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Histoire Recensions

Churchill, stratège passionné

Broché : 280 pages
Editeur : Perrin (24 novembre 2016)
Collection : MTRE DE GUERRE
Langue : Français
ISBN-10 : 2262050473
ISBN-13 : 978-2262050474
Dimensions : 16,3 x 3,3 x 21 cm

 Churchill, stratège passionné

L’excellente collection « Maître de guerre » délaisse les militaires pour s’intéresser aux politiques. Il faut dire qu’il ne s’agit pas de n’importe quel homme politique et que celui auquel s’intéresse François Kersaudy est un être ô combien singulier. Tout, dans l’itinéraire de Winston Churchill, s’est déroulé sous le signe de l’exception. Collégien peu doué, ce descendant du grand Malborough s’intéresse tôt à la chose militaire. Aventurier et indiscipliné, il est cavalier en Inde. Quittant l’armée, le voilà reporter de guerre en Afrique du Sud durant la Guerre des Boers. Député et ministre alors qu’il a tout juste trente ans, il est Premier Lord de l’Amirauté à la déclaration de la guerre de 14-18. La suite, on la connaît… surtout ces épisodes où, tenant tête à l’Allemagne hitlérienne, il promet au peuple anglais du sang, de la sueur et des larmes. Tout au long de ce récit vivant, agrémenté de cartes et d’images toujours très significatives, François Kersaudy livre l’image d’un excentrique bon vivant, passionné par l’armée, joueur, plein d’idées, tantôt excellentes, parfois saugrenues. Doté d’une prescience extraordinaire et d’un sens de la formule faisant souvent mouche, W. Churchill connut aussi quelques ratés majeurs dus à une imagination débridée l’amenant à jouer gros sans avoir beaucoup d’atouts dans son jeu. Ce Churchill montre les multiples facettes d’un personnage dont on se demande si, par ses multiples activités, il n’a pas eu plusieurs vies. Et puis, cerise sur le gâteau, impossible de s’ennuyer en compagnie de cet amoureux du whisky soda, francophile et amateur de bons mots. On se souvient par exemple de l’exclamation qu’il poussa quand il apprit l’obtention du Prix Nobel de littérature : « Je ne savais pas que j’écrivais si bien. » F. Kersaudy dresse le portrait vivant d’un homme sacrément attachant.

 

François Kersaudy, Churchill, stratège passionné, Perrin, 2017, 443 pages, 24€

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Histoire Recensions

Les hommes de Vichy

Broché : 350 pages
Editeur : Perrin (19 janvier 2017)
Langue : Français
ISBN-10 : 2262049297
ISBN-13 : 978-2262049294
Dimensions : 15,5 x 3 x 24 cm

 Les hommes de Vichy

En spécialiste de la France des années 40, Jean-Paul Cointet a eu l’heureuse idée de synthétiser en un volume l’essentiel des informations essentielles à la connaissance des hommes qui ont entouré Pétain de 1940 à 1944, date de l’exil forcé à Sigmaringen. Bien qu’étant courts, la bonne vingtaine de portraits ici présentés donne l’essentiel des biographies d’hommes qui, tous, à des degrés divers, ont eu des comptes à rendre à la Libération. A côté des figures connues qu’étaient Laval ou de Brinon, l’auteur a tenu à présenter des hommes qui, bien qu’ayant davantage agi dans l’ombre, ont pu influencer la politique de l’Etat français. Jean Bichelonne  ou Paul Marion n’étaient pas les seconds couteaux qu’on imagine : eux aussi ont eu leur part d’influence.  Ces « hommes de Vichy » apparaissent dans un ordre qui a sa logique propre. Il y avait les fondateurs comme Weygand et Darlan, puis les conseillers du Prince, à l’image de Du Moulin de Labarthète. A côté des doctrinaires à la façon de Vallat et de Massis il fallait compter sur les  épurateurs comme Darnand. Néanmoins, ce qui frappe le plus dans cette galerie, c’est l’hétérogénéité des parcours et des profils, ce que l’auteur explique en préface (p. 13) : « Etudier les hommes de Vichy est une manière de mettre fin à une approche  voyant dans ce régime un bloc, dans l’espace comme dans le temps. » En effet, il est rigoureusement impossible de dresser le portrait-type du collaborateur du maréchal Pétain. Ce dernier est comme l’icône qui unifie tout ce petit monde qui n’échappait pas, dans l’atmosphère étroite et confiné de la ville-préfecture de l’Allier, aux mesquineries et jalousies propres à tous les paniers de crabes. Beaucoup viennent de vieilles familles catholiques et n’ont d’autre souci que de régénérer un pays qu’ils estiment décadent. Il y a aussi les arrivistes, puis ceux qui se persuadent de la victoire de l’Allemagne et veulent arrimer le char de l’Etat au Reich. Si ces portraits laissent apparaître de temps à autre un peu de brillance, on ne peut qu’être frappé, au final, par la médiocrité d’un personnel politique qui, somme toute, avait les toutes les apparences de celui de la défunte III° République.

 

Jean-Paul Cointet, Les hommes de Vichy, Perrin, 2017, 375 pages, 23.90€