858
Poids de l’article ‏ : ‎ 610 g
Dimensions ‏ : ‎ 15.5 x 3.2 x 24.1 cm

Avant la primauté de la France, avant la prépondérance anglaise… l’apogée du Siècle d’or espagnol, avec le roi Philippe II égal, en majesté et en puissance, à plus d’un siècle de distance, de notre Roi-Soleil. Francis Dupau raconte la lente maturation, dans l’accession au pouvoir, du fils de Charles-Quint. Souverain effacé, menant une vie simple, profondément religieux, d’un tempérament austère, Philippe II, loin d’avoir l’éclat d’un Louis XIV, parvint à faire de l’Espagne au XVI° siècle une nation à part. Cette singularité a longtemps été la marque de fabrique d’un pays qui, par l’étendue de son empire colonial, constituait une puissance à part. Ennemi des coups de théâtre, étranger aux modes, Philippe II conduisait son pays comme il gouvernait son for intérieur, tout en discrétion, soucieux de sa dignité et de celle de son pays, habité par la foi léguée du charbonnier. L’auteur met en avant la religiosité d’un roi qui cherchait à se rendre autonome de la papauté. Sur le plan du prestige, son règne a été grand et ce n’est pas un hasard si Fernand Braudel a écrit une vie du monde méditerranéen à l’époque de Philippe II. « … plus que le manque de ressources, c’est l’éparpillement des gigantesques ressources de l’empire dans la poursuite d’objectifs religieux et dynastiques mal définis, peu en rapport avec le bon gouvernement d’un empire, qui explique cet échec. »

Francis Dupau, Philippe II, Perrin, 2021, 478 pages, 25€

L’extrait : « … plus que le manque de ressources, c’est l’éparpillement des gigantesques ressources de l’empire dans la poursuite d’objectifs religieux et dynastiques mal définis, peu en rapport avec le bon gouvernement d’un empire, qui explique cet échec. » (p. 425)

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Actualités Recensions

La guerre des idées

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont (11 mars 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 312 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2221252942
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221252949
Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
Dimensions ‏ : ‎ 13.6 x 2.6 x 21.6 cm

Avec la disparition des grands noms de la pensée à la fin du XX° siècle, on concevait le débat des idées assagi, voire endormi. Rien n’est plus faux, affirme Eugénie Bastié dans son « Enquête au cœur de l’intelligentsia française ». Ce goût pour le débat, propre aux Français, resurgit à la faveur de nouvelles questions : l’identité, l’immigration, l’islam, les lois de bioéthiques et ainsi de suite. Comme tout semble s’emballer, les controverses, elles aussi, connaissent leur acmé. Il faut compter sur l’émergence de polémistes de talent dans le camp réactionnaire, comme il faut tabler sur la prédominance de professeurs progressistes au sein de l’Université. A ce panorama passablement compliqué, il faut ajouter la diversité des outils utilisés pour diffuser les idées, par exemple les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu. Blues des libéraux, éruption du populisme, résurrection de la gauche radicale… Dans cette époque du tout médiatique, où chacun veut avoir raison, le sectarisme guette à chaque instant, entretenant chez beaucoup un rapport tordu à la vérité. Or, souligne E. Bastié, le paradoxe, c’est que les intellectuels sont pour beaucoup dans la fragilisation de la vérité. D’où la nécessité de remettre en avant la culture et la civilité. Une enquête passionnante.

Eugénie Bastié, La guerre des idées, Robert Laffont, 2021, 298 pages, 19€

L’extrait : « Avant de se lamenter sur les mensonges des populistes et la montée du complotisme, peut-être faudrait-il s’interroger sur la responsabilité des intellectuels dans cette fragilisation de la vérité. » (page 280)

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Portraits Recensions

Laure Moulin

Éditeur ‏ : ‎ Perrin (7 janvier 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 330 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262047804
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262047801
Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
Dimensions ‏ : ‎ 14 x 2.6 x 21 cm

Pourquoi faudrait-il toujours s’intéresser aux gens célèbres, aux gouvernants, à ceux qui font l’actualité ? Et ceux qui sont demeurés dans l’ombre, qu’en fait-on ? Laure Moulin a  vécu dans l’ombre de son frère Jean, le plus célèbre des résistants de la France occupée. Entre les soins à ses vieux parents, les voyages et les cours (elle était professeur d’anglais à Montpellier), elle aurait dû mener une existence bien ordinaire. Mais voilà, les événements en ont décidé autrement. Attachée indéfectiblement à la république, accablée de voir le pays occupé par les Allemands, elle ne réfléchit pas longtemps avant de prêter main forte à son frère Jean. Thomas Rabino donne l’occasion de saluer ce petit bout de femme, « résistante et sœur de héros ». Sa vie fut une vie donnée, une vie sacrifiée en grande partie à la mémoire de son illustre frère. Elle lui servit de secrétaire mais elle fut surtout celle à qui son frère se confiait. Quand on menait une vie si dangereuse, avec la Gestapo à vos trousses, avoir une confidente et une amie comme l’a été Laure était d’un grand secours.

Thomas Rabino, Laure Moulin, Perrin, 2021, 309 pages, 22€

L’extrait : « L’icône que devint Jean Moulin à la suite de panthéonisation de 1964 a longtemps occulté aux yeux du grand public des pans entiers de la Résistance et une foule de personnalités, à commencer par celle sans laquelle Moulin n’aurait pu être le héros que l’on connaît. » (p. 15)

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Littérature Recensions

Dictionnaire des mafias et du crime organisé

Éditeur ‏ : ‎ Perrin (28 janvier 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 432 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262041156
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262041151
Poids de l’article ‏ : ‎ 550 g
Dimensions ‏ : ‎ 14.1 x 6 x 21 cm

C’est un tour du monde de l’industrie du crime et de ses dérivés (trafics en tous genres, prostitution, etc.) auquel nous invite Philippe Di Folco. Avec toutefois une insistance mise sur l’installation de la mafia italienne dans le Nouveau Monde, celle qui a fait les beaux jours des films de Martin Scorcese (cf. Casino). A travers la biographie des personnages qui défilent, comme ceux de Lucky Luciano ou Meyer Lansky, apparaît la lutte implacable entre Irlandais et Italiens alliés à quelques juifs pour faire main basse sur l’économie souterraine (maisons de jeux, vente d’alcool, prostitution). Et lorsque ces groupes se font la guerre, on dénombre les morts par centaines, la fin dépassant de loin les moyens mis en œuvre. A noter, le coup de chapeau que l’auteur adresse aux autorités italiennes : « On accable beaucoup l’Italie comme étant ingérable, mais ce pays […] a su montrer un courage extraordinaire, un sens du sacrifice et du devoir pour restaurer l’Etat de droit et ce depuis l’assassinat du juge Falcone en 1992. » Bref, une somme complète sur un thème ô combien original et peu traité.

Philippe Di Folco, Dictionnaire des mafias et du crime organisé, Perrin, 2021, 427 pages, 24€

L’extrait : « Par la force, Escobar reprend l’empire qui rapportait à Blanco en 1980 un milliard de dollars par an. La connaissance du maquis colombien et sa volonté d’être avec et pour le peuple constituent le principal atout d’Escobar et le point faible de la DEA. » (p. 143)

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Histoire Recensions

Les maréchaux de Staline

Éditeur : Perrin; Illustrated édition (21 janvier 2021)
Langue : Français
Broché : 600 pages
ISBN-10 : 2262085382
ISBN-13 : 978-2262085384
Poids de l’article : 760 g
Dimensions : 16.5 x 3.7 x 24 cm

Sur les 38 maréchaux que Staline a nommés, 15 sont présentés, figures très diverses allant des plus connus, comme Joukov et Koniev, aux plus obscurs comme Koulik ou Egorov. Quelles conclusions peut-on tirer de cette lecture passionnante ? Que la plupart de ces militaires ont connu la guerre civile, généralement combattant dans les rangs des armées rouges. Certains – Joukov et Chapochnikov – étaient des soldats du tsar. A la tête de leurs troupes, la plupart avaient peu de considération sur le bien-être et la vie du simple troupier. Il y avait les colériques, les irascibles qui, comme Joukov, n’hésitaient pas à frapper leurs subordonnés. Plus rares étaient ceux, comme Govorov, qui avaient le souci de la vie du soldat ou qui, comme Chapochnikov, possédaient les manières anachroniques propres à l’ancien monde. La venue du communisme a imposé une brutalisation qui a englobé l’ensemble de la société et l’Armée rouge n’y a pas échappé. Il n’était pas étonnant, dans ces conditions, de voir des maréchaux qui, tout en ayant le droit de vie et de mort sur des centaines de milliers d’hommes, trembler devant le maître du Kremlin, détenteur d’un pouvoir rarement vu dans l’histoire.

Jean Lopez & Lasha Otkhmezuri, Les maréchaux de Staline, Perrin, 2021, 534 pages, 25 €

L’extrait : « En infligeant des défaites à Vorochilov, Boudienny et Timochenko, les Allemands ont déblayé la route  pour Rokossovski, Koniev, Bagramian et Tcherniakhovski. » (p. 19)