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La malédiction de la droite

Broché : 416 pages
Editeur : Perrin (7 novembre 2019)
Langue : Français
ISBN-10 : 2262077193
ISBN-13 : 978-2262077198
Dimensions : 15,1 x 3,6 x 22,6 cm

Sous-titré « 60 ans de rendez-vous manqués », le livre de Guillaume Tabard relate l’histoire d’une famille politique qui, non seulement ne s’aime pas, mais donne trop souvent l’impression de ne pas avoir d’idées directrices et de trahir ses électeurs. En dix-neuf chapitres, qui sont autant de dates (du 3 novembre 1959, lorsque de Gaulle chasse Pinay du gouvernement au 26 mai 2019, date du pari perdu de Laurent Wauquiez aux Européennes), Guillaume Tabard dresse magistralement les échecs et reniements d’une droite qui, finalement, ne s’est jamais remise, premièrement, de l’emprise idéologique d’une gauche incarnant le camp du bien et, deuxièmement, de Vichy. Souvent majoritaire en terme de voix, la droite républicaine est toujours parvenu à décevoir à ses électeurs, à trahir ses engagements, à susciter des bagarres entre ses chefs. Aujourd’hui encore, alors même que le pays penche à droite, elle réussit l’exploit de saborder aussi bien ses convictions que les efforts mis à se reconstruire.

Guillaume Tabard, La malédiction de la droite, Perrin, 2019, 470 pages, 24€

 

L’extrait : « …tout comme l’union de la gauche a conduit le PCF de bataillons entiers au profit du PS, la mise au ban du FN a produit l’effet inverse de lui adjoindre des troupes qui constituaient le socle classique de la droite. » (p. 316)

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Leurre et malheur du transhumanisme

Broché : 196 pages
Editeur : Desclée De Brouwer (3 octobre 2018)
Collection : DDB.ESSAIS
Langue : Français
ISBN-10 : 2220095517
ISBN-13 : 978-2220095516
Dimensions : 13 x 1,5 x 19 cm

Parmi la production livresque hostile au transhumanisme, l’ouvrage d’Olivier Rey se situe en bonne place. Alors que beaucoup sont réticents à faire le saut dans une société où la technologie sera reine et étendra ses rets à l’ensemble des activités humaines, le transhumanisme a inventé des ruses de guerre lui permettant d’amortir les bouleversements qui viennent, par exemple en diffusant la fable selon laquelle il est inutile de lutter contre le progrès et que, les véritables changements étant devant nous, il n’y a pas à s’inquiéter des changements qui ont déjà lieu. Or, écrit O. Rey, ces mutations signent le déjà-là du transhumanisme. Pour le dire autrement, « même ceux à qui le transhumanisme répugne subissent ses effets », parce que l’énergie qu’ils mettent à le critiquer « est souvent autant d’énergie qu’ils ne mettent pas à s’opposer à ce qui s’accomplit à présent » (p. 49). On ne s’en pas compte mais, par bien des côtés, le transhumanisme signe le triomphe post-mortem des théories nazies les plus mortifères. La seule différence, c’est qu’on le fait au nom des droits de l’homme et de l’épanouissement dont tout un chacun a droit.

Olivier Rey, Leurre et malheur du transhumanisme, Desclée de Brouwer, 2018, 194 pages, 16.90€

 

L’extrait : « … prôner le développement technologique sans limite, tout en prétendant  que la démocratie saura prévenir les dérives (…) est une plaisanterie sinistre. » (p. 123)

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La philosophie devenue folle

Broché : 400 pages
Editeur : Grasset (19 septembre 2018)
Collection : essai français
Langue : Français
ISBN-10 : 2246811937
ISBN-13 : 978-2246811930
Dimensions : 14 x 2,6 x 20,5 cm

La lecture du livre de Jean-François Braunstein nous introduit dans un monde de fous. Il faut avoir le corps et l’esprit bien accrochés quand on sait à quelles extrémités des dingues veulent mener le monde. Comme chez ces apprentis sorciers il n’y a plus de limites, tout devient possible : Faire l’amour avec un animal, pas de problème ! Vous faire couper un membre qui vous gêne, pourquoi pas ! Quant au genre, masculin ou féminin, bah ! il a peu d’importance au final. Enfin, au bout du chemin, il faut s’occuper de faire mourir l’autre dans la dignité, en déterminant si sa vie doit se prolonger parce qu’elle ne vaut peut-être pas la peine d’être vécue. C’est le meilleur des mondes dans sa version trash, un monde ayant jeté par-dessus bord des siècles de civilisation, un monde impitoyable à l’égard des plus faibles, voilà ce que décrit et annonce J.-F. Braunstein. Que proposent les docteurs Frankenstein dont l’auteur décrit les travaux ? Tout simplement renverser l’ordre du monde. Au catalogue de leurs idées : la possibilité de dépasser le masculin et le féminin pour inventer son propre genre, donner toujours plus de droits aux animaux, banaliser les morts en disant qui a le droit oui pas de vivre. Merci à J.-F. Braustein de nous avertir du danger.

Jean-François Braunstein, La philosophie devenue folle, Grasset, 2018, 394 pages, 20.90 €

L’extrait : « Amputomanie, zoophilie, eugénisme, ce n’est là qu’un petit échantillon des questions qui se posent lorsque sont changées radicalement les définitions du sexe et du corps, lorsqu’est effacée la frontière entre l’homme et l’animal, lorsqu’on admet que toutes les vies n’ont pas la même valeur. » (p. 12)

 

 

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La guerre au français

Broché : 130 pages
Editeur : Les éditions du Cerf (23 mars 2018)
Collection : ACTUALITE
Langue : Français
ISBN-10 : 2204126764
ISBN-13 : 978-2204126762
Dimensions : 12,6 x 1,3 x 19,6 cm

Le livre un peu coup de gueule de Marie-Hélène Verdier tombe à pic tant la langue de Molière risque de partir en capilotade si l’on n’y prend garde. Il n’est qu’à entendre le discours propagé sur les ondes, à la télévision, à la radio, pour constater les dommages irréparables qui lui ont été causés. Certains intellectuels de la trempe d’un Renaud Camus ou d’un Alain Finkielkraut tentent bien de réagir, mais il est presque trop tard. Inculture, mauvais usage et conformisme s’allient dans ce qui s’apparente à une déconstruction. Regardez, par exemple, à quel point la mode des « c’est vrai que », « en fait » et autres « du coup » ont affadi les singularités d’une langue célèbre et célébrée pour son art de la nuance et la richesse de son vocabulaire. A cela il faut ajouter, ce que fait brillamment Marie-Hélène Verdier, les ravages créés par le langage dit inclusif, cette manie grotesque de féminiser des mots qui, durant des siècles, étaient englobants. L’auteur de ce petit livre montre, si besoin était, que l’idéologie ne fait jamais bon ménage avec les subtilités d’une langue.

Marie-Hélène Verdier, La guerre au français, Cerf, 2018, 133 pages, 12 €

L’extrait : « Et pas trop d’éveil : c’est du temps perdu. Les enfants ne le sont que trop, éveillés. A l’école, on transmet. » (p. 118)

 

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Le grand abandon : Les élites françaises et l’islamisme

Broché : 576 pages
Editeur : L’artilleur (26 septembre 2018)
Collection : TOUC.ESSAIS
Langue : Français
ISBN-10 : 2810008353
ISBN-13 : 978-2810008353
Dimensions : 14 x 3,8 x 22 cm

L’abandon dont il s’agit est la renonciation à défendre la France, ce qu’elle a été et ce qu’elle est, refus opéré depuis trente à quarante ans par les élites économiques et politiques. Le général de Gaulle avait prévenu qu’il était impossible de mélanger de l’eau et de l’huile dans le même récipient ; il faisait bien sûr allusion à la guerre d’Algérie, dont la fin lui semblait la seule solution raisonnable. Ignorantes de l’histoire, déculturées, les élites actuelles ont opté pour une politique de gribouille visant à accueillir le plus largement possible. Aujourd’hui notre pays semble dans une impasse. Comment allons-nous aborder le futur avec d’un côté des lois de plus en plus libérales, notamment en matière d’éthique comme la PMA, et de l’autre des populations plus que jamais tentées par un islam rigoriste ? Ce choc entre l’eau et le feu, Yves Mamou en prend la mesure en expliquant les raisons et la manière avec lesquelles les élites ont abandonné le peuple français, lequel doit composer avec la désindustrialisation, l’appel à la consommation frénétique, les lois mémorielles, etc… et la montée d’un islam toujours plus revendicatif.

Yves Mamou, Le grand abandon, L’Artilleur, 2018, 571 pages, 22 €

L’extrait : « Comment des transformations aussi radicales ont-elles pu se produire  en France et en Europe sans débat politique citoyen, ni consultation des électeurs ? » (p. 10)

 

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No society

Poche : 256 pages
Editeur : FLAMMARION
Collection : Champs actuel
Langue : Français
ISBN-10 : 2081451808
ISBN-13 : 978-2081451803
Dimensions : 11 x 1,2 x 17,7 cm

Un livre signé Christophe Guilluy est toujours un événement. La réflexion de fond ne change pas : à côté des grandes métropoles, à l’aise dans le bain de la mondialisation, la France périphérique tente vaille que vaille de tirer son épingle du jeu. Cette France des petites villes et du monde rural, c’est aussi la France populaire et celle des classes moyennes. Alors que notre pays a tant de mal à faire société, que le communautarisme menace, que des pans entiers du territoire se trouvent en voie de délitement, le bon sens voudrait que l’on choie la classe moyenne. Pourquoi ? Parce que c’est la classe modèle, celle que regardent ceux qui veulent s’intégrer. Or, « en détruisant économiquement et culturellement l’ancienne classe moyenne occidentale, et notamment son socle populaire, la classe dominante a créé les conditions de l’explosion des sociétés occidentales » (p. 82)  C’est l’existence de la classe moyenne qui peut pousser le nouvel arrivant à adopter des codes et une posture qui lui sont naturellement étrangères. Une société se trouve en capacité d’intégrer dans la mesure où elle est portée par un modèle culturel dominant. Le mépris des classes privilégiées pour les classes populaire et moyenne risque de signer la disparition progressive du bien commun. Décapant !

Christophe Guilluy, No society, Flammarion, 2018, 242 pages, 18€

L’extrait : “Ce mépris des nouvelles classes dominantes et supérieures pour leur propre peuple est à l’origine de l’éclatement des sociétés. » (p. 85)

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Les Sentinelles d’humanité

Broché : 300 pages
Editeur : Desclée De Brouwer (8 janvier 2020)
Collection : DDB.PHILOSOPHIE
Langue : Français
ISBN-10 : 2220096548
ISBN-13 : 978-2220096544
Dimensions : 14 x 1,9 x 21 cm

A travers le filtre de cette « philosophie de l’héroïsme et de la sainteté », l’auteur se demande ce que les saints et héros ont à dire à notre époque, la façon dont ils sont perçus et ainsi de suite. Autant dire que les figures du saint et du héros d’autrefois ne sont plus celles que notre époque honore. Il n’est même pas certain que les héros d’hier conservent quelque signification pour nos contemporains, blasés et lessivés qu’ils sont par un bourrage de crâne renversant toutes les valeurs. Sur le marché contemporain, le saint ne pèse pas lourd, bien moins en tout cas que le sportif ou le chanteur à succès.  Chez les saints et les héros – mais aussi chez un colonel Beltrame -, ce qui domine ce sont des valeurs comme l’oubli de soi, la parole donnée, la fidélité, le sacrifice poussé à son paroxysme. Au bout du chemin, c’est la mort, parfois l’oubli, qui les attendent. Au terme d’une réflexion poussant ses pointes dans de multiples directions, l’auteur se demande si notre temps est capable d’engendrer une sainte Thérèse d’Avila ou un général de Gaulle, tant « l’intempestivité du héros et du saint semble plus grande que jamais » (p. 124) Notre monde secrète une haine du héros et du saint qui tient à la place prééminente du « moi despote de nos contemporains ».

Robert Redeker, Les Sentinelles d’humanité, Desclée de Brouwer, 2019, 287 pages, 19.90 €

L’extrait : « Le faux héros gagne, accumule, le héros et le saint se précipitent vers la perte. » (p. 99)

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Décroissance ou toujours plus ?

Broché : 204 pages
Editeur : Pierre-Guillaume de Roux Editions (5 avril 2018)
Collection : PGDR EDITIONS
Langue : Français
ISBN-10 : 2363712374
ISBN-13 : 978-2363712370
Dimensions : 14 x 1,7 x 22,5 cm

Les dégâts infligés à notre planète sont si graves qu’il est plus urgent que jamais de réfléchir à l’avenir de notre espèce. Qu’en donc se débarrassera-t-on une bonne fois pour toutes de ce court-termisme mortifère ? Les hommes sont tellement gavés de croissance qu’ils n’arrivent pas à imaginer une autre suite à leur histoire que celle consistant à vouloir toujours plus. Pour éviter d’avoir à utiliser le mot de décroissance, un mot qui fait peur ou qui chagrine, on a inventé un oxymore : la croissance verte ou la croissance durable. Le gros problème de cette fameuse croissance verte, que l’on tait à longueur de journée, c’est que pour faire du propre il faut souvent faire du sale, l’exemple le plus visible étant les éoliennes. Halte au feu, la planète n’en peut plus ! C’est la raison pour laquelle Alain de Benoist privilégie la piste de la décroissance, la seule, face au massacre de la nature et à l’épuisement des ressources naturelles, est en mesure de nous tirer de l’ornière. Et, poursuit-il, « de répondre à la crise du sens que traversent des sociétés industrialisés ayant perdu tout repère. » (p. 33)

Alain de Benoist, Décroissance ou toujours plus ?, Pierre-Guillaume de Roux, 2018, 205 pages, 23.90€

L’extrait : « La cause fondamentale des problèmes écologiques n’est ni économique ni technique, mais fondamentalement politique et surtout idéologique. » (p. 22)

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Les marchands de nouvelles

Broché : 528 pages
Editeur : L’artilleur (24 octobre 2018)
Collection : TOUC.ESSAIS
Langue : Français
ISBN-10 : 2810008469
ISBN-13 : 978-2810008469
Dimensions : 14 x 3,6 x 22 cm

D’aucuns pourraient trouver ce sous-titre exagéré. Evidemment, les grandes chaînes de TV ou de radio, de même que les grands titres de la presse écrite, sont à mille lieues de la propagande de la Russie stalinienne ou de l’Allemagne hitlérienne. Le Monde n’est pas la Pravda. Il n’empêche. A force de cultiver une sorte d’entre-soi parisien, beaucoup de journalistes racontent le monde non pas tel qu’il est mais comme ils voudraient qu’ils soient. En pointant quelques problèmes contemporains  comme la question du réchauffement climatique, I. Riocreux explique la façon dont les journalistes les plus zélés « se croient investis d’une mission de conversion des masses » (p. 421-422), si bien qu’au bout du compte il devient très difficile de présenter la thèse contraire sous peine de passer pour un rétrograde impénitent. Le sentiment domine que certains se sont  donnés comme mission de rééduquer un peuple susceptible de penser de travers. Au fond, la question que soulève l’auteure tient dans cette phrase : comment les grands médias, généreusement subventionnés par l’argent public, ont-ils le front de considérer lecteurs, auditeurs et téléspectateurs pour des imbéciles, ou au mieux pour des naïfs pensant mal ?

Ingrid Riocreux, Les marchands de nouvelles, L’Artilleur, 2018, 524 pages, 22€

L’extrait : « Considérer celui qui se rend coupable  de déviance par rapport à la morale officielle comme un « fou » traduit une forme de bienveillance à son égard. Il n’est pas méchant, il est seulement malade, et un malade on le soigne. » (p. 449)

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Sortir du chaos

Broché : 528 pages
Editeur : Gallimard (18 octobre 2018)
Collection : Esprits du monde
Langue : Français
ISBN-10 : 2072770475
ISBN-13 : 978-2072770470
Dimensions : 22 x 3,2 x 15 cm

Grand connaisseur du monde musulman et du Moyen-Orient, Gilles Kepel raconte les derniers événements qui vont orienter pour quelques années la destinée de pays comme la Tunisie, l’Egypte, la Syrie ou l’Irak, des printemps arabes à la fin de l’Etat islamique au Levant. Sur fond de réislamisation de la société, il décrit combien démocrates et républicains sont à la peine dans des sociétés minées par la corruption née de la rente pétrolière. Bien sûr, d’un pays à l’autre, les situations ne sont pas identiques. Le cas tunisien a par exemple peu en commun avec la guerre civile en Syrie. Cependant, des constantes demeurent : le poids de la religion et de l’armée, la fragilité des corps intermédiaires, la fragmentation des oppositions, etc. Dans cet Orient décidément très compliqué, multiples sont les lignes de fracture. La première est celle qui oppose sunnites et chiites. Les premiers, majoritaires, connaissent de graves divisions (Qatar vs. Arabie Saoudite par exemple). Il faut compter aussi sur les désirs locaux d’autonomie (cas du Kurdistan, turc, syrien et irakien). Bref, le Moyen-Orient ressemble à un puzzle, à un écheveau d’une rare complexité.

Gilles Kepel, Sortir du chaos, Gallimard, 2018, 514 pages, 22€