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Actualités Recensions

Théorie de la dictature

Éditeur : Robert Laffont (9 mai 2019)
Langue : Français
Broché : 234 pages
ISBN-10 : 2221241754
ISBN-13 : 978-2221241752
Poids de l’article : 300 g
Dimensions : 13.5 x 2.1 x 21.5 cm

Avec cette Théorie de la dictature, Michel Onfray poursuit son petit bonhomme de chemin dans son aversion de ce qui est en train de se mettre en place : l’individualisme forcené, la guerre de tous contre tous due à des droits de l’homme n’ayant plus de limite, la marchandisation du corps humain, la faillite de l’école, l’abandon de la culture et ainsi de suite. Ce monde qui vient, l’auteur en voit l’exacte incarnation dans l’Europe de Maastricht, la même qui est en train de faire de l’Europe une terre consacrée à la consommation et au tourisme. Cette mise en pièces de l’Etat maastrichien est toute entière conduite sous l’égide de la littérature, La ferme des animaux de George Orwell étant une prémonition du monde qui est déjà là. Comparant les livres d’Orwell avec l’état de la société occidentale, il ne fait pour l’auteur aucun doute que nous sommes entrés dans une dictature d’un type nouveau : dictature ne reposant pas sur la coercition mais sur la servitude volontaire.

Michel Onfray, Théorie de la dictature, Robert Laffont, 2019, 230 pages, 20€

L’extrait : « Qui disconviendra aujourd’hui que le portrait du totalitarisme brossé par Orwell fait songer peu ou prou à une peinture de notre époque ? La liberté y est en effet mal portée, la langue est attaquée, la vérité abolie, l’histoire instrumentalisée, la nature effacée, la haine encouragée et l’Empire est en marche. » (p. 189)

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Aux sources du malaise identitaire français

Éditeur : L’artilleur (15 janvier 2020)
Langue : Français
Broché : 224 pages
ISBN-10 : 2810009333
ISBN-13 : 978-2810009336
Poids de l’article : 260 g
Dimensions : 22 x 1.5 x 14 cm

Nous autres, Français, vivons en partie d’illusions, persuadés que nous sommes de l’universalité de notre modèle. Assurés que nos valeurs sont partout reproductibles, nous ne rêvons que d’une chose, les exporter, feignant d’ignorer les spécificités de peuples qui n’ont rien de commun avec notre histoire. A cette perte de notre superbe s’est ajoutée, selon l’auteur, l’évolution spectaculaire d’un monde où tout va de plus en plus vite. Résultat : « Notre héritage humaniste gréco-latin ne fait pas le poids face un monde qu’il n’a plus rien à faire du passé » Donc, « la civilisation française s’étiole d’être confrontée à un universalisme beaucoup plus puissant que l’universalisme républicain : celui du modèle libéral fondé sur l’homo economicus. » (p. 151) Paul-François Paoli ne fait pas que pointer les dysfonctionnements de la société française. Il donne des raisons d’espérer. Il est plus nécessaire que jamais que Gaulois et arrivants de fraîche date trouvent des référents communs. Sans eux, pas d’avenir commun.

Paul-François Paoli, Aux sources du malaise identitaire français, L’Artilleur, 2019, 220 pages, 18€

L’extrait : « L’identité est en somme tout ce qui nous reste quand nous n’adhérons plus à rien. » (p. 75)

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L’empire du politiquement correct

Éditeur : Les éditions du Cerf (28 mars 2019)
Langue : Français
Broché : 299 pages
ISBN-10 : 220411636X
ISBN-13 : 978-2204116367
Poids de l’article : 400 g
Dimensions : 14.1 x 2.7 x 21.7 cm

C’est peu de dire que rarement la parole a été si contrôlée qu’aujourd’hui. Attention à ce que l’on dit et à ce que l’on écrit, les maîtres censeurs veillent : haro sur celui qui s’écarte un tant soit peu d’un chemin bien balisé. Désormais, place aux idées conformes à la doxa. Autant dire que des imprécateurs comme Bloy et Bernanos n’auraient pas leur place dans une société où toute pensée ne doit pas s’écarter d’une orthodoxie bâtie à coups de lois Gayssot et Taubira, orthodoxie dont s’affranchir revient à encourir la XVII° chambre du tribunal de grande instance de Paris. Pour M. Bock-Côté, il s’agit d’un « dispositif inhibiteur ayant pour vocation d’étouffer, de refouler ou de diaboliser les critiques du régime diversitaire et de l’héritage des Radical Sixties… » (p. 32). Ce dispositif « repose sur une culture de la surveillance généralisée » (p. 65). Plutôt que de se tenir à l’imprécation ou à l’amertume, l’auteur émet des idées susceptibles d’amortir les effets ravageurs du politiquement correct. Parmi celles-ci, retrouver le sens de la politique en veillant à ce que droite et gauche retrouvent leurs racines et que la majorité du peuple ne soit plus considérée comme une simple variable d’ajustement.

Mathieu Bock-Côté, L’empire du politiquement correct, Cerf, 2019, 300 pages, 20€

L’extrait : « Que faire quand le peuple d’hier, qui s’entête à ne pas se dissoudre, vote mal et de manière assez massive pour entraver ce qui est perçu comme la marche de l’histoire ? » (p. 148)

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Eoliennes : la face noire de la transition écologique

Éditeur : Editions du Rocher (2 octobre 2019)
Langue : : Français
Broché : 240 pages
ISBN-10 : 226810270X
ISBN-13 : 978-2268102702
Poids de l’article : 280 g
Dimensions : 13.3 x 1.9 x 20.3 cm

Alors, lorsque les ressources s’amenuisent et que le climat se dégrade, que faut-il penser des milliers d’aérogénérateurs qui, de la Pologne jusqu’au Portugal, piquètent les campagnes ? Pour Fabien Bouglé, la messe est dite, les éoliennes étant un scandale économique et écologique. Les arguments avancés par l’auteur de cet ouvrage ne manquent pas de poids. Fonctionnant par intermittence, construites à partir de métaux rares dont l’exploitation génère une effroyable pollution, nécessitant d’énormes socles de béton destinés à demeurer, créés avec des alliages difficilement recyclables, le bilan des éoliennes, au plan purement environnemental, s’avère assez catastrophique. Celles qui ont été installés durant ces dernières années ont bénéficié d’une intense propagande de la part du lobby de l’éolien. Aujourd’hui, de plus en plus de responsables et de communautés villageoises – les premières à être impactées – se révèlent hostiles à ces gigantesques mats qui enlaidissent la France. On attend la réponse des promoteurs de cette électricité verte, leur souhaitant d’avoir des arguments aussi massifs que ceux mis en avant par Fabien Bouglé.

Fabien Bouglé, Eoliennes. La face noire de la transition écologique, Editions du Rocher, 2019, 229 pages, 15.90€

L’extrait : « … des forêts sont saccagées pour installer des éoliennes, des projets sont envisagés au bord de superbes littoraux, des parcs naturels sont dénaturés au nom de ce qui s’impose aujourd’hui comme une nouvelle religion. » (p. 11)

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Actualités Recensions

Bloc contre bloc

Éditeur : Les éditions du Cerf (7 novembre 2019)
Langue : Français
Broché : 284 pages
ISBN-10 : 2204134112
ISBN-13 : 978-2204134118
Poids de l’article : 320 g
Dimensions : 13.7 x 2.4 x 21.1 cm

Il n’est pas certain que la victoire d’Emmanuel Macron aux Présidentielles de 2017 ait fait bouger les lignes autant qu’il le souhaitait. Au contraire, explique Jérôme Sainte-Marie, il existe en France deux blocs antagonistes qui se regardent en chiens de faïence : d’un côté la France populaire, celle d’en-bas, de l’autre la France des décideurs, des centres villes, se coulant aisément dans une mondialisation qu’elle juge heureuse. Le parallèle que dresse l’auteur entre l’état actuel du pays et la lecture qu’en faisait Marx au lendemain de la révolution de 1848 ne manque pas de pertinence ; on retrouve à presque deux siècles de distance les mêmes dynamiques : l’arrogance des classes privilégiées et la sourde colère des perdants. D’un côté les enracinés de la France périphérique, de l’autre ceux qui valorisent le changement et l’adaptation permanents. Bref, nous n’en avons pas fini avec la lutte des classes. Mais si les majorités changent les gouvernements qui se succèdent mènent peu ou prou la même politique. De cela les classes populaires ne veulent plus, mais y a-t-il encore quelqu’un pour les écouter ?

Jérôme Sainte-Marie, Bloc contre bloc, Le Cerf, 2019, 287 pages, 18€

L’extrait : « L’heure est au refus de l’histoire nationale et à l’intersectionnalité […]. Il ne s’agit plus de rechercher un monde meilleur et encore moins de changer de société, mais de libérer l’individu des dominations qu’il subit, car l’individu est considéré comme la fin et la mesure de toute chose. » (p. 97)

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Histoire Recensions

Crois ou meurs !

ISBN-13 : 979-1021025721
Broché : 507 pages
Éditeur : Coédition Tallandier (28 mars 2019)
Langue : Français
ASIN : B07LD23D92
Dimensions : 14.5 x 3 x 21.5 cm

L’auteur s’est attelé à écrire une histoire très décapante, une sorte d’antidote à l’histoire de la Révolution écrite par Michelet et les historiens marxistes, une vision très différente de ce qui est enseigné à l’Ecole : le peuple se levant comme un seul homme contre l’oppression, levant l’étendard des droits de l’homme et ainsi de suite. Depuis quelques décennies, toute une historiographie s’est mise à contester cette fable. Claude Quétel donne en quelque sorte le coup de pied de l’âne en dessillant les yeux de ceux qui se refusaient à voir la réalité. Pour C. Quétel, 1789 est une mauvaise révolution, une révolution qui dérape dès le départ. Quant au peuple, il n’existe pas ! Comme ce sera le cas en Russie en 1917, ce que l’on appelle le peuple, ce sont quelques milliers d’excités parisiens. Cela dit, Crois ou meurs ! compose un récit chronologique très classique et s’achève sur une passionnant essai d’historiographie critique, montrant comment les historiens ont évolué sur la question, passant d’une folle passion au plus grand scepticisme. Décapant !

Claude Quétel, Crois ou meurs !, Tallandier/Perrin, 2019, 511 pages, 21.90 €

L’extrait : « La gauche de cette nouvelle Assemblée est athée […] Aux Jacobins, ils avancent cette idée, matricielle des totalitarismes du XX° siècle, que l’homme nouveau engendré par la Révolution se doit de rompre avec la tradition et son fer de lance, la religion. » (p. 214)

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Histoire Recensions

Le bonheur était pour demain

Poids de l’article : 400 g
Broché : 384 pages
ISBN-13 : 978-2021388619
Éditeur : Le Seuil (18 avril 2019)
Langue : Français
Dimensions : 14.2 x 2.2 x 19.1 cm

Pourquoi le toujours plus, cette fuite en avant dans le matérialisme et le consumérisme alors que nous peinons à nous satisfaire des joies les plus simples ? A la manière de J.-J. Rousseau, P. Bihouix propose dix promenades, ce qu’il appelle « les rêveries d’un ingénieur solitaire ». La pointe du propos vise avant tout à mettre en perspective les paradoxes nés de la volonté de l’homme d’asservir la terre à ses projets prométhéens. Nous souhaitons le bonheur, ici et maintenant, mais un bonheur passant essentiellement par les objets et la consommation. Le bonheur est possible, semble dire l’auteur, mais jamais il ne ressemblera à ce que l’on voudrait qu’il soit. Il ne sera pas dans le déferlement des objets connectés, dans l’homme augmenté et l’accélération permanente ; il faudra le chercher dans « la lenteur, la douceur, le silence, la grâce de l’ennui parfois, si nécessaire aux enfants pour se construire, des moments simples, toutes choses disparues ou presque, dans un environnement toujours plus artificialisé, climatisé, motorisé et numérisé. » (p. 355)  Dans le cadre d’un monde fini, le temps est venu de réfléchir à une nouvelle utopie, à condition toutefois que nos efforts d’innovation servent à autre chose qu’au profit immédiat.

Philippe Bihouix, Le bonheur était pour demain, Seuil, 2019, 371 pages, 19€

L’extrait : « Il est à craindre que plus l’environnement se dégradera, plus les tensions sociales s’exacerberont et plus les annonces d’un monde meilleur se succéderont… » (p. 143)

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Biographies Recensions

Marlène Dietrich. La scandaleuse de Berlin

Poids de l’article : 480 g
Broché : 380 pages
ISBN-13 : 978-2262049546
Éditeur : Perrin (21 février 2019)
Langue : Français
Dimensions : 14.2 x 3 x 21.1 cm

Si comparaison n’est pas raison, il est difficile, en lisant cette vie de Marlène Dietrich de ne pas faire le rapprochement avec les actrices modernes, lesquelles sont parfois aussi connues pour égérie de telle ou telle marque de haute couture que par leur personnalité et leur style de vie. Au contraire, la vie de celle que Jean-Paul Bled appelle « la scandaleuse de Berlin » est aussi heurtée et chaotique qu’il est possible ; elle répond au caractère d’une femme qui jamais ne s’en est laissée compter. Femme à la plastique superbe, remarquable actrice, chanteuse à succès… mais aussi mère médiocre, épouse volage au caractère difficile. Bref, une vie alternant les hauts et les bas, ce qui rend le personnage attachant et donne du punch au livre de J.-P. Bled. A côté d’une femme forte, l’auteur dit aussi la fragilité d’une personne tirée à hue et à dia par deux cultures : celle de sa patrie d’origine, l’Allemagne, et une autre, plus cosmopolite, mâtinée par l’influence de la culture américaine, son cinéma en tête.

Jean-Paul Bled, Marlène Dietrich. La scandaleuse de Berlin, Perrin, 2019, 350 pages, 24€

L’extrait : « Il est une autre lueur dans cette grisaille : la passion portée par Marlène à la langue française et, à travers elle, à la France. » (p. 15)

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Actualités Recensions

La malédiction de la droite

Broché : 416 pages
Editeur : Perrin (7 novembre 2019)
Langue : Français
ISBN-10 : 2262077193
ISBN-13 : 978-2262077198
Dimensions : 15,1 x 3,6 x 22,6 cm

Sous-titré « 60 ans de rendez-vous manqués », le livre de Guillaume Tabard relate l’histoire d’une famille politique qui, non seulement ne s’aime pas, mais donne trop souvent l’impression de ne pas avoir d’idées directrices et de trahir ses électeurs. En dix-neuf chapitres, qui sont autant de dates (du 3 novembre 1959, lorsque de Gaulle chasse Pinay du gouvernement au 26 mai 2019, date du pari perdu de Laurent Wauquiez aux Européennes), Guillaume Tabard dresse magistralement les échecs et reniements d’une droite qui, finalement, ne s’est jamais remise, premièrement, de l’emprise idéologique d’une gauche incarnant le camp du bien et, deuxièmement, de Vichy. Souvent majoritaire en terme de voix, la droite républicaine est toujours parvenu à décevoir à ses électeurs, à trahir ses engagements, à susciter des bagarres entre ses chefs. Aujourd’hui encore, alors même que le pays penche à droite, elle réussit l’exploit de saborder aussi bien ses convictions que les efforts mis à se reconstruire.

Guillaume Tabard, La malédiction de la droite, Perrin, 2019, 470 pages, 24€

 

L’extrait : « …tout comme l’union de la gauche a conduit le PCF de bataillons entiers au profit du PS, la mise au ban du FN a produit l’effet inverse de lui adjoindre des troupes qui constituaient le socle classique de la droite. » (p. 316)

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Histoire Recensions

Le crépuscule du matérialisme

Broché : 184 pages
Editeur : SALVATOR (16 mai 2019)
Langue : Français
ISBN-10 : 2706717963
ISBN-13 : 978-2706717963
Dimensions : 21 x 1,4 x 14 cm

Depuis largement plus d’un siècle, tout un discours tend à faire courir le bruit que science et foi sont absolument antinomiques, voire que tout être digne de raison ne saurait se satisfaire d’un discours basé ce qui ne peut être prouvé. Le but du livre de Richard Bastien n’est pas de prouver scientifiquement les vérités de foi, ni de mettre sur un même plan science et foi, mais plus simplement d’affirmer qu’il est possible de croire aux vertus de la science tout en adhérant à une croyance religieuse. Le petit livre de R. Bastien est l’occasion de remettre les pendules à l’heure, d’affirmer haut et fort qu’un croyant peut appuyer sa foi sur le travail de la raison. Un bémol toutefois : affirmer que si l’athéisme est vrai, « la notion même de morale perd tout son sens » (p. 13). C’est faire bon marché de ces athées fidèles et respectueux, à la façon d’André Comte Sponville, qui tentent de se frayer un chemin dans la vie tout en conservant une haute idée de l’homme, de sa morale et de son éthique.

Richard Bastien, Le crépuscule du matérialisme, Salvator, 2019, 185 pages, 20€

 

L’extrait : « Les tenants du matérialisme philosophique  […] sont convaincus que rien n’existe en dehors de la réalité sensible, ils estiment que toute religion n’est que superstition. » (p.30)