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Littérature Recensions

Napoléon : dictionnaire historique

Éditeur : Perrin (3 septembre 2020)
Langue : Français
Broché : 1040 pages
ISBN-10 : 2262079161
ISBN-13 : 978-2262079161
Poids de l’article : 1.1 kg
Dimensions : 15.6 x 3.6 x 24.1 cm

Tout dire sur Napoléon et l’Empire relève de la gageure. Mais telle n’était pas l’ambition de l’auteur, lequel se contente, si l’on peut dire, de raconter Napoléon en quelque 250 fiches, certaines ayant la longueur d’articles couvrant trois à quatre pages. Le choix opéré est des plus éclectiques. De copieux articles sont consacrés à des questions assez inattendues comme le théâtre et la musique. Le rôle des frères et sœurs de Napoléon, via les biographies de Jérôme et Lucien, est bien mis en perspective. Celui des militaires également, comme celui des administrateurs, des diplomates et ainsi de suite. Bref, l’Empire de Napoléon, c’est un monde, un monde riche et foisonnant qui a jeté ses feux jusque dans le domaine de la mode et du mobilier. Au passage, T. Lentz tord le cou aux mauvaises langues faisant de Napoléon un dictateur, voire le prédécesseur d’un certain Adolf Hitler. Il est bon qu’une voix aussi sûre que celle de T. Lentz laisse entendre que « le pouvoir napoléonien, sans être ni libéral ni représentatif (au sens actuel), n’était pas exercé arbitrairement, mais en fonction de normes édictées précédemment. » (p. 263)

Thierry Lentz, Napoléon. Dictionnaire historique, Perrin, 2020, 997 pages, 29€

L’extrait : « Napoléon n’était pas plus « raciste » que ses contemporains pour qui la question de l’esclavage n’était pas prioritaire. » (p. 381)

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Histoire Recensions

Le diable sur la montagne

Broché : 400 pages
Editeur : Perrin (28 septembre 2017)
Langue : Français
ISBN-10 : 2262070431
ISBN-13 : 978-2262070434
Dimensions : 14,1 x 2,7 x 21,1 cm

 Le diable sur la montagne

Eminent spécialiste du Consulat et de l’Empire, Thierry Lentz a souhaité se pencher sur un sujet plus contemporain. Le diable sur la montagne n’est autre qu’Adolphe Hitler, attiré dès la fin des années 1920 par ce lieu paisible de haute altitude qu’est le plateau de l’Obersalzberg, à quelques encablures de la frontière avec l’Autriche. L’auteur parvient à recréer l’ambiance dans laquelle vivait le maître du III° Reich, une atmosphère généralement surréaliste : On sirotait tranquillement le thé en prenant des bains de soleil alors que le continent était plongé dans l’horreur. Thierry Lentz donne beaucoup d’anecdotes sur la vie des hiérarques nazis, un monde généralement grossier et inculte, empli de jalousie et de mesquinerie, dans lequel était engagée chaque matin la course pour être bien considéré par le maître des lieux. Si le récit est passionnant, on pourra toutefois regretter ses nombreuses concessions au politiquement correct. Il doit être possible d’écrire de l’histoire de façon plus neutre sans pour autant, faut-il le préciser, donner quitus à un régime aussi abject que le nazisme.

L’extrait : « Il (Hitler) inspectait en connaisseur, discutait tout et, parfois, demandait des modifications qui compliquaient l’avancement du chantier. Quand on sait à quel point  il s’occupa souvent superficiellement des affaires de l’Etat, on est surpris de le voir consentir dans ces circonstances une authentique application. » (p. 75-76)

 

Thierry Lentz, Le diable sur la montagne, Perrin, 2017, 316 pages, 23 €

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Histoire Recensions

Waterloo 1815

Broché : 315 pages
Editeur : Perrin (15 janvier 2015)
Langue : Français
ISBN-10 : 2262039402
ISBN-13 : 978-2262039400
Dimensions : 22 x 2,4 x 17,1 cm

 Waterloo 1815

Faute d’avoir commémoré à sa juste mesure l’éclatante victoire d’Auterlitz (1805 – 2005), peut-être la République cherchera-t-elle à « équilibrer la balance » en fêtant la défaite de Waterloo dont, en juin prochain, sera célébré le deuxième centenaire. Ainsi va la vie : nos dirigeants semblent préférer les raclées que se rappeler les triomphes de nos armées. D’ailleurs, si la délégation envoyée en Moravie en 2005 était des plus squelettiques, celle qui accompagnait les Britanniques se rappelant l’éclatant souvenir de Trafalgar était davantage étoffée. Curieuse nation qui préfère oublier ses victoires pour mieux se souvenir de celles de ses ennemis…

Thierry Lentz, l’actuel directeur de la Fondation Napoléon, a choisi de ne pas entrer dans cette polémique. Son livre figure parmi les premiers de la longue théorie des histoires de la bataille de Waterloo qui ne manquera pas de ponctuer l’année 2015. Nombreux sont les ouvrages de qualité à décrire par le menu les diverses phases de la batailles ; citons pour mémoire les Waterloo de Jacques Logie, Jean-Claude Damamme ou Alessandro Barbero, tous excellents. Habitué à des travaux de niveau universitaire et fort de connaissances encyclopédiques sur la période, Thierry Lentz a préféré écrire un livre pour Monsieur tout le monde. Facile à lire, doté d’une mise en page aérée, agrémenté d’illustrations de qualité, le livre de Thierry Lentz se place d’emblée parmi ces livres grand public qui, sans faire de bruit, en peu de pages, donnent l’essentiel. Phase après phase, c’est l’ensemble de la campagne de Belgique de ce mois de juin 1815 qui vaut l’objet de chapitres clairs et éclairants. Le lecteur averti n’attendra pas de révélations de ces pages ; peut-être même trouvera-t-il certaines phases de la bataille trop rapidement expédiées, cas, par exemple, de l’attaque mal montée du Ier Corps de Drouet d’Erlon. Mais l’intention de Thierry Lentz, l’un des meilleurs spécialistes de la période, n’était pas de raconter dans le détail ces jours funestes pour nos armes. Il s’agissait de donner un récit simple et circonstancié, compréhensible par tous et d’abord par les lecteurs peu au fait de la geste impériale. Dans ce cadre, le pari est pleinement réussi.

 

Thierry Lentz, Waterloo 1815, Perrin, 2015, 316 pages, 24.90 €

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Histoire Recensions

Les vingt jours de Fontainebleau

Broché: 294 pages
Editeur : PERRIN (23 janvier 2014)
Langue : Français
ISBN-10: 2262039410
ISBN-13: 978-2262039417
Dimensions : 23,6 x 15,4 x 2,6 cm

 Les vingt jours de Fontainebleau

A la fin mars 1814 Napoléon, pris de court par des Alliés qui n’ont pas joué le jeu dans lequel il pensait les enferrer, gagne le château de Fontainebleau. Il va y rester jusqu’au 20 avril, date de son départ pour l’Ile d’Elbe. Que s’est-il passé entre temps ? Spécialiste de l’Empire et digne successeur de Jean Tulard, Thierry Lentz fait revivre jour après jour ce qui ressemble à une descente aux enfers pour celui qui, il y a peu, était encore le maître de l’Europe. Le vrai, c’est que, pour la première fois, Napoléon ne commande plus à son destin, il est à la merci des Alliés désireux d’abattre l’Empire et de restaurer la royauté. Ces Vingt jours de Fontainebleau ressemblent à un drame joué d’avance. Claquemuré dans son palais, Napoléon se trouve, pour la première fois de sa vie, à la merci des autres, en l’occurrence des puissances alliées qui occupent Paris, mais aussi de chefs militaires qui, ayant peur de tout perdre à la veille de la clôture de la tragédie, n’entendent pas se laisser dicteur leur conduite. Les maréchaux français tiennent à montrer que, pour respectueux qu’ils demeurent vis-à-vis de celui à qui ils doivent quasiment tout, ne sont pas prêts à tout sacrifier. L’épopée ne saurait se terminer dans un bain de sang. Certains, comme le maréchal Marmont, iront jusqu’à trahir pour sauvegarder leurs intérêts et ainsi complaire au nouveau régime. En fin d’ouvrage, l’auteur se lance dans un parallèle qui est loin d’être anachronique. Faisant la comparaison entre la fin de l’Empire napoléonien et celle du III° Reich, il tient à dire combien la conduite de l’Empereur a été sage. Jamais celui-ci n’a voulu entraîner son pays dans une sorte de Götterdämmerung, un crépuscule des dieux empli de massacres et de ruines ; « Le contexte social et politique autant que la personnalité de Napoléon, conclut l’auteur (p. 20), n’étaient pas compatibles avec un suicide collectif. » Le livre, au final, dit beaucoup de la personnalité de Napoléon, son inspirateur principal.             Servi par une science sûre, un rythme soutenu et l’utilisation des meilleures sources, l’ouvrage de Thierry Lentz fera certainement date et ce sera justice. Les pages de notes avec leur appareil critique sont d’ailleurs significatives de la valeur de l’ouvrage.   Thierry Lentz, Les vingt jours de Fontainebleau, Perrin, 2014, 294 pages, 23 €

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Histoire Recensions

La mort de Napoléon : Mythes, légendes et mystères

Poche: 228 pages
Editeur : Librairie Académique Perrin (3 mai 2012)
Collection : Tempus
Langue : Français
ISBN-10: 2262039941
ISBN-13: 978-2262039943
Dimensions : 17,6 x 10,8 x 1,6 cm

  La mort de Napoléon : Mythes, légendes et mystères

Il arrive que la petite histoire pollue la grande. Il en va ainsi pour la mort de Napoléon à Sainte-Hélène, laquelle a été l’objet de tellement de spéculations que, pour un peu, on en viendrait à douter de tout. Il est donc heureux que, dans une première partie, les auteurs, tous deux éminents spécialistes de la période, reviennent sur ce que l’on sait de l’agonie et du décès de l’Empereur le 5 mai 1821. Pour que le tableau soit complet, ils analysent l’état général de l’illustre prisonnier. Comme la plupart des hommes de son temps et d’abord des soldats en campagne, « toute la vie de Napoléon est marquée par la maladie » (p. 48) : dermatose, coups de froid, hémorroïdes, indigestions fréquentes… A cinquante ans, un homme de ce temps, qui a parcouru à pieds ou à cheval l’Europe dans tous les sens, par tous les temps, est un homme usé. En plus de ses maux divers, l’Empereur Napoléon souffre de façon chronique d’une douleur abdominale. Le mauvais temps et l’état dépressif qui accompagnèrent le séjour de Napoléon à Longwood, là où il résida de 1816 jusqu’à sa mort, ne firent qu’empirer un état général très médiocre. Il ne fait donc aucun doute, selon les médecins qui ont été convoqués par les historiens, que c’est un cancer gastrique qui a emporté Napoléon. Chacun connaît la suite : l’inhumation au Val du Géranium puis, en 1840, le transfert des cendres conduit par une délégation emmenée par le prince de Joinville. Après l’arrivée triomphale du corps de l’Empereur à Paris, le corps reste déposé à l’église des Invalides jusqu’en 1861, date à laquelle le tombeau creusé à la verticale du dôme des Invalides est enfin prêt à recevoir la dépouille d’un des plus grands capitaines de tous les temps. Nous aurions pu en rester là sans toutes les spéculations qui se sont ensuite grevées sur la mort de Napoléon – A-t-il été empoisonné et par qui ? – ainsi que sur la substitution du corps – A la suite d’une manigance anglaise, le corps de Napoléon reposerait à Londres, non à Paris -. A en croire un cercle d’historiens amateurs, la Belle-Poule aurait rapatrié en France le corps de Cipriani, valet de Napoléon décédé en 1818. Grâce à une démonstration impeccable, les auteurs font justice de ces calembredaines. Leur conclusion est sans appel : « Napoléon n’a pas été assassiné et c’est bien lui qui repose aux Invalides. » Comme le prouvent J. Macé et T. Lentz, les montages habiles, les suppositions invérifiables et autres convictions non maîtrisées n’ont rien à faire dans l’étude sérieuse de l’Histoire.

Thierry Lentz & Jacques Macé, La mort de Napoléon : Mythes, légendes et mystères, Tempus, 2012, 215 pages, 8.50 €