Catégories
Actualités Recensions

La guerre des idées

Éditeur ‏ : ‎ Robert Laffont (11 mars 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 312 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2221252942
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2221252949
Poids de l’article ‏ : ‎ 400 g
Dimensions ‏ : ‎ 13.6 x 2.6 x 21.6 cm

Avec la disparition des grands noms de la pensée à la fin du XX° siècle, on concevait le débat des idées assagi, voire endormi. Rien n’est plus faux, affirme Eugénie Bastié dans son « Enquête au cœur de l’intelligentsia française ». Ce goût pour le débat, propre aux Français, resurgit à la faveur de nouvelles questions : l’identité, l’immigration, l’islam, les lois de bioéthiques et ainsi de suite. Comme tout semble s’emballer, les controverses, elles aussi, connaissent leur acmé. Il faut compter sur l’émergence de polémistes de talent dans le camp réactionnaire, comme il faut tabler sur la prédominance de professeurs progressistes au sein de l’Université. A ce panorama passablement compliqué, il faut ajouter la diversité des outils utilisés pour diffuser les idées, par exemple les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu. Blues des libéraux, éruption du populisme, résurrection de la gauche radicale… Dans cette époque du tout médiatique, où chacun veut avoir raison, le sectarisme guette à chaque instant, entretenant chez beaucoup un rapport tordu à la vérité. Or, souligne E. Bastié, le paradoxe, c’est que les intellectuels sont pour beaucoup dans la fragilisation de la vérité. D’où la nécessité de remettre en avant la culture et la civilité. Une enquête passionnante.

Eugénie Bastié, La guerre des idées, Robert Laffont, 2021, 298 pages, 19€

L’extrait : « Avant de se lamenter sur les mensonges des populistes et la montée du complotisme, peut-être faudrait-il s’interroger sur la responsabilité des intellectuels dans cette fragilisation de la vérité. » (page 280)

Catégories
Actualités Recensions

Une guerre sans fin

Éditeur : Les éditions du Cerf (13 janvier 2017)
Langue : Français
Broché : 480 pages
ISBN-10 : 220411782X
ISBN-13 : 978-2204117821
Poids de l’article : 760 g
Dimensions : 15.5 x 3.5 x 24 cm

La guerre sans fin dont parle Pierre Lellouche est ce conflit planétaire qui oppose l’Occident à l’islamisme, un combat sans merci entre deux systèmes, deux conceptions du monde totalement antinomiques. Cette lutte possède deux faces : le front extérieur et la sécurité intérieure. Une victoire vient d’être enregistrée dans la première avec la fin de Daesh, mais elle ne sera certainement pas suffisante pour annihiler l’hydre djihadiste. Pour l’auteur, nous ne sommes qu’au début d’un processus inéluctable. L’explosion démographique que va connaître l’Afrique risque d’entraîner un mouvement migratoire susceptible d’entraîner le naufrage de la vieille Europe. Parmi tous ces migrants, une majorité de musulmans. Poser, comme le fait l’auteur, la question de savoir si demain l’Europe ne sera pas majoritairement musulmane n’est pas incongrue. Ne sommes-nous pas en effet d’assister à un bouleversement démographique et anthropologique de première grandeur ?

Pierre Lellouche, Une guerre sans fin, Cerf, 2017, 482 pages, 24 €

L’extrait : « Comme elles (les élites françaises) continuent, pour beaucoup, de nier l’autre face du drame qui commence sous nos yeux, la lente mais inexorable métamorphose du pays […] » (p. 14)

Catégories
Actualités Recensions

Théorie de la dictature

Éditeur : Robert Laffont (9 mai 2019)
Langue : Français
Broché : 234 pages
ISBN-10 : 2221241754
ISBN-13 : 978-2221241752
Poids de l’article : 300 g
Dimensions : 13.5 x 2.1 x 21.5 cm

Avec cette Théorie de la dictature, Michel Onfray poursuit son petit bonhomme de chemin dans son aversion de ce qui est en train de se mettre en place : l’individualisme forcené, la guerre de tous contre tous due à des droits de l’homme n’ayant plus de limite, la marchandisation du corps humain, la faillite de l’école, l’abandon de la culture et ainsi de suite. Ce monde qui vient, l’auteur en voit l’exacte incarnation dans l’Europe de Maastricht, la même qui est en train de faire de l’Europe une terre consacrée à la consommation et au tourisme. Cette mise en pièces de l’Etat maastrichien est toute entière conduite sous l’égide de la littérature, La ferme des animaux de George Orwell étant une prémonition du monde qui est déjà là. Comparant les livres d’Orwell avec l’état de la société occidentale, il ne fait pour l’auteur aucun doute que nous sommes entrés dans une dictature d’un type nouveau : dictature ne reposant pas sur la coercition mais sur la servitude volontaire.

Michel Onfray, Théorie de la dictature, Robert Laffont, 2019, 230 pages, 20€

L’extrait : « Qui disconviendra aujourd’hui que le portrait du totalitarisme brossé par Orwell fait songer peu ou prou à une peinture de notre époque ? La liberté y est en effet mal portée, la langue est attaquée, la vérité abolie, l’histoire instrumentalisée, la nature effacée, la haine encouragée et l’Empire est en marche. » (p. 189)

Catégories
Actualités Recensions

Le temps des gens ordinaires

Éditeur : FLAMMARION (14 octobre 2020)
Langue : Français
Broché : 208 pages
ISBN-10 : 2081512297
ISBN-13 : 978-2081512290
Poids de l’article : 140 g
Dimensions : 13.7 x 1.3 x 21 cm

En France, certains les appellent les « sans-dents », aux Etats-Unis, ils sont les « déplorables… « Ils », ce sont les gens ordinaires, les gens de peu, les Français moyens… Certains ont cru que c’en était fini des classes populaires, qu’elles appartenaient définitivement au passé. Christophe Guilluy vient ici rappeler qu’il convient de rester prudent et qu’au contraire les gens ordinaires ont plus que jamais leur mot à dire. Nous vivons un temps paradoxal. En effet, jamais l’idéologie progressiste (antiracisme, multiculturalisme, féminisme…) n’a été aussi dominante et jamais elle n’a été autant contestée par le monde d’en bas, lequel tient à son mode de vie, à ses traditions, à ses racines. Si Le temps des gens ordinaires paraît posséder moins d’unité que les ouvrages antérieurs du même auteur, comment ne pas approuver le but qu’il se donne qui est de faire en sorte que les petites gens ne soient pas oubliées ? De même, on appréciera les commentaires de l’auteur relatifs à la France d’en haut, suffisante et paternaliste.

Christophe Guilluy, Le temps des gens ordinaires, Flammarion, 2020, 200 pages, 19€

L’extrait : « Cette situation n’a débouché ni sur la guerre civile ni sur le fantasme publicitaire d’un vivre-ensemble en carton-pâte mais bien sur l’avènement d’une société nécrosée par le séparatisme et la paranoïa identitaire. » (p. 57)

Catégories
Actualités Recensions

Aux sources du malaise identitaire français

Éditeur : L’artilleur (15 janvier 2020)
Langue : Français
Broché : 224 pages
ISBN-10 : 2810009333
ISBN-13 : 978-2810009336
Poids de l’article : 260 g
Dimensions : 22 x 1.5 x 14 cm

Nous autres, Français, vivons en partie d’illusions, persuadés que nous sommes de l’universalité de notre modèle. Assurés que nos valeurs sont partout reproductibles, nous ne rêvons que d’une chose, les exporter, feignant d’ignorer les spécificités de peuples qui n’ont rien de commun avec notre histoire. A cette perte de notre superbe s’est ajoutée, selon l’auteur, l’évolution spectaculaire d’un monde où tout va de plus en plus vite. Résultat : « Notre héritage humaniste gréco-latin ne fait pas le poids face un monde qu’il n’a plus rien à faire du passé » Donc, « la civilisation française s’étiole d’être confrontée à un universalisme beaucoup plus puissant que l’universalisme républicain : celui du modèle libéral fondé sur l’homo economicus. » (p. 151) Paul-François Paoli ne fait pas que pointer les dysfonctionnements de la société française. Il donne des raisons d’espérer. Il est plus nécessaire que jamais que Gaulois et arrivants de fraîche date trouvent des référents communs. Sans eux, pas d’avenir commun.

Paul-François Paoli, Aux sources du malaise identitaire français, L’Artilleur, 2019, 220 pages, 18€

L’extrait : « L’identité est en somme tout ce qui nous reste quand nous n’adhérons plus à rien. » (p. 75)

Catégories
Actualités Recensions

L’empire du politiquement correct

Éditeur : Les éditions du Cerf (28 mars 2019)
Langue : Français
Broché : 299 pages
ISBN-10 : 220411636X
ISBN-13 : 978-2204116367
Poids de l’article : 400 g
Dimensions : 14.1 x 2.7 x 21.7 cm

C’est peu de dire que rarement la parole a été si contrôlée qu’aujourd’hui. Attention à ce que l’on dit et à ce que l’on écrit, les maîtres censeurs veillent : haro sur celui qui s’écarte un tant soit peu d’un chemin bien balisé. Désormais, place aux idées conformes à la doxa. Autant dire que des imprécateurs comme Bloy et Bernanos n’auraient pas leur place dans une société où toute pensée ne doit pas s’écarter d’une orthodoxie bâtie à coups de lois Gayssot et Taubira, orthodoxie dont s’affranchir revient à encourir la XVII° chambre du tribunal de grande instance de Paris. Pour M. Bock-Côté, il s’agit d’un « dispositif inhibiteur ayant pour vocation d’étouffer, de refouler ou de diaboliser les critiques du régime diversitaire et de l’héritage des Radical Sixties… » (p. 32). Ce dispositif « repose sur une culture de la surveillance généralisée » (p. 65). Plutôt que de se tenir à l’imprécation ou à l’amertume, l’auteur émet des idées susceptibles d’amortir les effets ravageurs du politiquement correct. Parmi celles-ci, retrouver le sens de la politique en veillant à ce que droite et gauche retrouvent leurs racines et que la majorité du peuple ne soit plus considérée comme une simple variable d’ajustement.

Mathieu Bock-Côté, L’empire du politiquement correct, Cerf, 2019, 300 pages, 20€

L’extrait : « Que faire quand le peuple d’hier, qui s’entête à ne pas se dissoudre, vote mal et de manière assez massive pour entraver ce qui est perçu comme la marche de l’histoire ? » (p. 148)

Catégories
Actualités Recensions

Hitler. Les année obscures. Mémoires

Éditeur : Perrin (19 avril 2018)
Langue : : Français
Broché : 450 pages
ISBN-10 : 2262069441
ISBN-13 : 978-2262069445
Poids de l’article : 620 g
Dimensions : 15.5 x 3.3 x 24 cm

Membre du premier cercle du dirigeant nazi, Ernst Hanfstaengl a vécu les principaux épisodes qui menèrent les nazis au pouvoir. S’il a  existé des nazis modérés, Hanfstaengl est de ceux-ci. Il voit avec effroi Hitler devenir sans cesse plus insensible et sanguinaire, s’entourant de types peu recommandables. Dès le début des années 1930 il voit la catastrophe arriver, avec des nazis prêts à s’enflammer et à bouter le feu à l’Europe entière. Dès lors il joue le tout pour le tout, tentant d’apaiser la fureur d’Hitler (« J’étais convaincu qu’Hitler était promis à une destinée exceptionnelle […] Mon erreur fut de croire qu’il pouvait s’amender » p. 160), ce qui n’eut pas l’heur de plaire à ce dernier, lequel tenta de le faire disparaître. Non seulement ce récit passionnant nous fait revivre les heures sombres des débuts du régime nazi, mais, du fait de sa proximité avec A. Hitler, Hanfstaengl était bien placé pour percevoir la personnalité diabolique de ce dernier. En refermant le livre, on se demande ce que l’homme fin et intelligent qu’il était faisait au milieu de cette clique de gangsters.

Ernst Hanfstaengl, Hitler, les années obscures, Perrin, 2018, 381 pages, 21€

L’extrait : « Ayant assisté à l’effondrement de l’Allemagne, je rêvais de la voir revenir aux valeurs confortables et traditionnelles de mes jeunes années […] Sous tout un fatras verbeux d’exagérations, c’était là – du moins je le croyais – le but que se fixait Hitler. » (p. 209)

Catégories
Actualités Recensions

Eoliennes : la face noire de la transition écologique

Éditeur : Editions du Rocher (2 octobre 2019)
Langue : : Français
Broché : 240 pages
ISBN-10 : 226810270X
ISBN-13 : 978-2268102702
Poids de l’article : 280 g
Dimensions : 13.3 x 1.9 x 20.3 cm

Alors, lorsque les ressources s’amenuisent et que le climat se dégrade, que faut-il penser des milliers d’aérogénérateurs qui, de la Pologne jusqu’au Portugal, piquètent les campagnes ? Pour Fabien Bouglé, la messe est dite, les éoliennes étant un scandale économique et écologique. Les arguments avancés par l’auteur de cet ouvrage ne manquent pas de poids. Fonctionnant par intermittence, construites à partir de métaux rares dont l’exploitation génère une effroyable pollution, nécessitant d’énormes socles de béton destinés à demeurer, créés avec des alliages difficilement recyclables, le bilan des éoliennes, au plan purement environnemental, s’avère assez catastrophique. Celles qui ont été installés durant ces dernières années ont bénéficié d’une intense propagande de la part du lobby de l’éolien. Aujourd’hui, de plus en plus de responsables et de communautés villageoises – les premières à être impactées – se révèlent hostiles à ces gigantesques mats qui enlaidissent la France. On attend la réponse des promoteurs de cette électricité verte, leur souhaitant d’avoir des arguments aussi massifs que ceux mis en avant par Fabien Bouglé.

Fabien Bouglé, Eoliennes. La face noire de la transition écologique, Editions du Rocher, 2019, 229 pages, 15.90€

L’extrait : « … des forêts sont saccagées pour installer des éoliennes, des projets sont envisagés au bord de superbes littoraux, des parcs naturels sont dénaturés au nom de ce qui s’impose aujourd’hui comme une nouvelle religion. » (p. 11)

Catégories
Actualités Recensions

Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde

Éditeur : Fayard (10 juin 2020)
Langue : : Français
Broché : 162 pages
ISBN-10 : 2213717486
ISBN-13 : 978-2213717487
Poids de l’article : 230 g
Dimensions : 13.5 x 1.1 x 21.5 cm

Philippe de Villiers revient sur la façon dont notre pays, les autorités publiques en premier lieu, ont géré la crise du coronavirus. On peut bien sûr rétorquer à l’auteur qu’il est plus facile, lorsque l’on n’est pas aux affaires, de dire ce qu’il aurait fallu faire et ce que l’on aurait pu éviter. Cela dit, P. de Villiers pose des questions dont on ne peut faire l’économie : Fallait-il vendre aux Chinois, dont on sait que leur souci de l’hygiène peut être aléatoire, un laboratoire P 4, sorte de bombe atomique bactériologique ? Pourquoi les pouvoirs publics n’ont-ils pas pris en compte les avertissements récurrents de l’Armée pour qui la crise devait fatalement arriver ? Comment se fait-il que nous soyons à ce point dépendants d’autres pays, pour les médicaments par exemple dont 90 % sont fabriqués en Chine ou en Inde ? P. de Villiers n’accuse personne nommément mais les échos de sa philippique résonnent. Les puissants et autres décideurs ont décidé d’emmener tout un pays sur la voie de la mondialisation à outrance, sans jamais vraiment demander l’avis du peuple. Après tant d’échecs, n’est-il pas normal que ce dernier demande des comptes. Les gens qui ont prôné la mondialisation et l’ouverture ont laissé un pays en friche, un peuple déboussolé, une nation désindustrialisée : ils doivent s’en expliquer.

Philippe de Villiers, Les Gaulois réfractaires… , Fayard, 2020, 155 pages, 15 €

L’extrait : « La construction européenne est, en réalité, l’antiphrase par laquelle on désigne une déconstruction de l’Europe véritable, celle de la civilisation européenne. » (p. 48-49)

Catégories
Actualités Recensions

Bloc contre bloc

Éditeur : Les éditions du Cerf (7 novembre 2019)
Langue : Français
Broché : 284 pages
ISBN-10 : 2204134112
ISBN-13 : 978-2204134118
Poids de l’article : 320 g
Dimensions : 13.7 x 2.4 x 21.1 cm

Il n’est pas certain que la victoire d’Emmanuel Macron aux Présidentielles de 2017 ait fait bouger les lignes autant qu’il le souhaitait. Au contraire, explique Jérôme Sainte-Marie, il existe en France deux blocs antagonistes qui se regardent en chiens de faïence : d’un côté la France populaire, celle d’en-bas, de l’autre la France des décideurs, des centres villes, se coulant aisément dans une mondialisation qu’elle juge heureuse. Le parallèle que dresse l’auteur entre l’état actuel du pays et la lecture qu’en faisait Marx au lendemain de la révolution de 1848 ne manque pas de pertinence ; on retrouve à presque deux siècles de distance les mêmes dynamiques : l’arrogance des classes privilégiées et la sourde colère des perdants. D’un côté les enracinés de la France périphérique, de l’autre ceux qui valorisent le changement et l’adaptation permanents. Bref, nous n’en avons pas fini avec la lutte des classes. Mais si les majorités changent les gouvernements qui se succèdent mènent peu ou prou la même politique. De cela les classes populaires ne veulent plus, mais y a-t-il encore quelqu’un pour les écouter ?

Jérôme Sainte-Marie, Bloc contre bloc, Le Cerf, 2019, 287 pages, 18€

L’extrait : « L’heure est au refus de l’histoire nationale et à l’intersectionnalité […]. Il ne s’agit plus de rechercher un monde meilleur et encore moins de changer de société, mais de libérer l’individu des dominations qu’il subit, car l’individu est considéré comme la fin et la mesure de toute chose. » (p. 97)