La guerre des intelligences

Broché : 250 pages
Editeur : JC Lattès (4 octobre 2017)
Collection : Essais et documents
Langue : Français
ISBN-10 : 2709660849
ISBN-13 : 978-2709660846
Dimensions : 22,5 x 2,7 x 14 cm

 La guerre des intelligences

 

Pour Laurent Alexandre, il ne fait pas de doute que l’on ne pourra échapper au développement rapide et inéluctable de l’intelligence artificielle. On se fera une petite idée du basculement qui risque de s’opérer quand on songe que vers la fin du XXI° siècle il est possible que les machines aient conscience de n’être… que des machines. Ce serait une révolution majeure. Le but de Laurent Alexandre est de faire prendre conscience du changement de civilisation qui va arriver. D’après lui, il ne faut pas s’en effrayer. Tout au moins nous faut-il prendre conscience de la place grandissante de l’intelligence artificielle dans nos vies. Pour l’auteur, si l’homme veut rester concurrentiel, il lui faut dompter l’intelligence artificielle, s’en servir afin de toujours conserver un temps d’avance. Il imagine par exemple l’appoint de l’IA en matière d’éducation. Pourquoi ne pas s’en servir pour doper notre intelligence et augmenter notre QI ? Ce disant, l’auteur laisse entrevoir les bouleversements moraux et éthiques qui vont advenir. Que deviendront ceux qui refusent de booster leur QI en augmentant leurs capacités par des puces ou des connexions ? Si l’auteur demeure serein, il y a de quoi effrayer ceux qui estiment proche la venue du « meilleurs des mondes ».

Laurent Alexandre, La guerre des intelligences, J.-C. Lattès, 2017, 339 pages, 20.90€

L’extrait : « Dans les livres d’histoire, le XX° siècle fera figure de période assez calme et terne – quoique pleine de bruit et de fureur – comparée au siècle suivant. Une simple période vers une période d’accélération qui va laisser l’humanité clouée sur son siège. » (p.14)

 

 

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Joe Kennedy

Broché : 400 pages
Editeur : Perrin (7 juin 2018)
Langue : Français
ISBN-10 : 2262044511
ISBN-13 : 978-2262044510
Dimensions : 14,1 x 3,1 x 21,1 cm

Joe Kennedy

 

L’histoire de Joseph Kennedy, père entre autres du Président John Fitzgerald, a tout de la fabuleuse histoire des self made men propre aux Etats-Unis d’Amérique, l’aventure d’immigrants irlandais partis de rien et qui, en trois courtes générations, vont devenir riches et puissants. Tour à tour financier, producteur à Hollywood, ambassadeur en Grande-Bretagne, Joe Kennedy ne tarde pas à monter à toute vitesse l’échelle de la réussite. Pour ce faire, il ne regarde pas trop à la manière, n’hésitant pas à traficoter avec la Mafia, à tromper et à trahir ses interlocuteurs pour le bien-fondé de ses intérêts… Père d’une famille nombreuse, patriarche que nul ne doit s’aviser de contester, sa vie ressemble à un tourbillon. Engagé dans de nombreuses affaires, additionnant les conquêtes féminines, son faramineux succès lui donne des ambitions politiques. Bien qu’ayant peu de convictions, il alterne ses préférences politiques au gré de ses intérêts. Il ne compta pas pour rien dans la victoire de son fils Jack (JFK) à la présidence de la première puissance mondiale. Mais, on le sait, la Roche tarpéienne est proche du Capitole. En même temps qu’il accumule les succès, ou ceux de ses proches, une sorte de malédiction frappe la famille Kennedy, la moitié de sa progéniture disparaissant précocement, dans des accidents ou des attentats. Une biographie passionnante.

Georges Ayache, Joe Kennedy, Perrin, 2018, 400 pages, 23.50€

L’extrait : “Joe ne se contenta pas d’être un arriviste cynique, plus entreprenant, mais aussi plus affligé de défauts que bien d’autres. Il vira démiurge, jouant avec le destin jusqu’à rêver de le forcer, tout comme tenteraient de le faire plus tard, pour leur malheur, ses trois fils aînés. » (p. 11)

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Comment notre monde a cessé d’être chrétien

Broché : 288 pages
Editeur : Le Seuil (1 février 2018)
Collection : La Couleur des idées
Langue : Français
ISBN-10 : 2021021297
ISBN-13 : 978-2021021295
Dimensions : 14,1 x 2 x 20,6 cm

 Comment notre monde a cessé d’être chrétien

 

Du concile Vatican II et de ses suites, il ne pouvait, jusqu’à présent, s’agir que d’un monde en blanc ou en noir. Conciliaire, on ne trouvait au concile et à ses suites que des mérites ; traditionaliste, on jugeait avec mépris ses imprudences. En historien et en sociologue, Guillaume Cuchet donne du concile une nouvelle approche. Autant il juge qu’il a été nécessaire, autant il pense que l’analyse de ses fruits a été biaisée. Dans une première partie, l’auteur dresse l’état de l’Eglise dans la France de l’après-guerre à partir de l’enquête sociologique réalisée par le chanoine Fernand Boulard ; le taux de pratique se situe alors autour de 45 %. 1965, l’année de la dernière session du concile, marque selon l’auteur le début de l’effondrement dans lequel l’Eglise se débat encore. Au-delà des dates et du constat, ce qui attire l’attention dans le livre de G. Cuchet est l’examen qu’il fait des causes de la rupture. Insistons : chez lui, pas de critique quant à la nécessité du concile ainsi qu’à l’égard des textes. Ce sont plutôt les facteurs psychologiques qui ont joué. Avec un niveau d’exigence orienté à la baisse, une mise en sourdine de la pastorale des fins dernières et la désinstallation d’un système séculaire, le contrecoup allait être inéluctable. Comme l’écrit l’auteur, « la sortie de la culture de la pratique obligatoire sous peine de péché mortel a joué un rôle capital » (p. 213)

Guillaume Cuchet, Comment notre monde a cessé d’être chrétien, Seuil, 2018, 283 pages, 21€

L’extrait : « J’aurais tendance à dire personnellement que le concile a non pas provoqué la rupture (en ce sens qu’elle n’aurait pas eu lieu sans lui), mais qu’il l’a déclenchée tout en lui donnant une intensité particulière. » (p. 272)

 

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Les marchands de nouvelles

Broché : 528 pages
Editeur : L’artilleur (24 octobre 2018)
Collection : TOUC.ESSAIS
Langue : Français
ISBN-10 : 2810008469
ISBN-13 : 978-2810008469
Dimensions : 14 x 3,6 x 22 cm

 Les marchands de nouvelles

D’aucuns pourraient trouver ce sous-titre exagéré. Evidemment, les grandes chaînes de TV ou de radio, de même que les grands titres de la presse écrite, sont à mille lieues de la propagande de la Russie stalinienne ou de l’Allemagne hitlérienne. Le Monde n’est pas la Pravda. Il n’empêche. A force de cultiver une sorte d’entre-soi parisien, beaucoup de journalistes racontent le monde non pas tel qu’il est mais comme ils voudraient qu’ils soient. En pointant quelques problèmes contemporains  comme la question du réchauffement climatique, I. Riocreux explique la façon dont les journalistes les plus zélés « se croient investis d’une mission de conversion des masses » (p. 421-422), si bien qu’au bout du compte il devient très difficile de présenter la thèse contraire sous peine de passer pour un rétrograde impénitent. Le sentiment domine que certains se sont  donnés comme mission de rééduquer un peuple susceptible de penser de travers. Au fond, la question que soulève l’auteure tient dans cette phrase : comment les grands médias, généreusement subventionnés par l’argent public, ont-ils le front de considérer lecteurs, auditeurs et téléspectateurs pour des imbéciles, ou au mieux pour des naïfs pensant mal ?

Ingrid Riocreux, Les marchands de nouvelles, L’Artilleur, 2018, 524 pages, 22€

L’extrait : « Considérer celui qui se rend coupable  de déviance par rapport à la morale officielle comme un « fou » traduit une forme de bienveillance à son égard. Il n’est pas méchant, il est seulement malade, et un malade on le soigne. » (p. 449)

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Speer, l’architecte d’Hitler

Broché : 592 pages
Editeur : Perrin (5 octobre 2017)
Collection : Domaine étranger
Langue : Français
ISBN-10 : 2262065616
ISBN-13 : 978-2262065614
Dimensions : 16,5 x 4,5 x 24 cm

 Speer, l’architecte d’Hitler

Par cette copieuse biographie, Martin Kitchen s’est donné la tâche de déconstruire le mythe du « bon nazi ». Ce mythe, Albert Speer l’a entretenu à partir de la condamnation qui lui a été infligée au procès de Nuremberg. Cependant, au terme d’une enquête fouillée, M. Kitchen met à jour les mensonges et affabulations d’un Speer qui, fondamentalement, n’a jamais renié ses anciennes amitiés, lui qui des années fut le confident et le protégé d’Adolf Hitler. Si Speer a échappé à la potence en 1946, c’est parce qu’il a su jouer à fond l’image de l’organisateur patriote, mettant le paquet pour défendre son pays, apolitique et ignorant pratiquement tout des ignominies commises par le régime. Beaucoup, dans le camp des vainqueurs, étaient admiratifs des prouesses réalisées par le Reich sous la houlette de Speer. Or, les preuves amassées par M. Kitchen montrent qu’au contraire Speer, ministre de l’Armement, avait connaissance de l’œuvre destructrice entreprise par le régime. En 1945, il a pris conscience de l’intérêt du peuple allemand en hâtant la fin de la guerre ; cela ne suffit pas à l’absoudre de sa participation aux actes effroyables commis par le régime.

Martin Kitchen, Speer, L’architecte d’Hitler, Perrin, 2017, 638 pages, 27€

L’extrait : « Il se laissait parfois aller à reconnaître  que son apparence de prophète rongé par le remords de conscience, dans le monde impitoyable de la technique, était un stratagème. » (p. 535)

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Sortir du chaos

Broché : 528 pages
Editeur : Gallimard (18 octobre 2018)
Collection : Esprits du monde
Langue : Français
ISBN-10 : 2072770475
ISBN-13 : 978-2072770470
Dimensions : 22 x 3,2 x 15 cm

 Sortir du chaos

Grand connaisseur du monde musulman et du Moyen-Orient, Gilles Kepel raconte les derniers événements qui vont orienter pour quelques années la destinée de pays comme la Tunisie, l’Egypte, la Syrie ou l’Irak, des printemps arabes à la fin de l’Etat islamique au Levant. Sur fond de réislamisation de la société, il décrit combien démocrates et républicains sont à la peine dans des sociétés minées par la corruption née de la rente pétrolière. Bien sûr, d’un pays à l’autre, les situations ne sont pas identiques. Le cas tunisien a par exemple peu en commun avec la guerre civile en Syrie. Cependant, des constantes demeurent : le poids de la religion et de l’armée, la fragilité des corps intermédiaires, la fragmentation des oppositions, etc. Dans cet Orient décidément très compliqué, multiples sont les lignes de fracture. La première est celle qui oppose sunnites et chiites. Les premiers, majoritaires, connaissent de graves divisions (Qatar vs. Arabie Saoudite par exemple). Il faut compter aussi sur les désirs locaux d’autonomie (cas du Kurdistan, turc, syrien et irakien). Bref, le Moyen-Orient ressemble à un puzzle, à un écheveau d’une rare complexité.

Gilles Kepel, Sortir du chaos, Gallimard, 2018, 514 pages, 22€

 

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Massu

Broché : 544 pages
Editeur : Perrin (22 mars 2018)
Collection : Biographie
Langue : Français
ISBN-10 : 226207514X
ISBN-13 : 978-2262075149
Dimensions : 15,6 x 3,2 x 24,1 cm

 Massu

Du général Massu, bien des Français ont gardé une l’image négative du vainqueur de la bataille d’Alger, du militaire qui n’avait pas hésité à légitimer la torture afin de briser la rébellion orchestrée par le FLN. Dans un récit enlevé, Pierre Pellissier fait justice de l’image brutale longtemps accolée à Jacques Massu. Si les premiers chapitres, ceux de l’apprentissage du métier des armes en métropole et dans les colonies, sont brefs, l’insistance est mise sur son action durant la Seconde Guerre mondiale, dans les rangs de la France Libre, et pendant la Guerre d’Algérie. Gaulliste de cœur et de raison, Massu croyait possible la conservation des départements algériens. Comme beaucoup, sur le coup, il a jugé incompréhensible l’intention du Général de Gaulle revenu au pouvoir. Il s’est en fallu de peu pour qu’il ne tombe dans la rébellion. En le rappelant en métropole, De Gaulle marquait bien son intention de dire aux militaires que le chef c’était lui. Mais, quelques années plus tard, en en faisant le chef de l’Armée française en Allemagne, le Président de la République récompensait un fidèle serviteur de l’Etat et de la République.

Pierre Pellissier, Massu, Perrin, 2018, 478 pages, 24€

L’extrait : « Il devient plus que jamais l’homme qui a voulu la torture pendant la bataille d’Alger. Aucun de ses détracteurs ne veut entendre ce qu’il a toujours affirmé […] : que cette pratique […] l’a précédé et l’a suivi. Il ne s’y est jamais ni habitué ni résigné […] » (page 432)

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