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Jésus et le divorce

Broché : 149 pagesv Editeur : Cerf (12 février 2015)v Collection : LECTIO DIVINA
ISBN-10 : 2204103640
ISBN-13 : 978-2204103640
Dimensions : 19,5 x 1,2 x 12,5 cm

 Jésus et le divorce

Entre deux synodes romains consacrés à la famille, le premier s’étant tenu à l’automne 2014 et le second ayant lieu un an plus tard, les interventions d’évêques et de théologiens vont bon train. Pour beaucoup, au-delà de l’ample question de la famille au sein de la société contemporaine, la question des divorcés-remariés demeure un sujet qu’il est impératif de prendre à bras-le-corps. Au plus haut sommet et de façon feutrée des cardinaux s’opposent, les uns proposant des positions ouvertes (cardinal Walter Kasper), les autres prêchant en faveur du statu quo (cardinal Raymond Leo Burke). Le grand théologien états-unien John Paul Meier, auteur d’une somme remarquable sur Jésus (Un certain juif, Jésus), a désiré intervenir dans le débat. Le concours du théologien est uniquement d’ordre intellectuel. Etudiant l’Ancien Testament, les Evangiles et les Epîtres de Paul, il aboutit à une conclusion d’un simplisme presque déroutant : la pratique du divorce dans le monde juif, par répudiation de l’épouse par le mari, était une chose largement admise et ne posant aucune difficulté. Les propos de Jésus vont totalement à rebours : une fois débarrassé des adjonctions ultérieures les paroles prêtées au Christ vont toutes dans le sens d’une interdiction absolue du divorce. Cette défense est si absolue, si contraire aux usages juifs « qu’un Juif pieux qui prendrait soin de respecter toutes les règles prescrites par la Loi mosaïque concernant le divorce serait néanmoins coupable d’avoir enfreint le sixième commandement du décalogue (« Tu ne commettras point l’adultère ») en contractant un nouveau mariage. » (p. 146)

S’il est des catholiques pour penser que le recours à l’exégèse sera de nature à régler certains problèmes générés par la discipline de l’Eglise vis-à-vis du mariage, ils risquent d’être déçus. Pour le grand spécialiste qu’est John Paul Meier, il ne fait pas de doute que Jésus a énoncé une interdiction absolue, formelle. Cette intransigeance peut désarçonner et peut-être faudrait-il la contextualiser, ce que ne fait pas le théologien dans le cadre de ce petit essai. J.-P. Meier prévient son lecteur dès les premières pages : il n’écrit pas pour régler des problèmes pastoraux actuels et il n’est pas évident que les résultats de la recherche théologique ait « quelque chose à dire à la foi ou à la théologie chrétienne. »

 

John Paul Meier, Jésus et le divorce, 2015, Cerf, 151 pages, 14 €

 

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