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Histoire Recensions

La famille royale au Temple

Broché : 500 pages
Editeur : Perrin (16 août 2018)
Langue : Français
ISBN-10 : 2262070822
ISBN-13 : 978-2262070823
Dimensions : 15,6 x 3,1 x 24,1 cm

Pour un peu, on pourrait dire : La famille royale au Temple, c’est de la petite histoire. Or,  l’auteur prouve le contraire. Lorsque ce qu’on appelle de la petite histoire se trouve à la conjonction des tensions du formidable mouvement historique qu’a été la Révolution de 89, cela devient de la grande histoire. D’emblé Charles-Eloi Vial prévient le lecteur de la portée symbolique de l’enfermement de la famille royale au Temple : « L’emprisonnement du roi et de sa famille incarne parfaitement cette montée aux extrêmes de 1792, où la révolution « bourgeoise » de 1789, portée par les élites éclairées du Tiers, de la noblesse et du clergé progressiste, fut progressivement submergée par la masse populaire […] » (p. 18) Le récit décrit tour à tour les conditions de vie déplorables dans laquelle vécut la famille royale, la vie quotidienne au sein de sa prison, la suspicion quasi-pathologique des gardiens, le procès du couple royal… La famille royale au Temple donne à voir la France divisée de ce temps-là. A travers cet emprisonnement ce qui était donné à voir, en ses prémisses, c’était la fracture séculaire qui allait diviser les Français à propos de la Révolution, version très politique de qu’Emile Poulat appelait « la guerre des deux France ».

Charles-Eloi Vial, La famille royale au Temple, Perrin, 2018, 440 pages, 25€

L’extrait : « Voulu comme le symbole de la déchéance de Louis XVI, le Temple a au contraire servi de point de ralliement à ses défenseurs. Le martyre interminable de la famille royale constituait sans doute la pire façon de mettre fin à une monarchie multiséculaire. » (p. 348)

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Biographies Recensions

Marie-Louise

Broché : 448 pages
Editeur : Perrin (18 mai 2017)
Langue : Français
ISBN-10 : 2262064105
ISBN-13 : 978-2262064105
Dimensions : 15,5 x 3,4 x 24,1 cm

 Marie-Louise

Déjà auteur des remarquables Derniers feux de la monarchie, Charles-Eloi Vial vient de frapper fort une nouvelle fois avec cette biographie de la seconde épouse de l’Empereur Napoléon, sacrée impératrice des Français en 1810. L’auteur s’applique, avec l’objectivité que lui fournit une abondante documentation, à décrire l’action d’une princesse longtemps honnie en France pour avoir abandonné son empereur de mari à la vengeance des coalisés, ardents à mettre un terme aux visée impérialistes de la Grande Nation. De fait, l’auteur réhabilite aussi bien la jeune princesse devenue impératrice que la duchesse de Parme. Sans doute fut-elle oublieuse du sort de celui qui l’avait fait montrer sur le trône mais on peut penser qu’elle lui était attachée. En France, elle joua comme il faut son rôle d’épouse et de mère. Au fond, conclut C.-E. Vial, « Marie-Louise aura donc surtout eu pour elle d’avoir toute sa vie su jouer le rôle qu’on attendait d’elle. » (p. 357)

L’extrait : « Affable, bienveillante, aimant toujours la musique et la conversation, mais malade, prématurément vieillie, comme repliée sur son chagrin et réfugiée dans ses exercices de dévotion, Marie-Louise apparaissait désormais aux visiteurs comme un aimable vestige d’un passé glorieux, définitivement révolu, mais surtout incroyablement lointain […] » (p. 336)

 

Charles-Eloi Vial, Marie-Louise, Perrin, 2017, 439 pages, 24 €

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Histoire Recensions

Les derniers feux de la monarchie

Broché : 600 pages
Editeur : Perrin (18 février 2016)
Langue : Français
ISBN-10 : 2262047588
ISBN-13 : 978-2262047580
Dimensions : 15,5 x 4,3 x 24,1 cm

 Les derniers feux de la monarchie

Sous-titré « La cour au siècle des révolutions ; 1789-1870 », le beau livre de Charles-Eloi Vial ne se résume pas à la vie et au sort des cours royales durant la période. En ce sens, le mot « monarchie » employé dans le titre paraît quelque peu équivoque, sauf à considérer que le Premier et le Second Empire étaient eux aussi des monarchies, des monarchies d’un style particulier, ayant troqué un roi contre un empereur. C’est finalement à une histoire de France que se livre Charles-Eloi Vial, une France qui se résumerait à une histoire de titres de noblesse. Il faut croire que, à ce propos, toute républicaine qu’elle soit la France dispose de quelque appétence pour la monarchie et ses fastes. A lire Charles-Eloi Vial, cet apparent paradoxe n’est pas si étonnant que cela dans la mesure où la cour, avec ce qu’elle comporte de rites et de manières, reflète assez bien l’état d’un pays. A moins que, par indisposition passagère, elle en soit l’exact opposé. La cour napoléonienne, flopée de parvenus et de militaires, répond à la première précision. Quant à la seconde, on en trouve les prodromes, de façon presque caricaturale, dans la cour du roi Louis XVI. Si certains nobles comprennent que les nuées qui s’accumulent risquent d’emporter tout ce joli monde, les plus influents agissent comme si rien de devait changer. On sait ce qu’il en est advenu. La guerre contre la Prusse en 1870, puis l’arrivée définitive de la république cinq ans plus tard ont signé l’acte de décès de la cour qui, depuis des siècles, gravitait autour du souverain. On dit que la cour est propre aux monarchies, qu’elle n’existe pas en république et ainsi de suite. En sommes-nous si sûrs ? Quoiqu’il en soit, le livre de Charles-Eloi Vial, écrit d’une plume agréable, se lit de bout en bout avec un plaisir qui ne diminue jamais.

 

Charles-Eloi Vial, Les derniers feux de la monarchie, Perrin, 2016, 579 pages, 27€