Un racisme imaginaire

Broché: 272 pages
Editeur : Grasset (1 février 2017)
Collection : essai français
Langue : Français
ISBN-10 : 2246857570
ISBN-13 : 978-2246857570
Dimensions : 14 x 2,3 x 20,3 cm

 Un racisme imaginaire

La nature humaine est parfois curieuse. Si l’on considère l’histoire politique du siècle dernier, on constate que les ennemis de la démocratie ont toujours trouvé des alliés sincères dans l’autre camp. De tous les pays de l’Europe se sont levés des collaborateurs du nazisme. Quant au communisme, il bénéficiait, en Occident, de l’aide des compagnons de route. Rebelote avec ce que d’aucuns nomment le totalitarisme islamique. Souvent issus de la gauche extrême, des naïfs trouvent toutes sortes d’excuses aux terroristes, nouveaux damnés de la terre qui, dans la conscience des déçus du tiers-mondisme à la sauce socialiste, incarnent l’espérance jadis portée par une classe ouvrière désormais aux abonnés absents. « L’avenir retiendra qu’au XXI° siècle, précise Pascal Bruckner, une large fraction des intelligentsias occidentales pactisa avec le totalitarisme intégriste comme leurs aînés avaient communié avec le nazisme ou le communisme. » (p. 82) L’aliment premier de ce soutien est fourni par la culpabilité post-coloniale. A cause des prétendus péchés commis en Asie ou en Afrique au XIX° siècle, l’Europe n’en a pas fini avec sa mauvaise conscience. En conséquence, elle doit s’excuser, battre sa coulpe. Cela conduit à un embrouillamini intellectuel qui tend à trouver des excuses aux poseurs de bombes, à relativiser la haine qu’ils portent à l’Occident. L’auteur du Sanglot de l’homme blanc n’a pas de mots assez durs à l’égard des collaborateurs des terroristes qui poussent le relativisme jusqu’à ne pas choisir leur camp. Comme il l’écrit, l’anticolonialisme est devenu « le cache-misère des soldats désœuvrés du progressisme » (p. 186) L’essai de P. Bruckner n’est pas un brûlot contre l’islam. Au contraire, il appelle les musulmans à rouvrir les portes de l’interprétation afin de débarrasser leurs Ecritures des ruisseaux de sang qui les innervent. Le souhait est à saluer, mais sera-t-il suffisant ?

 

Pascal Bruckner, Un racisme imaginaire, Grasset, 2017, 256 pages, 19€

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