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Histoire Recensions

La revanche de la géographie

Éditeur ‏ : ‎ L’artilleur (16 avril 2014)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 528 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2810005826
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810005826
Poids de l’article ‏ : ‎ 660 g
Dimensions ‏ : ‎ 14 x 4.2 x 22 cm

L’ouvrage de Robert Kaplan offre deux principales parties. La première permet à l’auteur de détailler, à travers les leçons de l’histoire, la façon dont la géographie oriente l’action et la politique des nations. Si l’on met de côté telle imprécision, voire telle erreur factuelle, il n’est pas abusif de penser que l’auteur pèche par abus de déterminisme, ayant tendance à généraliser à partir de cas particuliers. D’autre part, il a tendance à minimiser les facteurs moraux et religieux, déterminants dans l’histoire des nations. A vouloir mettre les civilisations sur le même plan, il réduit à peu de choses, par exemple, la supériorité militaire et économique de l’Occident durant les derniers siècle. L’auteur semble en revanche plus à l’aise dans la partie qu’il consacre au XXI° siècle. Comment, avec lui, ne pas penser que la montée en puissance de la Chine et de l’Iran risque de recomposer nos traditionnelles cartes de géographie ?

Robert Kaplan, La revanche de la géographie, L’Artilleur, 2014, 519 pages, 25 €

L’extrait : « L’Etat russe est faible dans cette région, surtout dans les zones qui jouxtent la Chine. Mais, de l’autre côté de la frontière, il y a 100 millions de Chinois, e la densité de population est soixante-deux fois supérieure à celle de la Sibérien orientale. » (p. 305)

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Biographies Recensions

Robespierre, la vertu et la terreur

Éditeur ‏ : ‎ Perrin; Illustrated édition (25 août 2022)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 256 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262087547
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262087548
Poids de l’article ‏ : ‎ 770 g
Dimensions ‏ : ‎ 18 x 2 x 26 cm

Cette biographie d’un éminent personnage de la Révolution de 1789 est conforme à ce que l’on peut attendre de la série « La bibliothèque des illustres ». Sans fioritures, Antoine Boulant raconte comment le petit avocat originaire d’Arras est parvenu à se faire un nom parmi l’aréopage des chefs révolutionnaires. En surface, Robespierre apparaît comme un être autoritaire, ennemi du compromis, un monomaniaque engagé à fond dans le combat contre l’Ancien Régime. N’est-il pas l’un des premiers à réclamer la terreur à cor et à cri ? En mettant l’accent sur certain de ses combats, comme la fête de l’Etre Suprême, l’auteur arrive à montrer qu’en dépit de son côté très idéologue, Robespierre n’est pas tout d’une pièce.

Antoine Boulant, Robespierre, la vertu et la terreur, Perrin, 2022, 251 pages, 25 €

L’extrait : « Ignorant la réalité des difficultés matérielles du peuple et enfermé dans la défense de ses principes, Robespierre avait des événements sociaux une lecture exclusivement politique et morale. » (p. 139)

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Actualités Recensions

Covid 19 – Une autre vision de l’épidémie

Éditeur ‏ : ‎ L’artilleur (20 avril 2022)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 272 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2810011117
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2810011117
Poids de l’article ‏ : ‎ 360 g
Dimensions ‏ : ‎ 13.9 x 2.3 x 21.9 cm

Le professeur Laurent Toubiana fait partie de ces scientifiques qui ont disparu des écrans parce qu’ils tiennent un discours contraire à la pensée dominante. Le Pr Toubiana ne nie pas la réalité de l’épidémie, il pointe sa gestion calamiteuse. S’il y a eu surmortalité, elle était extrêmement faible et touchait des gens très fragiles. Les incidences sont si minimes qu’elles ne sauraient justifier les mesures de contrôle disproportionnées qui ont été prises. Les pouvoirs publics, aidés par des médias qui se sont mués en officines de propagande, ont joué à fond la carte de la peur et du catastrophisme, pour le grand bénéfice des laboratoires. La pandémie était-elle à ce point grave qu’elle nécessitait le confinement de toute une population, mesure inouïe acceptée avec une passivité que l’on croyait passée de mode ?  L’auteur pointe avec alacrité la politique sanitaire erratique qui a rendu l’hôpital malade ainsi qu’une idéologie sanitaire qu’il apparente à l’hygiénisme.

Laurent Toubiana, Covid 19. Une autre vision de l’épidémie, L’Artilleur, 2022, 269 pages, 17.90 €

L’extrait : « Le Covid a eu toutes les caractéristiques d’une virose relativement banale au regard de l’hécatombe promise et pour laquelle des mesures sanitaires disproportionnées ont été mises en œuvre. » (page 39)

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Littérature Recensions

Sibérie ma chérie

Éditeur ‏ : ‎ Gallimard Loisirs (2 novembre 2012)
Langue ‏ : ‎ Français
Relié ‏ : ‎ 144 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2742433422
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2742433421
Poids de l’article ‏ : ‎ 500 g
Dimensions ‏ : ‎ 16.2 x 1.6 x 23.1 cm

Dans un petit livre comptant plus de photos et de dessins que de textes, l’écrivain – voyageur Sylvain Tesson clame son amour pour la Sibérie. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : pas d’un livre savant passant en revue l’histoire, la géographie et la topographie de cette immense région du globe, mais de la mise en forme d’un coup de cœur. C’est bien cela, Sibérie ma chérie, comme une déclaration d’amour adressée à ce sous-continent vide d’hommes. L’auteur et ses acolytes – le photographe Thomas Goisque et le peintre Bertrand de Miollis – nous embarquent pour un voyage à la rencontre d’un pays, de ses habitants. Nature sauvage et inviolée, peuple frustre, attachant et attaché à ses traditions parmi lesquelles la religion orthodoxe et un goût prononcé pour les alcools forts. Dans ces contrées où l’hiver dure la moitié de l’année, loin de l’agitation du monde moderne, les attachements les plus simples comme les aspirations les plus hautes prennent une importance décisive.

Sylvain Tesson, Sibérie ma chérie, Gallimard, 2012, 130 p. environ, 19.90 €

L’extrait : « Je suis chez moi en Russie. Pourquoi ? Je l’ignore. Sur cette terre démesurée, écrasée par ces ciels décourageants que peignait si bien Chichkine […] je me sens un poisson dans l’eau (de vie) ».

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Histoire Recensions

Sauver l’Empire

Éditeur ‏ : ‎ Perrin; Illustrated édition (2 février 2023)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 416 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262094616
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262094614
Poids de l’article ‏ : ‎ 650 g
Dimensions ‏ : ‎ 15.6 x 3.5 x 24.1 cm

Dans l’histoire du Premier Empire, l’année 1813 correspond à la calamiteuse campagne d’Allemagne qui vit l’écroulement de la Grande Armée, accablée sous le nombre, Russes, Autrichiens, Prussiens, Suédois et principautés germaniques s’étant donné la main pour participer à la curée. Charles-Eloi Vial met en avant l’ensemble des tractations diplomatiques qui aboutirent, en fin de compte, à la fin de l’Europe napoléonienne. En effet, entre la victoire française de Dresde à la fin août et la défaite de Leipzig, mi-octobre, plus d’un mois s’écoule en discussions vaines, tentatives d’accommodements et autres tergiversations. Avant d’être une défaite militaire, la campagne d’Allemagne de 1813 doit d’abord être considérée comme une déroute diplomatique, le génie militaire de Napoléon étant incapable de s’adapter à l’esprit de compromis qui eût pu le sortir du pétrin dans lequel, par son aveugle volonté de puissance, il s’était plongé.

Charles-Eloi Vial, Sauver l’Empire, Perrin, 2023, 407 pages, 25 €

L’extrait : « En 1813, Napoléon était donc autant prisonnier de la ruse des Alliés que de lui-même, de sa propre obstination et de son hubris. »

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Histoire Recensions

Frères d’armes

Éditeur ‏ : ‎ Tempus Perrin (19 janvier 2023)
Langue ‏ : ‎ Français
Poche ‏ : ‎ 480 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262099642
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262099640
Poids de l’article ‏ : ‎ 274 g
Dimensions ‏ : ‎ 10.8 x 2.4 x 17.8 cm

Jeune soldat engagé dans le corps d’élite des marines, Eugene Sledge raconte son expérience de la guerre, notamment sa participation aux batailles de Peleliu, en 1944, et d’Okinawa un an plus tard. Dans ces combats dantesques, réalisés sur des espaces réduits, tout n’est que sang, boue, saleté et souffrance… Dans ce récit mené tambour battant, E. Sledge ne cache pas le mépris teinté de racisme du troufion américain à l’encontre de ce qu’il appelle le Jap. Par moment, les batailles pour la conquête des îles fait penser, par sa sauvagerie, à la lutte colossale menée en Russie par les Soviétiques et les Allemands. Le fanatisme du soldat japonais n’a d’égal que la froide détermination du biffin U.S. De ces mêlées meurtrières on retient l’idée que l’emploi de la bombe atomique, en 1945, était peut-être la solution la moins inappropriée pour mettre un  terme à la boucherie.

Eugene Sledge, Frères d’armes, Tempus, 2023, 562 pages, 11 €

L’extrait : « Nous nous sommes rués au sommet, en espérant que d’autres obus n’allaient pas s’abattre, mais en nous demandant qui avait été touché et en sachant qu’on allait peut-être devoir aider à transporter les blessés. » (p. 504)

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Actualités Recensions

Les Voies de la puissance

Éditeur ‏ : ‎ Odile Jacob (2 mars 2022)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 352 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2415001120
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2415001124
Poids de l’article ‏ : ‎ 500 g
Dimensions ‏ : ‎ 15.4 x 1.7 x 24 cm

Dans cet ouvrage mené tambour battant, Frédéric Encel passe en revue l’ensemble des forces qui comptent en matière de géopolitique mondiale : puissances militaires et économiques, principales religions, groupements d’Etats, organisations diverses (mafias), etc. En matière de puissance, de domination et de résilience, il n’y a pas mieux que l’Etat, lequel domine toutes les autres formes d’organisation, qu’elles soient territoriales ou non. Le livre, passionnant, se lit vite et bien. On aurait toutefois aimé que l’auteur mît davantage d’attention dans la forme. Frédéric Encel écrit comme il parle, d’où l’impression de vivacité quant au fond mais de relâchement sur la forme.

Frédéric Encel, Les voies de la puissance, Odile Jacob, 2022, 303 pages, 24.90 €

L’extrait : « Qu’on s’en félicite ou s’en désole, l’Etat a donc encore de longs et beaux jours devant lui sous ses différentes formes, tout particulièrement comme véhicule et pourvoyeur de puissance. »

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Histoire Recensions

Stalingrad

Éditeur ‏ : ‎ Perrin; Illustrated – Revised édition (26 janvier 2023)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 176 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2262102988
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2262102982
Poids de l’article ‏ : ‎ 430 g
Dimensions ‏ : ‎ 16 x 1.8 x 21 cm

On ne compte plus les livres se rapportant à la bataille de Stalingrad (hiver 1942-1943), ce Verdun sur la Volga. Le livre de François Kersaudy n’apporte pas d’informations supplémentaires sur une bataille déjà maintes fois racontées dans le détail. Néanmoins, ce petit livre traite de façon simple et pédagogique la rencontre graduelle de deux armées décidées à en découdre jusqu’à l’anéantissement de l’une d’elles. Agrémenté de photos peu connues, ce Stalingrad remplit à la perfection le souhait de son auteur : donner de cette gigantesque bataille une synthèse accessible, simple et agréable à lire. A noter : l’ouvrage comporte quelques cartes et beaucoup de photos rarement publiées.

François Kersaudy, Stalingrad, Perrin, 2023, 176 pages, 22 €

L’extrait : « C’est une suite de hasards, de rapports de force et d’erreurs de calcul qui a provoqué la concentration progressives de deux immenses armées le long des rives de la Volga […] » (p. 9)

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Histoire Recensions

La bombe atomique

Éditeur ‏ : ‎ PASSES COMPOSES (17 février 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 320 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2379331006
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2379331008
Poids de l’article ‏ : ‎ 430 g
Dimensions ‏ : ‎ 14.6 x 2.5 x 21.9 cm

Si l’humanité a su éviter les confrontations majeures depuis 1945, on le doit en grande partie à l’équilibre de la terreur engendré par la possession d’armes atomiques. Jean-Marc Le Page relate les crises qui ont ou auraient pu mettre le monde au bord du gouffre. C’est au cours des années qui courent de 1950 à 1962 que les risques furent le plus évident. Lors de chaque crise, il s’est trouvé des militaires et des politiques pour faire baisser les tensions, persuadés qu’ils étaient que l’arme nucléaire existe pour dissuader et, au besoin, négocier. Avec la prolifération, le jeu est devenu plus complexe avec tous ces Etats qui, à l’instar d’Israël ou du Pakistan, se sont dotés de l’arme ultime. D’autres, comme l’Iran, font tout pour entrer dans un cercle de moins en moins fermé. Pour les pouvoirs politiques à la tête des Supergrands, la guerre ne devait pas de produire. Avec la dissémination et la détention de la bombe par des dirigeants parfois irrationnels, le fait n’est plus aussi évident.

Jean-Marc Le Page, La bombe atomique, Passés Composés, 2021, 319 pages, 22 €

L’extrait : « La prolifération reste une menace majeure dans les régions du monde où les questions géopolitiques sont d’une grande sensibilité. Ainsi, une forme renouvelée d’équilibre de la Terreur sous-tend les relations entre l’Inde et le Pakistan […] » (p. 25)

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Littérature Recensions

Dictionnaire amoureux des arbres

Éditeur ‏ : ‎ Plon; Illustrated édition (12 mai 2021)
Langue ‏ : ‎ Français
Broché ‏ : ‎ 448 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2259251080
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2259251082
Poids de l’article ‏ : ‎ 500 g
Dimensions ‏ : ‎ 13.4 x 2.4 x 20.2 cm

S’imagine-t-on, nous autres Occidentaux, vivre dans un désert, une contrée dépouillée de ces chers amis ? Sous la plume d’Alain Baraton, les arbres deviennent des êtres vivants. L’auteur donne des exemples de stratégies mises au point par les arbres contre leurs prédateurs. Au rang des surprises existent des arbres très étonnants : le mancenillier, qu’heureusement on ne trouve pas dans nos parages, surnommé « l’arbre de la mort » car il produit des fruits mortels. Cet arbre très dangereux n’existe qu’en petite quantité ; les hommes n’ont pas songé à l’éradiquer. Il est vrai, comme dit A. Baraton, « que l’humanité en général ne détruit que ce qui rapporte. » (p. 252) L’auteur n’oublie pas de saluer la mémoire de personnages obscurs qui n’eurent de cesse de protéger les arbres ou d’en importer. Et comme il convient de ne jamais manquer une occasion de parfaire sa culture générale, on sera satisfait de connaître l’origine des noms de végétaux « qui rendent hommage à des botanistes ». Honneur, donc, à MM. Kamel (camélia), Fuschs (fuschia), Bégon (bégonia) et à tant d’autres !

Alain Baraton, Dictionnaire amoureux des arbres, Plon, 2021, 438 pages, 25€

L’extrait : « Le tachigali versicolor peut produire des fleurs jaunes au printemps, mais il est impossible de savoir à l’avance en quelle année, la seule certitude étant que, après avoir fleuri, il meurt. » (p. 357)