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Histoire Recensions

Le Siècle de 1914

Broché: 408 pages
Editeur : Pygmalion Editions (21 avril 2006)
Collection : HISTOIRE
Langue : Français
ISBN-10: 2857048327
ISBN-13: 978-2857048329
Dimensions : 24 x 15,4 x 3 cm

 Le Siècle de 1914

En même temps que Le Siècle de 1914 offre une synthèse accomplie du XX° siècle, siècle des totalitarismes et des utopies révolutionnaires, ce livre de Dominique Venner se veut une réflexion sur l’histoire de l’Europe, de sa grandeur passée à son effacement actuel. Ce siècle dernier, si important car fondateur des temps qui s’ouvrent, est né avec la Grande Guerre. C’est le siècle des utopies, des guerres et des révolutions, le siècle qui vit s’affronter les grandes idéologies : capitalisme, fascisme, nazisme et communisme. L’essentiel du livre se veut la narration d’une époque qui s’ouvre en août 1914 et s’achève en 1989.

L’érudition de l’auteur, son style limpide et sa capacité à saisir l’essentiel offrent une démonstration de ce qui se fait de mieux dans le genre, la synthèse accomplie d’un siècle qui vit se cumuler les idéologies mortifères. Mais D. Venner fait mieux que raconter l’histoire de l’Europe. La pointe de son propos porte sur le destin de la civilisation européenne. La Première Guerre Mondiale, « matrice du siècle », est fondatrice car elle a permis « l’intrusion des Etats-Unis dans les affaires européennes, la brutalisation des mentalités qui sévira au moins jusqu’en 1945, la révolution bolchevique de 1917, la révolution fasciste en Italie […] » (p. 10) Comment ne pas voir qu’en quelques décennies c’est une civilisation millénaire qui s’est effondrée ? Longtemps centre du monde, l’Europe s’aperçoit brusquement qu’elle n’est plus qu’un acteur parmi d’autres. Le traumatisme qu’ont vécu les Européens n’est pas qu’économique : le mal est plus profond. Les ancrages anciens ont explosé. « L’effondrement des références nationales, idéologiques et religieuses, l’explosion des égoïsmes individuels, l’implosion des couples et des familles, la disparition des finalités collectives… » (p.11) offrent l’image d’un paradigme nouveau dans lequel l’Europe ne possède plus les clés de son destin. Le suicide collectif de deux conflits mondiaux l’a épuisé, saigné à blanc. Désenchanté, livré au diktat du divertissement et de la consommation à tout prix, l’Européen n’est plus maître de sa vie. Centré sur la recherche exclusive du bonheur individuel, hébété par le discours ambiant, le voilà livré, pieds et mains liés, au triomphe de l’universalisme. Après la fin des terroirs d’Eugen Weber, voici la fin des ambitions collectives.

Le pessimisme angoissé de D. Venner n’est pas désespéré. Son souhait : que les Européens redeviennent les acteurs de leur propre vie, comme ils le furent depuis des siècles ; qu’ils redécouvrent le génial patrimoine qui leur a été légué par une civilisation qui trouve son origine à Athènes, Rome et Jérusalem.
Une superbe leçon d’histoire !

Dominique Venner, Le Siècle de 1914, Pygmalion, 2006, 409 pages, 22.90€

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