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Portraits Recensions

Georges Pompidou, Lettres, notes et portraits (1928-1974)

Broché: 540 pages
Editeur : Robert Laffont (25 octobre 2012)
Langue : Français
ISBN-10: 222112765X
ISBN-13: 978-2221127650
Dimensions : 23,8 x 15,4 x 4,2 cm

  Georges Pompidou. Lettres, notes et portraits (1928-1974)

En ces temps de déprime économique et d’inquiétude quant au devenir de la nation France, la figure de Georges Pompidou connaît une popularité renouvelée. Sa brève présidence (1969-1974) fait l’objet d’ouvrages nombreux et des magazines vont jusqu’à lui consacrer leur couverture. Tout se passe comme si la France maussade et inquiète de 2013 retrouvait un peu de confiance en se remémorant la France des années 1970, époque bénie, temps où tout semblait possible. Le voile de nostalgie qui s’empare de notre esprit a des goûts de paradis perdus. C’est dire si l’édition des Lettres, notes et portraits écrits par Georges Pompidou, de son passage à l’Ecole Normale Supérieure à la Présidence de la République, tombe à pic.

L’ancien président se révèle conforme au style simple et sans affèterie qu’il utilise dans son courrier : lettres à Michel Debré, notes au Général de Gaulle, réponses à François Mauriac… Georges Pompidou était bien cet homme du terroir, à la fois simple et cultivé, soucieux du passé tout en étant ouvert à la nouveauté. A-t-il été servi par une époque – les Trente Glorieuses – facile ? C’est possible, quoique cela n’enlève rien aux qualités dont il a fait preuve dans la vie publique. Si les lettres ici données à lire n’apportent aucune révélation fracassante, elles permettent à tout le moins de mesurer le bon sens d’un grand serviteur du pays et de l’Etat. On attendait un politique pressé par l’action, soucieux de moderniser et d’industrialiser une France meurtrie par des décennies de déchirures dues aux guerres européennes et coloniales, et ne voilà-t-il pas que l’on découvre un écologiste avant l’heure, quelqu’un de méfiant face à un progrès qui envahit tout. Dans un autre genre, on ne lit pas sans émotion ces lettres où, tout Président de la République qu’il est, G. Pompidou confie qu’il aurait aimé être « un malade ordinaire, qui garde la chambre et obtient quinze jours de congé » (p. 470). Il y a là une humilité qui ne peut être feinte. Le service de l’Etat l’a toute entier accaparé alors qu’il aurait aimé, simple citoyen, lire, écrire, visiter des expositions.

Georges Pompidou était pétri de bon sens, le même qui semble parfois faire défaut aux décideurs contemporains, toujours prêts à la surenchère. Lorsqu’il s’en prend à « à la complication recherchée à plaisir dans la signalisation routière » (p. 440), on se dit que la remarque, quarante ans après, demeure d’actualité. Comment se fait-il que, parmi le personnel politique d’aujourd’hui, il en est si peu qui, comme le faisait G. Pompidou, osent rappeler que « le matérialisme de la société d’abondance ne satisfait pas les aspirations de l’homme » ? Ce livre constitue un beau témoignage de ce que doit être l’action politique : l’humilité et le bon sens mis au service du pays et de l’Etat.

Georges Pompidou, Lettres, notes et portraits (1928-1974), Robert Laffont, 2012, 540 pages, 24 €

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